Critique film Grand ciel réalisé par Akihiro Hata
AU CINÉMA LE 21 JANVIER 2026
GRAND CIEL
Réalisé par Akihiro Hata
Scénario : Akihiro Hata et Jérémy Dubois
Avec : Damien Bonnard, Samir Guesmi, Mouna Soualem, Tudor-Aaron Istodor, Ahmed Abdel Laoui, Denis Eyriey, Zacharia Mezouar, Issaka Sawadogo, Mounir Margoum, Sophie Mousel
Distribué par UFO
Genre : Thriller social
Origine : France, Luxembourg
Durée : 1 h 31
Synopsis :
Vincent travaille au sein d’une équipe de nuit sur le chantier de Grand
Ciel, un nouveau quartier futuriste. Lorsqu’un ouvrier disparaît,
Vincent et ses collègues suspectent leur hiérarchie d’avoir
dissimulé son accident. Mais bientôt un autre ouvrier disparait.
Vincent, en couple avec Nour qui a elle-même un fils, travaille de nuit sur un grand chantier qui doit attirer des bureaux, des commerces, des appartements. Quelque chose de grand, de nouveau et qui va changer le paysage de la ville.
Alors qu'il n'a pas une place réellement sûre, avec l'équipe dirigée par Saïd, un homme qui ne se laisse pas faire par ses supérieurs, alors qu'ils doivent aller refaire un sous-sol qui se désagrège déjà, des choses mystérieuses vont se dérouler et un de leur collège va disparaître.
De là, Vincent peut prendre sa place, mais Saïd a des doutes sur sa hiérarchie, ce qui se déroule et appelle les autres à lutter contre les conditions de travail qu'on leur impose.
Deux choix sont possibles pour Vincent, qui n'est pas spécialement un homme sympathique, suivre ses collègues au risque de perdre sa place ou accepter les conditions des chefs, prendre du galon, ne pas avoir de conscience et évoluer rapidement et garder son travail. Il est assez mutique, et sa morale l'emportera t'elle sur son envie d'avoir une ascension sociale ?
Outre le fait que le
réalisateur aborde la classe ouvrière, et plus spécialement les hommes venant de l'étranger et pas toujours munis carte de travail pour la plupart qui travaillent sur les chantiers, il montre
qu'ils ne sont rien et que si on ne se plie pas à certaines règles rien ne va plus aller.
En effet, la précarité des travailleurs du bâtiment, qu'ils soient déclarés ou non, avec ou sans papiers, pour la plupart de nationalités différentes, ne
sont pas du tout considérés et l'absence au bout de deux ou plusieurs
jours, de l'un d'entre eux inquiète les personnes qui les côtoient
habituellement mais c'est tout.
Lorsqu'ils en font part à leur hiérarchie, celle-ci
fait la sourde oreille et évite surtout de donner des informations, car
leur seul intérêt est que le chantier avance sans tenir compte de
l'humain.
Les tensions qui s'installent entre les différents personnages sont très bien retranscrites par les acteurs, notamment entre Damien Bonnard qui est très surprenant dans son jeu et son personnage qui tire profit des situations qui lui sont proposées, et par Samir Guesmi qui donne une partition particulièrement réussie.
Les tensions qui s'installent entre les différents personnages sont très bien retranscrites par les acteurs, notamment entre Damien Bonnard qui est très surprenant dans son jeu et son personnage qui tire profit des situations qui lui sont proposées, et par Samir Guesmi qui donne une partition particulièrement réussie.
L'ambiance de ce long métrage est assez anxiogène et en même temps
la part de fantastique voulue par le réalisateur nous fait croire que tout est réel. Il mêle habilement thriller et surnaturel.
Les sons que l'on entend lorsque les hommes descendent dans les sous-sol sont impressionnants et apportent un sentiment d'insécurité.
On se rend compte que l'humain dans tout cela est vraiment très mal considéré, surtout avec les problèmes pour régulariser la situation des gens qui ne sont pas déclarés. Ils peuvent disparaître sans que cela ne choque personne, d'où l’invisibilisation des travailleurs filmé par Akihiro Hata.
On se rend compte que l'humain dans tout cela est vraiment très mal considéré, surtout avec les problèmes pour régulariser la situation des gens qui ne sont pas déclarés. Ils peuvent disparaître sans que cela ne choque personne, d'où l’invisibilisation des travailleurs filmé par Akihiro Hata.
Avec une fin qui m'a complètement décontenancée, après coup ce film
est beaucoup plus profond qu'il n'y paraît.
