Les étés de la danse proposent Carmen au Théâtre Mogador



Comme tous les ans, les étés de la Danse investissent Paris et cette fois ci avec le ballet Carmen que l'on pourra découvrir au Théâtre Mogador.

Pour sa quinzième édition, Les Étés de la Danse invitent la Compañia Nacional de Danza de España, dirigée par José Martinez. 

10 représentations de Carmen, chorégraphié par Johan Inger seront données au Théâtre Mogador du 8 au 17 juillet 2019.

Qui mieux que la Compañia Nacional de Danza de España pour épouser le tempérament passionné et fougueux de Carmen ? Surtout quand son directeur José Martínez confie la chorégraphie à un homme venu du Nord, Johan Inger, chorégraphe associé au prestigieux Nederlands Dans Theater! Revisitant le mythe sans jamais le trahir, le chorégraphe suédois déplace savamment le cadre originel du roman - l’usine de tabac, les abords de Séville et les montagnes de Ronda dans une banlieue délaissée, et centre son propos sur la violence à travers le regard d’un enfant

Costumes intemporels en rouge, blanc et noir ; jeu de miroirs démultipliant les silhouettes à l’infini ; spectre lumineux précieux entre éclats colorés et ombres noires : l’alliance du chaud et du froid donne un nouveau souffle au ballet qui redouble d’énergie et de volupté. Plus que jamais Carmen est une héroïne libre, courageuse, contemporaine... voire une personnalité apocalyptique


 © Jesus Vallinas

Lorsque Johan Inger a reçu la commande de la CND pour monter une nouvelle version de Carmen, il s’est retrouvé face à un énorme défi, mais également face à une grande opportunité. Son approche de ce mythe universel devait apporter quelque chose de nouveau. C’est pourquoi Inger a décidé de se  centrer sur le sujet de la violence, en l’abordant au travers du regard d’un enfant.   

Avec cette Carmen passionnée et fougueuse, la Compañia Nacional de Danza de España prend définitivement sa place parmi les plus grandes formations de danse au monde. Cette version très inspirée est une création du Suédois Johan Inger, chorégraphe associé au Nederlands Dans Theater basé à La Haye et ancien directeur du célèbre Ballet Cullberg. Nommé à sa tête en 2011, José Martínez, ancien danseur étoile de l’Opéra national de Paris, a radicalement transformé la CND. L’envie d’explorer et le besoin de se dépasser sont les motivations principales du nouveau directeur, qui confronte désormais sa compagnie à toutes les expressions de la création internationale et espagnole.

Comment renouveler le mythe ? Invité à créer Carmen en 2015, Johan Inger a choisi d’aborder cette éternelle histoire de séduction, de trahison et de meurtre par le regard innocent d’un enfant. Sous les yeux de ce personnage inventé par le chorégraphe, le drame de Mérimée devient l’avènement d’une violence en trois actes qui peut surgir n’importe où. Devant la manufacture de tabac de Séville comme dans n’importe quelle usine, sur les montagnes d’Andalousie ou dans une banlieue anonyme.  


 © Jesus Vallinas

Pour suggérer cette atmosphère intemporelle, l’espace scénique bannit toute référence explicite à l’Espagne, les costumes stylisés sont d’inspiration contemporaine, le toréador est une star de cinéma, et la musique de Bizet est revisitée par Rodion Shchedrin et Marc Álvarez. La chorégraphie n’en a que plus de force, portée par la ferveur de la troupe, impressionnante de sensibilité et de virtuosité. Avec cette relecture vibrante d’intensité, Johan Inger tentait un pari audacieux. Défi relevé haut la main, puisque sa Carmen lui a valu d’être couronné en 2016 meilleur chorégraphe de l’année par le jury de professionnels des Benois de la danse, la plus haute distinction internationale récompensant les meilleurs ballets classiques et leurs chorégraphes.

« Il y a, dans ce personnage, un certain mystère, il pourrait s’agir de n’importe quel enfant, cela pourrait être Don José enfant, la jeune Micaëla ou le fils pas encore né de Carmen et José. Il pourrait s’agir de nous-mêmes, de notre innocence originelle écorchée par la violence mettant à mal notre capacité à nous lier avec les autres. »

« Des tragédies comme celle de Carmen arrivent-elles aujourd’hui ? Oui! C’est pourquoi le sujet reste tout à fait actuel. L’histoire d’un homme amoureux mais dont les sentiments ne sont finalement pas partagés. Avec comme conséquence dans une logique absurde que la seule finalité possible sera la destruction.Je crois que nous avons tous entendu plusieurs fois ou vécu personnellement cette situation. C’est la raison pour laquelle j’ai inclus un enfant innocent, qui nous représente, ainsi que la question : est-il possible de changer ces situations et d’éviter plus de tragédies ? »

Johan Inger a créé une nouvelle version de Carmen pour la CND en évitant de se limiter au romantisme de l’histoire. L’image romantique de l’amour démesuré, de la jalousie incontrôlée et l’angoisse de l’abandon se cristallisent maintenant dans la frayeur du regard d’un enfant, témoin de l’histoire. Il est presque compagnon du spectateur. Comme un geste d’espérance, il y aura celui qui l’accueille dans les derniers instants, modifiant ainsi sa destinée dans la direction adéquate.


