Critique film documentaire Didy réalisé par Gael Kamilindi et François-Xavier Destors
Ma critique :
Didy nous entraîne au Rwanda où Gaël, qui après avoir retrouvé et regardé d'anciennes photos, a le besoin de retourner dans ce pays afin d'en savoir plus sur sa mère décédée, et dont il garde des souvenirs lointains et flous.
Ce voyage va non seulement être physique dans le déplacement mais aussi introspectif. Là-bas il va revoir de la famille de sa maman, non seulement ses trois sœurs mais aussi des amies qu'elle avait et des tas de personnes qui l'ont bien connue.
En les interrogeant, ou simplement en les laissant parler et toujours en les filmant, elles vont, car ce sont essentiellement des femmes qui vont se livrer, lui raconter sa mère, telle qu'elle était et ce qu'elle a vécu. Quelques hommes seront à l'écran mais en fait ils sont peu.
Toujours accompagné de personnages de sa famille, ils vont se rendre sur le terrain où ils construisent de nouveau une maison, là même ou vivait la mère de Gaël mais aussi toute sa famille comme son grand-père et sa grand-mère tués durant le génocide que l'on connaît.
Gaël, blessé dans sa chair, a dû mal à faire le deuil de cette mère dont il garde un vague souvenir, il a d'autant plus de mal qu'elle a été enterrée dans un lieu au Burundi qui désormais a été aménagé pour bâtir des constructions.
Ne pouvant retrouver sa tombe, son pèlerinage se fera donc auprès de sa famille et le délivrera de ses doutes, de ses questions et il pourra repartir en paix tout en ayant trouvé d'autres liens qui le rapproche de ses origines.
Enfant il a été confié à une de ses tantes, puisque sa mère était décédée et qu'il ne pouvait pas rester au Burundi. C'est donc en Suisse qu'il a été élevé. Il veut cependant renouer avec ses racines et surtout mieux connaître sa mère et faire le deuil de celle-ci.
On en apprend aussi plus sur le Rwanda qui n'a pas subi que le génocide car bien avant des affrontements, des emprisonnements avec interrogatoires avaient lieu et l'on retourne dans les prisons où ont été enfermées ses tantes mais aussi sa mère pour avoir écrit un poème soit disant contre le pouvoir.
Gaël, comédien et pas des moindres puisqu'il fait partie de la Comédie Française, a aussi fait appel à une amie actrice, Kayije Kagamé, qui étrangement via le biais de sa famille connaissait Didy et qui ressemble à sa mère. Ils tourneront quelques scènes qui font le pont entre le passé et le présent.
Ce documentaire est celui de la famille, de la transmission, du passé mais aussi du futur, car il ne faut pas oublier nos origines, mais il faut également aller de l'avant avec ceux qui sont encore là mais aussi ceux qui nous ont quitté. Les faire vivre au travers d'histoire comme celle-ci c'est les ressusciter pour longtemps. Avec des anecdotes, on peut perpétuer le souvenir, l'âme d'une personne et c'est le cas ici avec Didy.
Pour en savoir plus :
A propos des réalisateurs
Diplômé du Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique de Paris en 2011, Gaël Kamilindi est comédien.
De nationalité suisse, originaire du Rwanda et d’Israël, il travaille avec différents metteurs en scène comme Bob Wilson, Jean-Pierre Vincent, Krzysztof Warlikowski ou encore Denis Podalydès, Ivo Van Hove ou Thomas Ostermeir.
Pour le petit et le grand écran, il collabore avec Mina Achache, Philippe Garrel, Eleonore Pourriat, Stéphane Ly-Cuong, Mélanie Laurent ou Catherine Corsini. Il fait partie, depuis février 2017, de la troupe de la Comédie Française.
Didy, qu’il coréalise avec François-Xavier Destors est son premier film en tant que réalisateur.
C’est au Rwanda, auprès des rescapés du génocide des Tutsi, que François-Xavier Destors s’est forgé son engagement de cinéaste. Après un premier livre consacré aux enjeux de représentation du génocide au cinéma, il y réalise son premier long-métrage documentaire, Rwanda, la surface de réparation (86’, 2014).
Auteur et réalisateur de documentaires historiques pour la télévision (Paris une histoire capitale, Les voix de Srebrenica, Les Années 68, Mandela, un symbole contre l’apartheid, Thiaroye 44), il s’interroge sur les manières d’habiter dans l’hostilité du monde et tourne Norilsk, l’étreinte de glace (2018) en Sibérie et Toxicily (2023) consacrée à l’une des plus grandes zones pétrochimiques d’Europe.
Didy est son quatrième long métrage documentaire.
Prix Agnès, FIFF Namur, Belgique, 2024
Prix du meilleur documentaire, Festival du film africain de Mashariki, Rwanda, 2024
Première Mondiale, Vision du Réel, Suisse, 2024
MA NOTE : 3.8/5
Crédits photos et vidéo : Sudu Connexion
AU CINÉMA LE 22 AVRIL 2026 DIDY Réalisé par Gael Kamilindi et François-Xavier Destors Distribué par Sudu Connexion Genre : Documentai...



















