Mahnaz, une infirmière de 40 ans, élève seule ses enfants. Alors qu’elle
s’apprête à épouser son petit ami Hamid, son fils Aliyar est renvoyé de
l’école. Lorsqu’un accident tragique vient tout bouleverser, Mahnaz se
lance dans une quête de justice pour obtenir réparation...
Ma critique :
Ce film se déroule en Iran. Mahnaz est infirmière et a deux enfants. Veuve, elle doit composer avec Hamid son nouvel amoureux, qui n'a jamais rencontré son garçon et sa fille et qui eux-mêmes ne connaissent pas son existence.
Ce dernier presse Mahnaz de l'épouser et fixe une date afin qu'elle rencontre chez elle ses parents et fasse sa demande.
Mahnaz qui vit avec sa mère, sa sœur plus jeune et donc ses enfants, va céder à la demande mais va devoir faire garder son fils et sa fille et cacher tous les objets leur appartenant car la famille de Hamid ne doit rien savoir.
Peu après un drame va survenir et l'on va voir ce que va pouvoir endurer Mahnaz.
Cette dernière est profondément humaine et travaillant dans un hôpital elle fait tout pour soigner au mieux les malades et leur apporter du réconfort.
Au contraire on va s'apercevoir que Hamid n'est pas homme bien et fait des "magouilles" qui puissent lui rapporter de l'argent.
Dans la vie de tous les jours, elle est également juste, honnête et conciliante, et elle va s'apercevoir qui lui est bien différent de ce qu'elle imaginait aussi bien au niveau des sentiments et qu'il est intéressé par ce qui peut lui rapporter.
Le fils de Mahnaz, Aliyar est turbulent aussi bien à l'école qu'à l'extérieur mais il y a un mal profond chez ce gamin qui a perdu son père. Sa sœur, la petite Neda, l'aborde autrement.
Mahnaz est vraiment ce que l'on peut appeler une femme forte, qui a enduré bien des misères mais qui va en vivre d'autres.
Où va-t'elle puiser cette énergie et comment continue-t'elle a avoir envie de vivre après tous ces ennuis, je dirais même ces catastrophes qui ne l’épargnent pas.
Elle affronte la vie comme une lionne, les misères elle tente de les surmonter, et on peut dire que le personnage est fascinant tout comme l'actrice Parinaz Izadyar, non seulement belle, mais totalement investie par son rôle.
Son interprétation est remarquable et l'on vit pleinement ce qu'elle peut endurer. Tout comme elle intérieurement on peut être révoltée par ce que l'on voit à l'écran et certains faits qui vont se produire.
Ce long métrage met bien en évidence les injustices de ce pays et la domination que peuvent exercer les hommes sur les femmes. La corruption, les trafics, passer la gente féminine au second plan sont les maîtres mots de ce pays sans pitié pour les femmes.
On a pu voir récemment que les femmes se rebellent, et Mahnaz va avoir deux choix, tomber dans la tristesse et ne rien faire, où se montrer plus forte que jamais et abattre des montagnes pour venger ceux qu'elle aime et prouver qu'elle existe en temps qu'être humain.
Au niveau de la réalisation, on ne peut saluer que Saeed Roustaee, un homme qui met en avant la femme et qui prend des risques.
Il
propose de superbes gros plans et n'a pas spécialement besoin de faire
dialoguer ses acteurs pour que l'on comprenne ce qui se passe dans les
échanges rien que par les yeux.
Il
y a des choses inacceptables dans ce film, que l'on a dû mal à
admettre, comprendre, mais qui pourtant sont bien réelles et elles sont
bien mises en évidence par le réalisateur. Je ne dirais pas quoi afin de
ne pas spoiler l'histoire.
Comme
souvent avec les films Iraniens, j'ai été transportée par le sujet, par
les acteurs, par la réalisateur et celui-ci ne déroge pas à la règle
car c'est un long métrage essentiel, rare, magnifique n'ayons pas peur
des mots, qui nous livre une triste vérité sans filtre.
Pour en savoir plus :
A propos du réalisateur
Saeed Roustaee est né en 1989 à Téhéran, où il est sorti diplômé en réalisation de la Soureh Film University.
Il a d’abord réalisé trois court-métrages et un documentaire très remarqué, couronné de plus d’une centaine de prix.
Son premier long-métrage, Life And A Day (2016), a reçu les neuf principaux prix du Festival International du Film de Fajr à Téhéran, le plus important festival iranien, ainsi que les prix majeurs de l’Annual Iranian Film Awards et de l’Annual Iranian Film Critics Award, et dans divers festivals internationaux.
Son très remarqué deuxième film, La loi de Téhéran (2019), a été sélectionné au Festival de Venise et a remporté le Grand Prix et le Prix de la Critique du Festival International du Film Policier REIMS Polar. Le film a également été nommé au César du Meilleur Film Etranger.
Son dernier film, Leïla et ses frères (2022), a été présenté en compétition au Festival de Cannes, où il a remporté le prix FIPRESCI. Le film a été interdit en Iran, et Saeed Roustaee a écopé d’une peine de 6 mois de prison et 5 ans d’interdiction de tournage pour « propagande contre le régime ».
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