À chacun ses rêves : l’Everest, le pôle Sud, le Kilimandjaro...
Celui de Bernard Dutheil était de faire le tour du monde en cargo. Un rêve longtemps hors de portée, jusqu’au jour où l’improbable s’est présenté.
« Histoire d’un tour du monde en cargo » raconte ce voyage inattendu, commencé en direction de la Patagonie et poursuivi sur plusieurs cargos, du Spirit of Hamburg au Bougainville, fleuron de la marine marchande française.
L’auteur traverse les océans, le canal de Panama, fait escale à Valparaíso, Hong Kong, en Malaisie, passe le canal de Suez, remonte de Gibraltar jusqu’à la mer du Nord... et partage la vie à bord avec des équipages venus du monde entier.
Au fil du trajet, il noue des liens, rencontre des hommes — Jens, Stefano, Michaël — qui marquent son chemin, et découvre une autre manière de parcourir le monde.
L'avis de l'éditeur :
Un récit immersif qui retrace un tour du monde à bord d'un cargo. Une aventure humaine et singulière !
[ Extrait ] « Si, en posant le pied sur l’échelle de coupée, j’avais pu savoir ce qui allait arriver ! C’est toujours la même chose : vous vous préparez à un voyage compliqué, un peu périlleux quand même, vous cherchez à maîtriser un maximum de paramètres... et survient le plus inattendu, l’inimaginable, le total régal. »
Histoire d'un tour du monde en cargo - 80 jours en mer Par Bernard Dutheil
Avec : Chun-Yip
LO, Ronald CHENG, Hanna CHAN, Rosa Maria VELASCO, Sean WONG TSZ-LOK,
Joey LEUNG, Koyi MAK, Rachel LEUNG, Nancy KWAI, Peter CHAN
Distribué par Wayna Pitch
Genre : Drame
Origine : Hong-Kong, Singapour
Durée : 1 h 35
Synopsis :
Suite
à la découverte d’une lettre de suicide, un enseignant se lance à la
recherche de l’élève qui aurait pu l'écrire. Cette enquête le replonge
alors dans son propre passé.
Ma critique :
A chaque fois je me dis que le cinéma asiatique ne va pas me happer une nouvelle fois, et à chaque fois j'arrive à être bouleversée par le récit.
Deux histoires reliées mais à deux époques différentes. M. Cheng travaille comme professeur dans un lycée, et un jour une lettre va attirer son attention et faire le tour de l'établissement. Cette missive est comme une bouteille à la mer puisque c'est une lettre portant sur le suicide. Ils vont décider avec l'école, M. Cheng en premier, de découvrir qui a pu écrire ces mots et surtout chercher à sauver l'enfant ou l'adolescent se cachant derrière.
En même temps, cette lettre fait que M. Cheng repense à son frère, ses parents et lui-même, et le fait replonger dans le passé.....
C'est donc un va et vient, entre avant et maintenant, que l'on va vivre et découvrir des choses que l'on n'imaginait pas. De nombreux flashbacks de ce fait.
Ce long métrage porte sur le passé, le souvenir et le suicide qui devient le thème principal de cette œuvre.
La vie de Mr Cheng n'est pas simple, car les stigmates de sa jeunesse le bouleversent et viennent même le hanter. Il est de plus séparé de sa femme suite à des idées divergentes.
Il va avec la missive qu'il a trouvée, se remettre en cause, se poser les bonnes questions et peut être arriver à savoir pourquoi il est devenu ainsi. Son enfance l'a marquée c'est certain et l'on est loin de s'imaginer de ce qu'il a pu se dérouler.
Cet homme brisé en fait, est très renfermé et le fait de chercher l'auteur(e) de ces écrits va le pousser dans ses retranchements et le faire évoluer et il va plus s'ouvrir aux autres.
Au niveau des acteurs, on apprécie le jeu de Lo Chun Yip, ainsi que celui de Ronald Cheng mais j'ai été scotchée par la maîtrise et ce que dégage le jeune Sean Wong.
L'éducation, l'enfance, peuvent être marquées à jamais par le comportement d'une famille. En effet, remontrance, mise au second plan, certains enfants ont dû mal à trouver leur place et le réalisateur fait en sorte, via le biais de ce long métrage, qu'il faut que certains parents soient plus tolérants et surtout ne les contraignent pas à atteindre ce qu'ils ne peuvent pas atteindre.