 © Jesus Vallinas

La Musique

Johann Inger a pris comme base de sa chorégraphie l’adaptation de la partition de Bizet, Carmen Suite, que le compositeur russe Rodion Shchedrin a créée en 1967 pour la chorégraphie du cubain Alberto Alonso et l’étoile du Bolchoï Theatre de Moscou, Maya Plissetskaïa. Rodion Shchedrin est né le 16 décembre 1932 à Moscou. Son père était un compositeur et violoniste professionnel qui a enseigné au Conservatoire de Moscou. Après avoir fréquenté l’École Chorale de Moscou de 1944 à 1950, il entre au Conservatoire de Moscou dont il sort diplômé en 1955. Après quatre ans comme assistant de recherche, il enseigne la composition au Conservatoire de 1965 à 1969. Rodion Shchedrin a une réputation d’artiste politiquement indépendant et cosmopolite. Il a été président de l’Union Russe des Compositeurs (prenant le relais de son fondateur Chostakovitch) et, en 1976, il est nommé à l’Académie Bavaroise des Arts.

Pour Carmen Suite, Rodion Shchedrin a réalisé une transcription de la musique de Georges Bizet pour cordes et percussion et inséré la farandole de L’Arlésienne et la danse bohémienne de La Jolie Fille de Perth.

Rodion Shchedrin estime que « la partition de Georges Bizet est l’une des plus parfaites dans toute l’histoire de la musique, et j’ai senti qu’il était très important, en travaillant sur l’œuvre, de faire ressortir des différences entre ma transcription et l’original en particulier les couleurs de la tonalité.Ce but a orienté mon choix d’instruments et m’a persuadé de me concentrer sur les cordes et les percussions. » À l’issue de la première de Carmen Suite au Bolchoï Théâtre de Moscou en 1967, les autorités soviétiques, mécontentes de cette œuvre la remplacent par Casse-Noisette. C’est l’intervention de Chostakovitch qui a finalement permis poursuivre les représentations

Le premier acte raconte l’histoire de Carmen que nous connaissons tous. Le second est plus psychologique, et nous montre ce qui se passe dans la tête de Don Jose avant qu’il ne commette son crime. La musique de Marc Alvarez, dans la seconde partie,devient atonale, etnous aide à comprendre le conflit intérieur de Don José.


 © Jesus Vallinas

La Compañia Nacional de Danza de España

Dirigée depuis septembre 2011 par José Martínez, ancien danseur étoile du Ballet de l’Opéra national de Paris, la compagnie espagnole est devenue une référence sur les scènes de danse du monde entier. Ses danseurs dégagent une impressionnante énergie sur scène et sont capables d’interpréter avec autant de succès un classique de Petipa, une pièce de Balanchine, un ballet de Forsythe, de Kylián, de Mats Ek ou d’Ohad Naharin

Son histoire récente est marquée par vingt années de direction de Nacho Duato, qui a réussi à doter la compagnie d’un prestige international basé sur ses chorégraphies personnelles. Avec l’arrivée de José Martínez, la CND emprunte un chemin qui la ramène à la tradition et à l’usage des pointes, en cessant d’être une compagnie d’auteur pour offrir un éventail infini de possibilités destyles. Comme l’ont fait au cours des premières années de la compagnie, des directeurs tels que Víctor Ullate, Maya Plissetskaïa, Ray Barra ou María de Ávila

Reprenant un répertoire oublié depuis vingt ans, à la compagnie fait sienne de la tradition pour mieux regarder vers le futur et se risquer également avec des pièces avant-gardistes et contemporaines, qui mélangent sur la scène, la danse, la vidéo, la mode, la musique oula poésie. En à peine trois ans, la CND est devenue une compagnie du XXIe siècle qui conserve sa culture classique sans laisser de côté les grands chorégraphes du XXe siècle, qui continuent à avoir une place de choix dans sa programmation.

La création espagnole est également mise à l’honneur par la compagnie. Beaucoup des jeunes chorégraphes qui triomphent dans le monde entier avec leurs propositions artistiques, tels que Marcos Morau, Goyo Montero, Alejandro Cerrudo, Iván Pérez, Arantxa Sagardoy et Alfredo Bravo ou Juanjo Arqués, créent de nouvelles pièces pour enrichir le répertoire de la CND et lui donner une identité espagnole.

CARMEN
Les étés de la Danse
Au théâtre Mogador
Du 8 au 17 juillet 2019

Chorégraphie: Johan Inger  
Assistante chorégraphie: Urtzi Aranburu 
Musique : Rodion Shchedrin et Georges Bizet 
Musique originale additionnelle : Marc Álvarez Éditeur original de l’œuvre musicale Carmen Suite, Bizet-Shchedrin Musikverlag Hans Sikorski, Hambourg 
Costumes: David Delfín  
Dramaturgie: Gregor Acuña-Pohl 
Scénographie: Curt Allen Wilmer (AAPEE)
Conception d’éclairage: Tom Visser
Première mondiale par la Compañía Nacional de Danza de España le 9 avril 2015 au Teatro de la Zarzuela, Madrid (Espagne). 
Johan Inger a reçu le Prix Benois de la Danse 2016 pour sa chorégraphie Carmen, créée pour la CND

Prix des places : de 25 € à 98 € euros 
Réservations : 01 53 33 45 46
les etes de la danse.com 
Fnac et guichets des magasins Fnac 
Guichets du Théâtre Mogador  
25 Rue de Mogador
75009 Paris
et réseaux habituels

Mon avis

Un ballet et une mise en scène des plus surprenantes. Carmen revisitée, qui saura plaire à certains et qui en déroutera d'autres. Tout de la chorégraphie, de la musique, du décor, aux costumes a été repensé. Nous sommes ici plus dans un ballet contemporain. Les danseurs sont excellents, après il faut aimer et accepter voir Carmen abordée de cette manière.

PARTENAIRES & MÉCÈNES :

Mairie de Paris - Théâtre du Châtelet - AFLED - Denise Littlefield Sobel - Fnac - Le Figaro - Radio Classique- Ballet 2000 - Théâtre Mogador - Inaem ministère de la culture espagnol - Eventim (billetterie)

Crédits photos : © Jesus Vallinas
 
 

 


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