Critique film Rose réalisé par Markus Schleinzer
AU CINÉMA LE 9 SEPTEMBRE 2026
ROSE
Réalisé par Markus Schleinzer
Scénario : Markus Schleinzer, Alexander Brom
Avec : Sandra Hüller, Carolina Braun, Marisa Growaldt, Robert Gwisdek, Godehard Giese
Distribué par KBMO
Genre : Drame
Origine : Allemagne, Autriche
Durée : 1 h 34
Synopsis :
Au lendemain de la guerre de Trente Ans, un mystérieux soldat balafré
s’installe dans un village isolé d’Allemagne. À force de labeur et de
services rendus, il gagne la confiance des habitants et croit enterrer
son secret. Alors que les villageois commencent à le considérer comme
l’un des leurs, tout bascule lorsqu’ils se mettent à douter de sa
véritable identité.
Ma critique :
Un personnage débarque dans un petit village et se réclame propriétaire d'une ferme en fournissant des papiers. Cet être humain revient d'un long périple à la guerre et veut juste cultiver ses terres et avoir une vie paisible.
Cet homme, qui est en réalité une femme, a souffert et est balafré après avoir reçu une balle dans la bouche qui lui a traversé la joue.
La guerre de trente ans a laissé des traces et même si ce n'est pas de gaieté de cœur que les villageois accueille ce personnage, à force de courage et en s'investissant il va gagner la sympathie des autres.
Alors que ce soldat a réussi à s'intégrer un homme va lui proposer d'épouser l'une de ses filles en lui mettant la pression, et en refusant ce serait se mettre le village à dos. De là va se poser le problème d'avoir des relations avec cette jeune femme et les problèmes vont aller croissants.
S'inspirant de faits réels, Rose propose un film qui relate des réalités surprenantes mais qui n'étaient pas d'actualité à cette époque et qui pouvaient mener à la peine de mort si on découvrait que Rose était un homme.
Le fait que le (la) protagoniste porte un pantalon, ait les cheveux courts, marche comme un homme, accomplit des travaux difficiles dédiés à la gente masculine, fait que Rose a pu s'intégrer sans laisser planer le doute auprès des autres.
En ce qui concerne sa femme, Rose avait un subterfuge et pratiquait la sodomie. Par contre lorsque Suzanne son épouse fût enceinte, il est certain que ce ne pouvait être de "Rose" qui ne dit rien.
Le fait que "Rose" ait combattu, alors que les paysans avaient découvert qu'elle était une femme, et donc servi son pays ne fit rien et il était inconcevable à cette époque qu'une femme puisse se faire passer pour un homme et qu'elle puisse avoir des actes de pénétration avec une autre femme.
Rose ne veut pas absolument être un homme, elle apprécie de porter un pantalon, mais se sait femme avant tout. Elle veut juste pouvoir vivre comme elle l'entend et est quelque part pionnière quant à sa condition et est éprise de liberté.
En proposant un film en noir et blanc, le réalisateur apporte encore plus de profondeur à Rose et comme nous sommes ici dans une autre époque, il est presque normal de visionner ce film sans couleur.
De plus, Markus Schleinzer aime filmer les corps en mouvement et entre les scènes d'intérieur et les autres en extérieur, avec toujours des personnages en action il va à l'essentiel sans jamais être intrusif.
Une belle reconstitution de l'époque que ce soit avec les décors où les costumes sont plus vrais que nature.
Il est ici également beaucoup question de religion qui avait une énorme importance auprès du peuple. Faire un pas de côté, ne pas aller à la messe, commettre des actes répréhensibles étaient inimaginables, donc qu'une femme se fasse passer pour un homme était inconcevable.
La prestation de Sandra Hüller est impressionnante. Tour à tour elle est forte, impassible devant certaines situations et se moule complètement dans ce rôle dur. Il est compréhensible qu'elle ait obtenu le prix d'interprétation au à la Berlinale 2026.
Cette imposture coûtera cher à Rose qui assumera jusqu'au bout son choix et ce long métrage nous entraîne avec intérêt dans une histoire qui paraît moderne de nos jours car les mentalités ont changé et évolué et Rose était quelque part une précurseure sans le savoir.
Pour en savoir plus :
A propos du réalisateur
Né à Vienne, Markus Schleinzer a d’abord travaillé pendant dix-sept ans comme directeur de casting, collaborant avec des cinéastes tels que Jessica Hausner, Ulrich Seidl et Michael Haneke. Pour Le Ruban blanc, il ne s’est pas limité au casting : il a également dirigé les enfants sur le plateau, jouant un rôle essentiel dans la précision des interprétations et la cohérence du film.
Passé à la réalisation, il signe deux longs métrages, Michael (2011) et Angelo (2018), tous deux présentés et récompensés dans de nombreux festivals internationaux, notamment à Cannes, Toronto, Londres et Mumbai.
Parallèlement, il poursuit une activité de comédien et enseigne la mise en scène à la Filmakademie Baden-Württemberg à Ludwigsburg.
© RAFAELA PROELL
A propos de l'interprète principale
Sandra Hüller débute au cinéma dans Requiem (2006) de Hans-Christian Schmid, rôle pour lequel elle reçoit plusieurs distinctions, dont l’Ours d’argent à la Berlinale. Elle apparaît ensuite dans plusieurs films tels que Brownian Movement (Nanouk Leopold), Above Us Only Sky (Jan Schomburg) et Finsterworld (Frauke Finsterwalder).
Elle se fait connaître du grand public international avec Toni Erdmann (2016) de Maren Ade, qui marque un tournant dans sa carrière.
Parallèlement au cinéma, elle mène une activité régulière au théâtre, où elle est récompensée à plusieurs reprises pour ses interprétations.
Ces dernières années, elle travaille avec plusieurs réalisateurs et réalisatrices internationaux. Elle apparaît notamment dans Sibyl de Justine Triet, puis tient le rôle principal dans Anatomie d’une chute (2023), Palme d’or au Festival de Cannes et rôle qui lui vaut une nomination à l’Oscar de la meilleure actrice. La même année, elle joue également dans La Zone d’intérêt de Jonathan Glazer, Grand Prix à Cannes. Elle apparaît également dans Je suis ton homme (Maria Schrader), ainsi que dans plusieurs productions internationales, dont Digger d’Alejandro G. Iñárritu et Fatherland de Paweł Pawlikowski, en compétition au Festival de Cannes 2026.
MA NOTE : 3.7/5
Prix d’interprétation pour Sandra Hüller au Festival du film de Berlin - Berlinale
Crédits photos et vidéo : KMBO - © RAFAELA PROELL - © 2026 Schubert, ROW Pictures,Walker+Worm Film, Gerald Kerkletz.
AU CINÉMA LE 9 SEPTEMBRE 2026 ROSE Réalisé par Markus Schleinzer Scénario : Markus Schleinzer, Alexander Brom Avec : S...




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