Certains ont des limites il faut les accepter comme tels.
Bien que ce long métrage soit mélancolique, voire triste, il y a tout de même une lueur, un peu de lumière qui nous montre une réalité sur laquelle il ne faut pas fermer les yeux : celle du mal-être qui mène parfois au suicide.
Le message que l'on peut retenir c'est qu'il ne faut pas oublier, mais savoir aller vers l'avenir et essayer d'être heureux quoi qu'il en coûte.
Pour en savoir plus :
A propos du réalisateur
Nick Cheuk Yick-him, est un réalisateur et scénariste hongkongais.
Une page après l’autre (2023) est son premier long-métrage, pour lequel il remporte le prix du “Best New Director” aux cérémonies des 60e Golden Horse Awards et des 42e Hong Kong Film Awards.
Il se fait remarquer avec son film de fin d’études Waiting to Drown (2011), avec lequel il gagne le second prix aux IFVA Awards.
Il enchaîne sur l’écriture de plusieurs longs-métrages. Riche de son expérience de monteur et de scénariste, il revêt également la casquette de réalisateur en 2023.
Pour l’écriture du film, il puise son inspiration dans son propre vécu, de son enfance à ses années universitaires, en traitant une vague de suicides juvéniles à la fin des années 2010.
A propos des interprètes
Siuyea Lo Chun-yip est un acteur et réalisateur hongkongais. Il réalise plusieurs courts et moyens-métrages avant de réaliser son premier long, Day After n Coming (2012), un documentaire politique engagé sur la vie hongkongaise pour lequel il gagne le Human Rights Award au South Taiwan Film Festival en 2013.
Puis il passe devant la caméra et est à l’affiche du drame Un printemps à Hong-Kong (2020) pour lequel il est nommé pour le prix du meilleur acteur dans un second rôle lors des 39e Hong Kong Film Awards.
Pour son rôle de M. Cheng dans Une page après l’autre, il est en compétition dans la catégorie du meilleur acteur lors des 42e HKFA.
Ronald Cheng est un acteur et chanteur hongkongais. Il a interprété plusieurs chansons de cantopop avec lesquelles il connaît un certain succès au milieu des années 2000, notamment avec Rascals puis en 2021 avec My Only One.
Il mène en parallèle une carrière d’acteur télévisuelle et au cinéma. Il est nommé et lauréat du meilleur acteur dans un second rôle pour le film Vulgaria (2012) aux 49e Golden Horse Awards et aux 32e Hong Kong Film Awards.
Sean Wong Tsz-Lok est un jeune acteur hongkongais. Il apparaît dans diverses séries hongkongaises. Il est nommé comme meilleur acteur dans un second rôle pour sa performance dans Une page après l’autre lors des 60e Golden Horse Awards.
Hanna Chan est une mannequin et actrice hongkongaise.
Elle apparait dans plusieurs productions hongkongaises au milieu des années 2010. Elle est nommée dans la catégorie du meilleur espoir féminin pour son rôle dans Paradox (2018) aux 37e Hong Kong Film Awards.
MA NOTE : 4/5
Crédits photos et vidéo : Wayna Pich
AU CINÉMA LE 21 JANVIER 2026 UNE PAGE APRÈS L'AUTRE Titre original : Time still turns the pages Réalisé par Nick Cheuk Scénario :...
Muse propose toujours des produits de qualité. Pour en avoir testé certains, comme la radio portable premium ou le baladeur CD, je dois avouer que le son est très performant.
Les fêtes de fin d'année sont terminées c'est certain, mais l'achat d'un casque c'est toute l'année et il y a la Saint-Valentin qui approche et ce casque peut être une bonne idée de cadeau.
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Après le lancement de son 1er casque à conduction osseuse courant Octobre, MUSE conforte sa présence dans le rayon casques sportifs/urbains en dévoilant son 1er casque à conduction aérienne.
A l’image de la conduction osseuse, la technologie de conduction aérienne dispose de deux avantages majeurs, non seulement elle permet aux utilisateurs de rester en prise avec l’environnement externe (bruits de circulation par ex.) mais également offre un confort optimal à de nombreuses personnes qui ne supportent pas d’insérer des écouteurs dans leurs oreilles. Très concrètement, cette technologie s’apparente à celle d’une enceinte Bluetooth que l’on vient disposer devant l’oreille.