Pour en savoir plus :
A propos du réalisateur
Né au Japon en 1984, Akihiro Hata est arrivé en France en 2003. Après une licence de cinéma à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, il intègre le département réalisation de La Fémis, dont il sort diplômé en 2010.
Il a depuis réalisé deux moyens métrages : LES INVISIBLES (2015) et A LA CHASSE (2017), tous deux présentés au Festival du court métrage de Clermont-Ferrand, entre autres, et le documentaire CORPS SOLITAIRE (2018).
Akihiro propose donc son premier long métrage GRAND CIEL, coécrit avec Jérémie Dubois et produit par Good Fortune Films en coproduction avec Les Films Fauves.
A propos des interprètes principaux
En 2016, Damien Bonnard décroche son premier rôle principal avec Alain Guiraudie dans RESTER VERTICAL, pour lequel il est nommé aux César dans la catégorie Meilleur Espoir, et lauréat du Prix Lumière de la Révélation Masculine. Le film est en compétition officielle au Festival de Cannes la même année.Il collabore ensuite avec F. J. Ossang et Yórgos Lánthimos, entre autres.En 2019, il joue dans LES MISÉRABLES de Ladj Ly (Prix du Jury à Cannes et représentant de la France aux Oscars).Depuis 2019, Damien Bonnard a joué dans plusieurs long-métrages dont : EN LIBERTÉ ! de Pierre Salvadori, LES MISÉRABLES de Ladj Ly et LES INTRANQUILLES de Joachim Lafosse.En 2023, il joue dans plusieurs films internationaux, dont ASTEROID CITY de Wes Anderson (Compétition Officielle – Cannes 2023) et PAUVRE CRÉATURES de Yòrgos Lànthimos (Lion d’or – Mostra de Venise 2023). En 2025, on le retrouve dans LA VOIE DU SERPENT de Kiyoshi Kurosawa, LA PAMPA d’Antoine Chevrollier, REINE MÈRE de Manele Labidi et LE SYSTÈME VICTORIA de Sylvain Desclous, mais aussi dans la série MALDITOS de Jean-Charles Hue sur HBO Max depuis mai 2025, et dans la série Apple TV, TRAQUÉS de Cédric Anger.
Samir Guesmi débute en 1987 dans JAUNE REVOLVER d’Olivier Langlois, puis décroche le premier rôle dans MALIK LE MAUDIT de Youcef Hamidi, récompensé à Amiens. Il s’illustre dans LE MOZART DES PICKPOCKETS, Oscar et César du meilleur court-métrage en 2008.
Affirmant son goût pour les grands cinéastes, il tourne avec Jean Becker, Claude Miller, Nicole Garcia, Arnaud Desplechin, Bruno Podalydès, Pawel Pawlikowski, Rachid Bouchareb ou Valérie Donzelli.
On le retrouve également dans les films de Sólveig Anspach QUEEN OF MONTREUIL (2012) et L’EFFET AQUATIQUE (2016), dans L’AFRANCE (2001), ANDALUCIA (2007) et DAO (prochainement en salles) d’Alain Gomis ; et dans les films de Rachid Hami LA MÉLODIE (2017) et POUR LA FRANCE (2023).
Il apparaît aussi dans des séries comme ENGRENAGES, LES REVENANTS ou SOUS CONTRÔLE. Après son court-métrage primé C’EST DIMANCHE !, Samir réalise en 2020 son premier long-métrage, IBRAHIM, sélectionné à Cannes et ayant été multi-primé à Angoulême.
Il était en décembre dans ANIMAL TOTEM, le nouveau film de Benoît Delépine.
Mouna Soualem apparaît au cinéma dans TU MÉRITES UN AMOUR de Hafsia Herzi, dans la série OUSSEKINE d’Antoine Chevrollier sur Disney +, LA NUIT DU 12 de Dominik Moll, LE HORLA de Marion Desseigne-Ravel, YOU RESEMBLE ME de Dina Amer ; et plus récemment en premier rôle sur Canal+ dans CIMETIÈRE INDIEN, série réalisée par Stéphane Demoustier.
On la retrouve dans le troisième film de Hafsia Herzi LA PETITE DERNIÈRE, présenté en compétition au Festival de Cannes 2025 et sortie au cinéma en octobre.
MA NOTE : 3.5/5
Festival :
Mostra de Venise - Orizzonti
Crédits photos et vidéo : UFO Distribution
AU CINÉMA LE 21 JANVIER 2026 GRAND CIEL Réalisé par Akihiro Hata Scénario : Akihiro Hata et Jérémy Dubois Avec : Damien Bonnard, Sam...


























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