Critique film Où vont les âmes réalisé par Brigitte Poupart
AU CINÉMA LE 14 OCTOBRE 2026
OÙ VONT LES ÂMES
Réalisé par Brigitte Poupart
Scénario : Brigitte Poupart
Avec : Sara Montpetit, Monia Chokri, Sylvie Testud, Julianne Côté
Distribué par Wayna Pitch
Genre : Drame
Origine : Canada (Québec)
Durée : 2 h 01
Synopsis :
Anna, 18 ans, demande l’aide médicale à mourir. Elle décide de se laisser quinze jours pour accomplir son souhait de revoir ses demi-sœurs avant de s’éteindre. Séparées par le procès de leur père quatre ans auparavant, les trois sœurs révèlent leurs forces individuelles et collectives à travers ces ultimes moments de sororité où leurs vies s'entremêlent.
Ma critique :
Il est certain que ce long métrage qui nous vient du Canada est artistiquement très beau et traite de sujets délicats.
Anna une adolescente atteinte d'une maladie incurable, poste sur les réseaux son état et dans une story elle fait une déclaration à l'une de ses demi-soeurs qu'elle n'a pas vue depuis 4 ans afin que cette dernière lui rende visite. Elle avoue aussi avoir fait appel à l'aide médicale pour mettre fin à ses jours, ses souffrances étant atroces.
Éléonore la sœur concernée est émue de ce qu'elle découvre à l'écran ne sachant pas Anna malade. Elle en parle à son autre sœur, Eve, qui est aussi la demi-sœur d'Anna.
Toutes deux ont porté plainte contre leur père pour des abus sexuels qu'il a commis et ont rompu certains liens familiaux suite à un procès. Nous ne verrons jamais le père, nous l'entendrons au téléphone mais on n'en saura jamais vraiment plus.
On voit donc tour à tour Anna et sa mère Stéphanie chez elles. Il n'est pas aisé pour Anna d'affronter chaque journée, mais il n'est pas non plus facile pour Stéphanie de voir son enfant ainsi et de devoir l'aider au quotidien.
Quant aux deux autres sœurs elles parlent longuement si elles se rendent chez Anna et appréhendent les retrouvailles bien que Éléonore en ait vraiment envie. On va les voir aller lui rendre visite et passer les derniers instants de son existence avec elle.
La réalisatrice aborde largement, et sans faux semblant, la maladie et les conséquences qu'elle peut provoquer au quotidien pour la souffrante mais aussi ses proches.
Ce long métrage vaut d'abord par les prestations des quatre comédiennes avec en tête la jeune Sara Montpetit qui interprète avec brio et une extrême sincérité Anna.
Sans oublier ses sœurs jouées par Monia Chokri et Julianne Côté, ainsi que sa mère où l'on retrouve Sylvie Testud. Elles sont toutes magnifiques en femmes qui vont tout faire pour apporter l'affection nécessaire à Anna, même si à certains moments rien n'est facile.
On peut noter aussi la manière de tourner de Brigitte Poupart en faisant le choix d'un format 2:35 (anamorphique) et en offrant de belles images comme cette scène où Anna est dans la piscine.
Les thèmes abordés sont nombreux comme l'aide à mourir, les abus sexuels, une famille divisée et certaines sont parfois dures.
Malgré une longueur de film que l'on aurait voulu un peu plus courte, cette œuvre qui est le premier long métrage de fiction pour la réalisatrice prouve que cette dernière a beaucoup de talent et avec un film de femmes, ces dernières nous offrent des prestations uniques aussi bien devant que derrière la caméra.
Pour en savoir plus :
A propos de la réalisatrice
Depuis 30 ans, Brigitte Poupart est une artiste pluridisciplinaire : elle est actrice, metteure en scène, réalisatrice de documentaire, de fiction et d’art numérique. Ses œuvres ont voyagé à l’international.
Formée au Conservatoire d’art dramatique de Montréal, Brigitte Poupart a joué dans plus d'une trentaine de productions théâtrales. Elle a participé à des tournées internationales (Australie, États-Unis, Europe).
Elle a cofondé en 1991 la compagnie Transthéâtre où elle produit, dirige et écrit ses propres créations. Sa dernière production Jusqu’à ce qu’on meure était au théâtre La Villette à Paris jusqu’en décembre 2025.
Elle a également remporté un prix d’interprétation au Gala Québec Cinéma en 2018 pour son rôle dans Les affamés de Robin Aubert. Au cinéma, on a pu la voir aussi dans le film Monsieur Lazhar de Philippe Falardeau en compétition aux Oscars pour meilleur film en langue étrangère. Elle joue également dans le film Les Tortues de David Lambert co-production Belge et québécoise avec Dave Johns et Olivier Gourmet.
En arts numériques, elle signe Ciel à Outrances coproduit avec le Centre Phi.
L’installation gagne deux prix Numix. Son court-métrage en réalité virtuelle fut présenté à Cannes en 2017. Elle signe aussi la mise en scène du spectacle Luzia du Cirque du Soleil. Présenté dans plusieurs pays, son émouvant documentaire Over My Dead Body, qu’elle qualifie comme son œuvre phare, a été couronné d’un Jutra et du Grand prix du Conseil des arts et des lettres du Québec.
Son deuxième long-métrage documentaire, À travers tes yeux, est sorti au Québec à la fin de l’année 2025. Elle a co-réalisé un court métrage UWD avec Myriam Verreault produit par Transthéâtre et Voyelles Films. Le court-métrage a remporté plusieurs prix et participé à plus de quarante festivals.