Grâce à la fonction Bluetooth, ces écouteurs peuvent exploiter la musique provenant par exemple d’un smartphone et converser grâce au système mains-libres.
Côté alimentation, deux batteries de 50mAh accordent une autonomie d’environ 8H tandis qu’un coffret de rangement et de chargement permet de charger 2X les écouteurs pour atteindre 24H.
Au final, cette nouveauté répondra avantageusement aux attentes des sportifs et des usagers connectés pour sa technologie et sa grande autonomie.
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CASQUE A CONDUCTION AERIENNE - M-228 AC
MODÈLE : M-228 AC
FAMILLE : CASQUES
LANCEMENT : DÉCEMBRE 2025
ALIMENTATION : BATTERIE
POINTS FORTS : CONDUCTION AÉRIENNE, COFFRET DE CHARGEMENT
POIDS ET DIMENSIONS : Appareils 10 mm (H) x 38.8 mm (W) x 46.6 mm (L) et pour la boîte de stockage : 20 mm (H) x 46.9 mm (W) x 103.9 mm (L) Poids net : 0.06 kg
J'apprécie particulièrement sa portée jusqu'à 10 mètres, un son de haute qualité c'est indéniable. Le fait de ne rien avoir dans les oreilles et le boîtier extrêmement plat et petit fait que l'on peut le transporter partout. Son prix également est vraiment correct et on n'hésite pas à investir dans ce produit.
Spécialiste de l’Audio depuis 2007, la société NEW ONE pilote le développement des produits MUSE et en assure la distribution mondiale auprès de plus de 60 pays. Acteur majeur de l’électronique grand public français, MUSE possède trois gammes de produits dans les domaines du son, de l’image et du petit électroménager. Chaque produit bénéficie d’un design exclusif et de performances techniques reconnues du grand public, permettant à la marque d’être régulièrement classée N°1 des ventes sur de nombreuses catégories. (Données GFK)
Avec : ERLAN TOLEUTAI, NURZHAN BEKSULTANOVA, KAISAR DEPUTAT et INZHU ABDIBEK
Distribué par Damned Distribution
Genre : Drame
Origine : Kazakhstan
Durée : 2 h
Synopsis :
Dans le tumulte post-soviétique du Kazakhstan en 1993, les fermes
collectives sont démantelées et les propriétés sur le point d'être
privatisées. Les dirigeants locaux ont depuis longtemps outrepassé leurs
pouvoirs officiels, se partageant les ressources comme ils l’entendent.
Abel, éleveur local, voudrait simplement sa part, mais la situation est
plus complexe qu’il ne l’imaginait. Doit-il jouer le jeu de la
corruption ou défendre ce qui lui paraît juste ?
Ma critique :
Un film issu du Kazakhstan est peu commun sur les écrans français. Avec Abel on découvre un long métrage qui nous mène dans les campagnes de ce pays. Politique il l'est.
Dans les années 90, Abel est un paysan qui élève des moutons et qui les garde avec ses enfants, petits-enfants et sa femme qui gère plus le quotidien.
Auparavant les fermes étaient collectives mais deviennent privées et Abel voit son troupeau fondre comme neige au soleil. Il comprend que s'il accepte la loi du plus fort tout ira bien pour lui mais s'il ne cède pas aux volontés des nouveaux dirigeants il va se retrouver sans rien et même à la rue.
Abel ne possède déjà pas grand chose mais ses moutons il y tient car ils représentent toute sa richesse. Un de ses fils parti à la ville lui rend visite pour lui demander de l'argent ou du moins un mouton. On sent que ce dernier trempe dans des histoires pas forcément saines. Abel en ayant assez de lui céder lui répond par la négative. D'autres ennuis viennent s'ajouter avec ce dirigeant capitaliste qui pense plus à son intérêt qu'au bien être de ces gens qui n'ont déjà pas grand chose.
Ce long métrage va se dérouler essentiellement dans la maison, ou autour de celle-ci ainsi que sur quelques terrains avoisinants. Perdue au milieu de nulle part, cette habitation est très chiche. La femme doit cuisiner, laver dehors et l'intérieur sert à se chauffer, manger et dormir.
Ils sont dénués de tout confort et seuls leurs animaux leur rapportent quelque chose. Malgré cela des personnes bien placées au pouvoir, enfin à leur échelle, se croient supérieures, sont avides de pouvoir et assoiffées d'argent jusqu'à voler ces pauvres paysans qui n'ont déjà rien et qui sont sans défense, les laissent sur la touche et surtout sans rien, il ne leur reste qu'à subir.
