Critique film SHAM réalisé par Takashi Miike
AU CINÉMA LE 16 SEPTEMBRE 2026
SHAM
Réalisé par Takashi Miike
Scénario : Hayashi Mori
Distribué par Art House
Genre :
Drame, Thriller
Origine : Japon
Durée : 2 h 09
Synopsis :
Seiichi Yabushita, instituteur respecté, est accusé par
une mère d’avoir harcelé et humilié son fils. Très vite, la machine
s’emballe. Médias, rumeurs, opinion publique : chacun impose son récit. Yabushita est alors pris dans une spirale où la vérité n’est plus qu’une version parmi d’autres.
On apprécie la conception de ce film et le fait d'en faire un thriller psychologique. En effet, le réalisateur arrive à nous entraîner dans une histoire captivante, mêlant le doute, et différents sentiments contradictoires.
L'instituteur Seiichi Yabushita enseigne a des petits, il peine parfois à concilier sa vie de famille et son métier surtout qu'en fin de journée il doit rendre visite à certains parents afin d'échanger à propos de leur enfant.
Un jour il apprend qu'une mère est venue se plaindre à l'école et qu'elle l'accuse de s'être mal comporté avec son garçon soit de manière verbale soit en le tapant. Ce dernier tente de se justifier en niant les faits auprès de ses supérieurs mais rien n'y fait. Ces derniers lui demandent de s'excuser.
Cependant l'histoire ne va pas s'arrêter là et il va voir sa vie devenir un cauchemar et passer au tribunal.
Takashi Miike a fait le choix de filmer en plusieurs temps. En effet, on verra d'abord la version via le biais de la mère puis celle de l'instituteur.
De là le doute s'installe car qui dit vrai qui dit faux ?
Inspiré d'une histoire vraie et d'après le livre de Masumi Fukuda Masumi "Detchiage" ce long métrage est captivant.
D'un côté une famille ordinaire avec l'instituteur, sa femme et leur enfant. Ils vivent modestement, lui semble être un homme paisible, mais sous ses airs gentils ne se cache t'il pas un monstre ?
De l'autre côté, une femme froide, accompagnée de son mari ayant une très bonne situation. Ils vivent tous les 3 avec leur fils qui d'après ses dires a été maltraité et est la bête noire du professeur.
Il est certain que les apparences peuvent être trompeuses et l'on suit avec intérêt ce fait divers qui offre des bribes d'un récit que l'on ne maîtrise pas.
Les comédiens sont fantastiques. Go Ayano en instituteur paumé, qui perd pied et qui est en train d'être dépouillé de tous ses droits, de son travail, offre une remarquable prestation. Gardant souvent un calme olympien, malgré quelques sursauts où il s'énerve car il ne supporte pas ce qui peut être dit sur lui, il est vrai que l'on peut douter de sa gentillesse auprès des enfants.
Quant à la mère, jouée par Kô Shibasaki très austère, rigide, semblant ne pas douter de ses dires et de son enfant, en fait-elle de trop ou va t'elle jusqu'au bout car c'est justement la vérité qu'elle veut dénoncer ?
On s'aperçoit qu'au Japon on ne joue pas avec la sécurité des enfants. De plus, au niveau de l'établissement le directeur est très frileux et ne veut pas que cet évènement impacte la manière dont il dirige, surtout qu'il est près de la retraite et il ne conçoit pas que son école ne soit plus fréquentée.
Les journaux, la télévision et autres moyens de communication vont se mêler de cette histoire et l'on se rend compte que tout cela peut mener loin et anéantir une vie. Chacun y va de son récit, de ce qu'il a lu, soit disant vu, et toutes les personnes ont leur opinion.
Avec une mise en scène soignée, mais qui change de ce qu'il propose ordinairement car celui-ci est moins violent, le réalisateur ose aborder un fait qui n'est pas simple à aborder et qui va diviser dans la manière de penser.
D'un côté un homme qui paraît chaleureux et de l'autre une femme glaciale.
La tension va être palpable du début à la fin et SHAM est une œuvre palpitante. Du suspens, de l'interrogation, le réalisateur fait en sorte de nous mener dans toutes les directions et vers quel personnage ira t'on ?
Qui cache sa vraie nature, ce qui est certain c'est qu'à la fin leur vie ne sera plus jamais la même.
En laissant planer le doute jusqu'au final on prend forcément parti en changeant parfois d'opinion. Pour ma part ma première intuition fût la bonne mais certainement due au hasard, car jamais Takashi Miike ne nous donne un seul indice pour nous mener vers qui dit la vérité.
Il nous laisse dans l'expectative et nous délivre heureusement le fin mot de l'histoire avant le générique. Alors de votre côté qui va vous sembler coupable ?
Pour en savoir plus :
A propos du réalisateur
Takashi Miike, né en 1960 à Yao, près d'Osaka au Japon, a débuté sa carrière comme assistant réalisateur de Shohei Imamura, son professeur à Yokohama. C'est avec un flm de yakuzas, Les Affranchis de Shinjuku, réalisé en 1994 qu'il se rend célèbre.
Depuis ses débuts, il a réalisé plus de cinquante longs-métrages mais aussi des pièces de théâtre, des téléfilms et séries...
Il est mondialement connu pour ses films Audition (1999), Ichi the Killer (2001) et 13 Assassins (2010) qui sont maintenant désignés comme des incontournables du cinéma asiatique.
Takashi Miike est connu pour son cinéma où la violence comme le loufoque et le fantastique surgissent hors des conventions et où de nombreux tabous sont transgressés.
Habitué du festival de Cannes, on le retrouve en compétition officielle avec un remake de Hara-kiri (2011) et Shield of Straw (2013) mais aussi à la Quinzaine des cinéastes en 2020 avec son flm First Love, le dernier yakuza.
En 2025, il revient avec son tout dernier film, Sham, un thriller judiciaire inspiré d'une histoire vraie qui explore la frontière fragile entre mensonges et réalité.
A propos des interprètes
Go Ayano est un comédien japonais qui a près de 20 ans de carrière. Parmi les meilleurs films où il a tourné on peut noter Love exposure, Keshin le vagabond, A family.
Il a été nommé notamment pour les œuvres Nihon et Karaoke Iko.
Il a remporté un prix de meilleur acteur pour le long métrage Rage.
Actrice incontournable du cinéma japonais, Kô Shibasaki est née à Tokyo.
Avec de nombreux films sortis au pays du soleil levant, sur les écrans français on a pu la découvrir dans Battle Royale, La mort en ligne, 47 Ronin, Mon grand frère et moi, etc...
Elle a déjà été nominée plusieurs fois et obtenu un prix pour son interprétation dans le long métrage GO.
Elle a d'ailleurs tourné avec des acteurs français dans le film La voie du serpent.
MA NOTE : 4.1/5
Festivals :
Sélection Cannes Écrans Juniors 2026
Sélection officielle Reims Polar
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AU CINÉMA LE 16 SEPTEMBRE 2026 SHAM Réalisé par Takashi Miike Scénario : Hayashi Mori Avec : G o Ayano, Ko Shibasaki, Kaoru Kobaya...