Elle a présenté une exposition immersive sur Magellan jusqu’en mars 2026 au Musée de la Marine à Paris avec la compagnie Lucid Realities.
Où vont les âmes est son premier long-métrage de fiction.
A propos des interprètes
Sara Montpetit se distingue par son approche sensible et intuitive du métier d’actrice. Issue d’une famille de danseurs, elle place sa passion au cœur de son travail. Sélectionnée parmi 1200 candidates, elle se retrouve pour la première fois à l’écran à 18 ans, où elle incarne Maria Chapdelaine, dirigée par Sébastien Pilote. Cette performance lui vaut l’Iris de la Révélation de l’année en 2022. La même année, elle confirme son talent avec Falcon Lake de Charlotte Le Bon, sélectionné à la Quinzaine des cinéastes et nommé aux César. En 2023, elle incarne Sasha, une vampire empathique, dans Vampire humaniste cherche suicidaire consentant, primé à la Mostra de Venise et gagnant du prix du jury à la Giornate degli Autori. En 2024, elle interprète Marion dans la série Cérébrum sur adio-Canada, captivant le public par sa profondeur et son authenticité.
Formée au Cours Florent puis au Conservatoire national supérieur d'art dramatique, Sylvie Testud débute au cinéma dans les années 1990. En 1998, elle décroche son premier grand rôle, celui de Béa dans Karnaval de Thomas Vincent. En 2000, sa prestation dans La Captive de Chantal Akerman (adaptation du roman La Prisonnière de Marcel Proust) lui vaut une nomination au Europeean Film Awards. Elle reçoit le César du meilleur espoir féminin en 2001 pour Les blessures assassines de Jean-Pierre Denis, puis le César de la meilleure actrice en 2004 pour Stupeurs et tremblements d'Alain Corneau, adapté du roman d’Amélie Nothomb.
En parallèle, elle entame une carrière d’autrice. Elle a publié cinq ouvrages dont le dernier, C’est le métier qui entre (2014), a été porté à l’écran en 2016 par Diane Kurys sous le titre Arrête ton cinéma !.
Alternant entre petit et grand écran, elle réitère sa collaboration avec Diane Kurys au cinéma pour les films Sagan (2008) et Pour une femme (2013), continue à tourner à l'étranger, notamment sous la direction de Luca Guadagnino (Suspir I A), et a aussi participé à la série Eden (2019) du belge Dominik Moll.
Elle passe également derrière la caméra pour réaliser son premier long-métrage en 2012, La vie d’une autre, mettant en scène Juliette Binoche et Mathieu Kassovitz et a dernièrement réalisé Maman ne me laisse pas m’endormir adaptation du roman de Juliette Boudre. Elle retrouve récemment Olivier Dahan dans Simone, le voyage du siècle.
Au théâtre, elle incarne Valérie Bacot dans le seul en scène Tout le monde savait, rôle qui lui vaut un Molière. Elle est actuellement sur les planches dans la pièce La vérité de Florian Zeller.
Depuis sa sortie du Conservatoire d'art dramatique de Montréal en 2005, Monia Chokri s'est imposée au théâtre, à la télévision et au cinéma. C'est avec le rôle de Marie dans Les Amours imaginaires de Xavier Dolan qu'elle est révélée au grand écran, une performance saluée par la critique. Suivra Laurence Anyways toujours de Xavier Dolan, ainsi que dans Gare du Nord, quatrième long métrage de la réalisatrice française Claire Simon.
En 2013, elle écrit et réalise son premier court-métrage Quelqu'un d'extraordinaire, couronné d'un Jutra et d'un prix au Festival South By Southwest. En 2017, elle tient un rôle dans Les affamés de Robin Aubert, élu meilleur film canadien au Festival International du Film de Toronto. En 2019, son premier long-métrage La femme de mon frère, qu'elle signe également au scénario, est acclamé à Cannes, où elle remporte le Prix coup de cœur du jury – Un certain regard.
En 2020, elle joue pour la première fois dans un film qu’elle réalise Babysitter, ce dernier remporte en 2022 le prix du meilleur film au Festival de film de Monte-Carlo. La même année, elle signe le film Simple comme Sylvain qui se sera nominé au Festival de Cannes, Section "Un Certain Regard".
Toujours au cinéma, elle joue en 2021 dans Falcon Lake (Charlotte Le Bon), et en 2024 dans Des preuves d’amour (Alice Douard) et Mercato (Tristan Séguéla).
Julianne Côté exerce le métier d'actrice depuis l'enfance. C'est avec Tu dors Nicole de Stéphane Lafleur (2014) qu'elle s'impose à l'écran, remportant le Prix de la meilleure actrice au Vancouver Film Critics Circle ainsi que le Prix Geneviève Bujold : Espoir du cinéma québécois.
À la télévision, elle marque les esprits dans les cinq saisons du Chalet et dans De Père en Fille, série dont elle est également l'auteure — plume qui lui vaut en 2022 le Gémeaux du Meilleur texte numérique : comédie.
Au cinéma, elle enchaîne avec Mad Dog Labine, Avant qu'on explose et Ça sent la coupe, avant d'incarner Éléonore dans Où vont les âmes de Brigitte Poupart en 2024. La même année, elle tient le rôle de Joëlle dans la série Mr. BIG.
MA NOTE : 3.4/5
Crédits photos et vidéo : Wayna Pitch
AU CINÉMA LE 14 OCTOBRE 2026 OÙ VONT LES ÂMES Réalisé par Brigitte Poupart Scénario : Brigitte Poupart Avec : Sara Montpetit, Moni...





