La caméra du réalisateur filme au plus près ces personnages attachants et ce désert qui entoure ce lieu, paraît immense. Seul le va et vient de voitures qui viennent de la ville et qui dégagent de la poussière et viennent troubler ce silence semblent apporter un peu de vie à cet endroit perdu.
On s'aperçoit, une fois de plus, que le monde a toujours été dominé par des dirigeants sans scrupules qui
désirent à la fois dominer le monde, et surtout les plus faibles, et aiment l'argent et le pouvoir. Rien ne change et on peut se demander quand cela cessera-t’il ?
MA NOTE : 3.7/5
FESTIVAL DE VESOUL 2025
Grand Prix du Jury présidé par Jia Zhangke
Crédits photos et vidéo : Damned Distribution
AU CINEMA LE 14 JANVIER 2026 ABEL Réalisé par ELZAT ESKENDIR Avec : ERLAN TOLEUTAI, NURZHAN BEKSULTANOVA, KAISAR DEPUTAT et INZHU ABDI...
Avec : Reda Kateb, Sara Giraudeau, Bastien Bouillon, Pierre Lottin, Camille Japy, Lolita Chammah, Victor Poirier, Oliver Loustau
Distribué par Le Pacte
Genre : Drame
Origine : France
Durée : 2 h 08
Synopsis :
Jan Bojarski, jeune ingénieur polonais, se réfugie en France pendant la guerre. Il y utilise ses dons pour fabriquer des faux papiers pendant l’occupation allemande. Après la guerre, son absence d’état civil l’empêche de déposer les brevets de ses nombreuses inventions et il est limité à des petits boulots mal rémunérés… jusqu’au jour où un gangster lui propose d’utiliser ses talents exceptionnels pour fabriquer des faux billets. Démarre alors pour lui une double vie à l’insu de sa famille. Très vite, il se retrouve dans le viseur de l’inspecteur Mattei, meilleur flic de France.
Ma critique :
Ce film est issu d'une histoire vraie et c'est lors d'une avant-première, avec le réalisateur Jean-Paul Salomé et la fille de Jan Bojarski - Anne - que j'ai pu voir ce long métrage.
Né et vivant en Pologne, Jan Bojarski - que Reda Kateb interprète avec brio - a fui son pays pour trouver refuge en France. Étant doté d'un talent certain, il va aider des personnes durant la guerre en leur fabriquant des faux papiers. Il va vite être repéré par des mafieux qui vont l’enrôler pour faire des faux billets.
Il va faire la connaissance de sa future femme, s'établir, et lorsque le réseau pour lequel il travaillait va être démantelé, il va décider de s'établir à son compte.
Ne disant rien à sa famille, étant inventeur à côté, il va charger son épouse d'aller déposer les brevets de ses créations et va partir sur les routes, non pas pour son travail comme il le prétend, mais pour écouler les billets petit à petit.
Malgré le fait que ses billets soient presque réels, la Banque de France va s'apercevoir que des faux sont fabriqués à leur dépens, et la police va enquêter sous la houlette du commissaire Mattei, joué par Bastien Bouillon.
Les billets vont évoluer, mais rien ne va arrêter ce faussaire doté d'un immense talent. Il ne veut pas spécialement devenir riche, mais que l'on reconnaisse sa dextérité et pourquoi pas que la Banque de France l'embauche...
Bien évidemment, il désire également que sa famille vive aisément, et ses créations pour arriver le plus près possible des vrais lui prennent tout son temps jusqu'à en délaisser sa famille.
Quoique l'on pense de lui, car il est hors la loi, on ne peut que reconnaître ce don qu'il possède. Cet homme avec de l'instruction, beaucoup d'abnégation, solitaire, avait une passion celle de créer et surpasser le vrai, en l’occurrence les billets Français.
De plus, le jeu du chat et de la souris avec le commissaire l’excite quelque part, car le but c'est de ne pas se faire prendre.
Il va inventer et créer des machines de plus en plus sophistiquées, et bien que tous pense qu'il est aidé d'autres personnes, c'est bien seul qu'il abat tout ce travail avec une minutie extrême.
Même si une partie de cette histoire a été romancée, le réalisateur a pu avoir accès à de nombreux documents d'archives et nous livre au plus près des faits réels.
