Critique film Seuls les rebelles réalisé par Danielle Arbid
AU CINÉMA LE 24 JUIN 2026
SEULS LES REBELLES
Titre original : Only rebels win
Réalisé par Danielle Arbid
Scénario : Danielle Arbid
Avec : HIAM ABBASS, AMINE BENRACHID, SHADEN FAKIH, ALEXANDRE PAULIKEVITCH ET CYNTHIA EL KHAZEN
Distribué par JHR Films
Genre : Fiction, Drame
Origine : France
Durée : 1 h 38
Synopsis :
Suzanne, veuve d’une soixantaine d’années, fait la connaissance d’Osmane
un soir à Beyrouth… Il est jeune, noir, soudanais, migrant sans
papiers. Elle est libanaise d’origine palestinienne, et a le double de
son âge… Ils tombent amoureux. Le Liban est au bord du précipice. Alors
que leur amour déclenche une levée de boucliers, au cœur du chaos
ambiant, Suzanne et Osmane résistent.
Ma critique :
Osmane, un jeune homme Soudanais, se fait tabasser dans la rue. Suzanne qui passe au même moment dans la rue prend sa défense. Elle le ramène chez elle pour le soigner et ils se lient d'amitié.
Osmane qui était venu réclamer l'argent qu'on lui devait après avoir travaillé, s'est donc vu être tapé et non payé et est un migrant sans papier au Liban.
Suzanne est veuve et est d'origine palestinienne. Elle a deux grands enfants, une fille et un garçon, ainsi qu'un petit-fils.
Le fait qu'elle est ramené chez elle ce jeune homme dont elle a le double de son âge est très mal vu, mais lorsqu'il va revenir pour lui apporter un présent pour la remercier et qu'ils vont entamer une liaison, les langues vont se délier, les ragots vont fleurir et les gens vont leur rendre la vie impossible.
Certains vont mettre en garde Suzanne que Osmane en veut à son argent, alors qu'il a retrouvé un travail et gagne sa vie.
Et pourquoi ne serait-il pas possible, malgré une différence d'âge de 40 ans, qu'un homme et une femme puissent tomber amoureux et avoir des sentiments profonds ? Le fait que Osmane soit noir est encore plus mal vu et les enfants de Suzanne vont s'en mêler.
Tous deux vont tenir tête aux ragots, aux méchancetés, et luttent pour leur liaison.
La réalisatrice tenait à tourner cette histoire à Beyrouth mais avec les problèmes rencontrés, puisque Israël bombardait, comme indiqué dans le générique de début, elle a reconstitué la ville par un choix technique qui est largement expliqué par un choix de transparences.
On verra différentes couleurs, notamment du vert, surtout en extérieur, qui est dû à la façon dont Danielle Arbid a tenu à réaliser ce long métrage.
On peut saluer la prestation de Hiam Abbass, toute en retenue, mais qui sait ce qu'elle désire et qui ne se laisse pas faire. On comprend aisément qu'elle est restée avec son mari, mais qu'elle ne l'aimait pas particulièrement, et qu'elle compte vivre sa vie désormais comme elle l'entend. Douce mais forte elle est extrêmement talentueuse dans ce rôle de Suzanne.
Quant à Amine Benrachid, ayant vécu lui même le fait d'être migrant en France, il prouve après quelques films comme Voyages en têtes étrangères, To the north, Elle & Lui et le reste du monde, Eat the night, que l'on peut compter sur son talent naissant.
Malgré leur grande différence d'âge, leur physique, ils se complètent parfaitement et vont très bien ensemble.
Cette plongée au Liban, et dans cette histoire d'amour est intéressante et leur résistance face aux autres est louable.
Malheureusement des gens mal intentionnés sont toujours là pour tenter de profiter de certaines personnes, en l’occurrence ici de Osmane, et leur mettent des idées en tête qui font que le film a un moment donné va prendre une autre tournure.
Leur liaison, leur amour résistera t'il à toutes ces personnes qui leur mettent des bâtons dans les roues.
Avec une histoire simple mais tendre, d'une grande affection entre un homme et une femme, différents, de cultures opposés, peut être possible et l'âge comme le reste n'a aucune importance du moment qu'un couple est heureux et bien ensemble.
Il faut laisser la manière de penser aux autres, surtout lorsqu'ils ont des œillères et pensent toujours détenir la vérité, et vivre sa vie comme on l'entend mais ce n'est pas toujours aussi simple, ce film en est la preuve....
Pour en savoir plus :
A propos de la réalisatrice
Danielle Arbid est une cinéaste et une vidéaste française, d’origine libanaise.