A ce propos, il vous faut regarder le générique de fin afin de voir de vraies images. Le réalisateur nous montre l'aspect technique pour fabriquer des faux billets et rend ce long métrage encore plus intéressant.
On apprécie la reconstitution de cette œuvre autant au niveau des costumes de l'époque, des voitures, des décors, que des machines sur lesquelles travaillent Bojarski.
On adore ce jeu qui va s'établir entre le commissaire Mattei et Bojarski qui n'est pas sans nous rappeler certaines scènes célèbres d'anciens films de Jean-Pierre Melville dont le réalisateur est fan. En effet, comment ne pas faire une similitude, rien que dans la manière de s'habiller, avec le film Le cercle rouge.
Durant 15 ans on va donc suivre cette poursuite entre Bojarski et Mattei et ils vont se miner tous les deux. L'un par ses faux billets qui le prive de son temps, de sa famille, femme et enfants, et pour l'autre, puisqu'il n'a plus qu'une idée en tête mettre la main sur ce faussaire, sa carrière va s'en trouver moins prometteuse qu'elle n'aurait dû l'être.
En fait, ils se respectent et une certaine fascination s’exerce l'un sur l'autre. Pour l'un il met un point d'honneur à ne pas se faire prendre et l'autre met le même point d'honneur à le capturer. Est-ce une traque sans fin ?
Quant au jeu des comédien(ne)s que dire :
Reda Kateb interprète, ou plutôt, est Bojarski. Son son jeu est tout simplement
magnifique, chaque geste est parfaitement à sa place et on ne peut que saluer cette prestation.
Bastien Bouillon n'est pas en reste en jouant le commissaire Mattei qui poursuit cet homme qui vient hanter sa vie.
Pierre Lottin nous dévoile une autre facette de son talent en compagnon et ami de Bojarski. Avec un accent polonais qui ne le quittera pas tout au long du film il est comme à l'ordinaire excellent.
Sara Giraudeau donne vraiment la sensation qu'elle aurait pu vivre à cette
époque. Elle s'est imprégnée de son personnage et lui donne réellement vie.
Sans faire de mal à personne, sauf sans doute à sa famille moralement, Bojarski aura
réussi à déjouer les différents pièges qui se tendent à lui.
Il était doué et était passé maître dans l'art de la reproduction si bien que la banque de
France elle-même n'en revenait pas. Elle a d'ailleurs reconnu le travail
d'orfèvre exécuté par Bojarski car désormais ces faux billets sont dans des coffres forts de cette même banque et sont parfois vendus aux enchères à prix d'or.
Un film noir, comme d'antan, un film français, le premier réellement captivant en ce début d'année qu'il faut aller voir sur grand écran afin d'y découvrir un faux monnayeur pas comme les autres.
MA NOTE : 4/5
Quelques photos prises durant l'avant-première avec le réalisateur Jean-Paul Salomé et Anne Bojarski :
Avec : Saleh Bakri, Hiam Abbass, Jeremy Irons, Liam Cunningham, Karim Daoud, Yafa Bakri, Yasmine Al Massri, Billy Howle, Robert Aramayo
Distribué par Haut et Court
Genre : Drame, Historique
Origine :
France,
Grande-Bretagne, Qatar,
Palestine,
Arabie Saoudite,
Jordanie
Durée : 1 h 59
Synopsis :
Palestine, 1936. La grande révolte arabe, destinée à faire émerger un
État indépendant, se prépare alors que le territoire est sous mandat
britannique.
Après la défaite de l’Empire ottoman en 1918, la France et le Royaume-Uni se partagent la région et instaurent le mandat britannique sur la Palestine.
Au milieu des années 1930, les tensions autour de la terre, de l’immigration et du pouvoir colonial s’intensifient.
En avril 1936, une grève générale embrase villes et campagnes, tandis que l’Europe s’apprête à replonger dans la guerre.
Ma critique :
Il y a de nombreux films forts en ce moment, qui abordent un passé pas si lointain que cela. Il est bon de connaître les tenants et les aboutissants de certains pans historiques. En effet, il faut en apprendre sur les faits afin de se faire réellement son opinion et ne pas parler pour ne rien dire, et surtout sans savoir.
Inspiré de faits réels, Palestine 36 nous mène donc dans les années 30 et plus précisément comme le titre l'indique en 1936.
La Palestine avec pour capitale Jérusalem, est envahie par les colons français et anglais. Un couple, Khuloud et son mari Amir qui y vivent sont assez aisés. Elle écrit des articles de presse sous un nom masculin et est très impliquée pour la cause palestinienne et pour les paysans et ce qu'on leur fait subir. Son mari est plus souple avec ce qu'il se passe et compose des deux côtés.
Ils emploient un chauffeur qui est issu d'une commune provinciale proche. Il rentre régulièrement dans son village qui va connaître des répercussions avec l'arrivée et l’installation massive de juifs. Leurs terres seront données par les anglais et ils vont perdre beaucoup.
Nous sommes proches de la révolte arabe que ce pays va subir jusqu'en 1939.
La réalisatrice incorpore à son long métrage, de vrais photos, films, issus d'archives qui montrent cette période d'occupation. Pour mieux les intégrer à son œuvre, ils ont été colorisés et se fondent, mis à part le format, avec le film tourné par Annemarie Jacir.
Outre ces documents d'époque, la réalisatrice a su recréer aussi bien au niveau des décors, des costumes, de l'ambiance, une époque qui nous plonge dans cette histoire de manière authentique. On entre dans un univers qui m'était parfaitement inconnu et on peut être outrés par certains faits.
Oppression, vols de terres, tuerie, affrontements avec la résistance qui s'est montée, rien n'est occulté.
On voit réellement que les colons britanniques ont fortement influé et changé le territoire palestinien. Les juifs sont vus de loin et ils sont hors champ. On peut se rendre compte que le destin de ce peuple a été décidé par des gens sans scrupules qui ne se sont pas préoccupés des gens, des biens, et qu'ils ont fait selon leur propre envie, conscience, et peut être pour d'autres arrières pensées ou intérêts. Annemarie Jacir ne fait pas référence aux colons français.
Petit à petit, on a grignoté leurs terres, et ils ont perdu une grande partie de leur pays. Les Palestiniens sont devenus sous l'emprise complète des britanniques et ils ne pouvaient plus gouverner comme ils l'entendaient leur territoire.
Au niveau du jeu des comédiens, qu'ils interprètent des paysans ou des personnes plus aisées, ils sont tous formidables. On lit la peur, mais aussi la révolte qui gronde, et qu'ils sont prêts à se battre quitte à mourir.
Les campagnes ont été largement touchées et les gens qui travaillaient la terre n'avaient pas forcément de quoi se défendre.
Des partisans tentent bien de lutter mais ils sont trop peu nombreux pour mettre fin à ce qui est en route.
La réalisatrice nous montre bien la différence qu'il peut y avoir entre les différentes classes sociales, et qu'ils soient de la campagne, citadins, ou politiciens palestiniens leur destin sera le même. Mille questions nous viennent à l'esprit et on se demande pourquoi ces gens ont mérité cela ?
La fin sera ce qu'elle a été, puisqu'on ne peut pas changer le passé, mais il faut tout de même avouer qu'avec son final la réalisatrice marque les esprits car cette musique qui sort d'un instrument qu'on attend pas forcément montre toute la puissance de ce pays qui s'est battu, continuera à se battre, car rien ne se termine jamais et prouve que les origines ne sont pas toujours celles que l'on croit.
Pour en savoir plus :
A propos de la réalisatrice
Annemarie Jacir a écrit, réalisé et produit plus de seize films. Ses œuvres ont été présentées en première à Cannes, Berlin, Venise, Locarno, Rotterdam et Toronto. Trois de ses longs métrages ont été sélectionnés pour représenter la Palestine aux Oscars. Son court métrage Like twenty impossibles (2003) fut le premier court métrage arabe de l’histoire à être sélectionné à Cannes et s’est également distingué en devenant finaliste aux Oscars.
En 2007, Annemarie Jacir a réalisé le premier long métrage tourné par une réalisatrice palestinienne, le très acclamé Le Sel de la Mer. Présenté à Cannes, Le Sel de la Mer a remporté le Prix FIPRESCI de la critique ainsi que quatorze autres récompenses internationales, dont le prix du Meilleur Film à Milan.