Ses films de fiction DANS LES CHAMPS DE BATAILLE, UN HOMME PERDU, PEUR DE RIEN ou PASSION SIMPLE ont été sélectionnés à Cannes, en Sélection Officielle et à la Quinzaine des Cinéastes, aux festivals de San Sébastian, Toronto, New York, San Francisco, Locarno, Busan, Tokyo, Zurich, etc.
Elle a été récompensée successivement par le Léopard d’Or vidéo au festival de Locarno pour la série CONVERSATION DE SALON et par le Léopard d’Argent pour SEULE AVEC LA GUERRE. Elle a également été lauréate du programme Villa Médicis hors les murs, reçu le Prix Albert Londres et le Grand
prix du festival de Milan, le Reflet d’or du festival de Genève, ou encore le Prix de l’Académie Lumière de la presse étrangère en France...
S’intéressant à différentes formes de narration, Danielle Arbid alterne les fictions et les vidéos. Ses œuvres ont été présentées ou achetées par plusieurs institutions et musées, notamment le Centre Pompidou, le MAK - Musée des Arts Appliqués en Autriche, le musée des Beaux-Arts de Rennes, le Mac / Val, la Fondation Boghossian à Bruxelles ou les Abattoirs de Toulouse...
Sa vidéo intitulée ALLO CHERIE a été présentée à la Biennale d’art de Venise en 2022.
Le travail de Danielle Arbid a bénéficié de plusieurs rétrospectives dans le monde (Gijon, Bastia, Paris cinéma, La Rochelle, De Popoli). Elle a fait l’objet d’un film portrait en 2017 dans la série « Cinéma de notre temps » créée par André S. Labarthe.
Danielle Arbid est aussi photographe et occasionnellement actrice.
En 2022, elle a mené la direction artistique et réalisé les premiers épisodes de la série 66.5 pour Canal +, diffusée en septembre 2023. Elle a dirigé et réalisé dernièrement la série SINGAPURA en Asie pour Canal + également, qui sera visible en septembre 2026.
A propos des interprètes
Hiam Abbass, actrice et réalisatrice palestinienne, est née à Nazareth et a grandi dans le petit village de Deir Hanna, en Galilée. Elle a fait ses débuts au théâtre palestinien El-Hakawati, à Jérusalem-Est, dans les années 80.
Après un passage à Londres, Hiam Abbass s’est installée à Paris, en France. Aujourd’hui, elle mène une carrière internationale, entre l’Europe, l’Afrique du Nord, le Moyen-Orient et les États-Unis, allant de films d’auteur aux productions hollywoodiennes.
Elle est connue pour ses rôles dans SATIN ROUGE, PARADISE NOW, FREE ZONE, MUNICH, THE VISITOR, LEMON TREE, IN SYRIA, BLADE RUNNER 2049 et GAZA MON AMOUR.
Elle a travaillé avec des réalisateurs de renom du monde entier, tels que Yousry Nasrallah, Hani Abu Assad, Steven Spielberg, Jim Jarmusch, Denis Villeneuve, Tom McCarthy, Terrence Malick, Eran Riklis, Radu Mihaileanu, Amos Gitai, Ridley Scott et bien d’autres.
Polyglotte et passionnée, elle continue de parcourir le monde sur les plateaux de cinéma. Elle a été nominée et a remporté plusieurs prix pour ses performances dans divers films. Ces dernières années, elle s’est fait connaître pour son rôle de Maysa dans la comédie primée RAMY SUR HULU, et celui de Marcia Roy dans la série SUCCESSION de HBO. Hiamm Abbass a aussi été l’affiche du documentaire BYE BYE TIBÉRIADE réalisé par Lina Soualem explorant sa propre histoire familiale. Début 2026 elle était au générique de Palestine 36.
Amine Benrachid est un acteur français d’origine sud-soudanaise et tchadienne. Il a été formé à l’École Kourtrajmé, une école de cinéma alternative et gratuite à but non lucratif fondée par Ladj Ly, réalisateur du film LES MISÉRABLES, qui vise à démocratiser le cinéma en formant des talents issus de la diversité et sous-représentés dans les domaines de la réalisation et des arts visuels.
ONLY REBELS WIN marque ses débuts en tant que rôle principal dans un long métrage.
Crédits photos et vidéo : JHR Films
AU CINÉMA LE 24 JUIN 2026 SEULS LES REBELLES Titre original : Only rebels win Réalisé par Danielle Arbid Scénario : Danielle Arbid...






