Son deuxième long métrage, Lamma Shoftak, a remporté le prix du Meilleur Film Asiatique à la Berlinale et a été nommé aux Asia Pacific Screen Awards. Travaillant aussi bien en fiction qu’en documentaire, elle a également réalisé Until When, A Few Crumbs for the Birds et A Post Oslo History. Plus récemment, Wajib - L’invitation au mariage (2017) (sorti en France en 2018) a remporté 36 prix internationaux, notamment à Mar del Plata, Dubaï et au BFI de Londres.
Engagée dans le mentorat, la formation et l’emploi local, Annemarie enseigne également et s’emploie à promouvoir le cinéma indépendant dans la région. Fondatrice de Philistine Films, elle collabore régulièrement comme monteuse, scénariste et productrice avec d’autres cinéastes.
Elle a été membre de jurys dans de nombreux festivals, notamment à Cannes, Sundance et Berlin, et est membre de l’Asia Pacific Screen Academy, de l’AMPAS et de la BAFTA.
Son quatrième long métrage, Palestine 36, est à ce jour son projet le plus ambitieux.
ÉLÉMENTS DE CONTEXTUALISATION
REPÈRES HISTORIQUES :
1516 – 1517 L’Empire ottoman étend sa domination sur l’Orient arabe, quasiment ininterrompue pendant quatre siècles.
1881 Première vague d’immigration juive moderne en provenance de Russie et de Roumanie, suite aux pogroms anti-juifs.
1897 Premier congrès sioniste mondial à Bâle (Suisse) présidé par Theodor Herzl.
1915 – 1916 Correspondance « Mac-Mahon-Hussein » entre le Haut-commissaire britannique en Égypte et le Chérif de la Mecque d’où il ressort que le Royaume-Uni est favorable à l’établissement d’un califat arabe étendu sans précisions de frontières.
1916 Les accords secrets dit « Sykes-Picot » entre le Royaume-Uni et la France prévoient un partage de l’Empire ottoman entre ces deux puissances à l’issue de la Première Guerre mondiale.
1917 « Déclaration Balfour », du nom du secrétaire d’État britannique aux Affaires étrangères s’exprimant en faveur de l’établissement d’un « foyer national pour le peuple juif » en Palestine sans précisions de statut politique ni de frontières.
1919 Signature à Paris lors de la Conférence pour la paix de l’accord Fayçal-Weitzmann prévoyant le développement d’une nation arabe sur la plus grande partie du Moyen-Orient et l’établissement d’un foyer national juif dans la région de la Palestine.
LE TOURNAGE
Avec, entre autres, Hiam Abbass, Saleh Bakri, Dafer L’Abidine, Yasmine Al Massri, Billy Howle, Liam Cunningham, Robert Aramayo et Jeremy Irons, PALESTINE 36 a entamé sa préproduction en janvier 2023. L’équipe a préparé des dizaines de lieux à travers le pays, cousu et brodé des costumes et des robes traditionnelles, rassemblé d’anciens accessoires, rénové et reconstitué un village entier – jusqu’à planter des champs de cultures oubliées et recréer de vieux véhicules ainsi que des armes britanniques. Ce projet devenait alors le film le plus ambitieux jamais réalisé en Palestine, mobilisant plusieurs centaines de personnes.
Après le 7 octobre, la production a dû s’interrompre et se délocaliser en Jordanie. Contre toute attente, treize mois plus tard, l’équipe a pu revenir en Palestine pour achever le tournage.
En novembre 2024, après avoir interrompu et relancé la production à quatre reprises face à une situation géopolitique toujours plus instable, PALESTINE 36 a enfin bouclé sa dernière phase de tournage.
Seul long métrage tourné en Palestine au cours des deux dernières années, le film poursuit aujourd’hui son chemin, porté par la conviction que, comme l’écrivait Mahmoud Darwish, « chaque beau poème est un acte de résistance ». * Textes issus du dossier de presse
FESTIVALS ET PRIX :
2025 MOSTRA SÃO PAULO - PRIX DU PUBLIC
2025 FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM TOKYO - GRAND PRIX
2025 FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM ROME
2026 FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM THESSALONIQUE
2025 FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM BORDEAUX
2025 FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM VALLODOLID
2025 FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM TORONTO
2025 FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM MARRAKECH
MA NOTE : 4/5
Crédits photos et vidéo : Haut et Court
AU CINÉMA LE 14 JANVIER 2026 PALESTINE 36 Réalisé par Annemarie Jacir Scénario : Annemarie Jacir Avec : Saleh Bakri, Hiam Abbass, Je...