Théâtre : La peur (critique)


 
Soyons honnêtes, il y a des pièces pour ma part, que je n'irais peut être pas spécialement voir, de par leur titre, leur interprètes que je ne connais pas forcément, et il faut l'avouer bien souvent les gens choisissent un vaudeville, des pièces de boulevard, ou des pièces qui ont de grosses têtes d'affiche, et pourtant nous avons tord, car j'ai découvert 2-3 petites pépites en l'espace de 15 jours et "La Peur" en fait partie.
Ce qui m'a vraiment donné envie d'aller voir cette pièce, c'est qu'elle a été adaptée d'après une nouvelle de Stefan Zweig et j'avais tellement aimé Francis Huster dans "Le joueur d'échecs" que j'étais à peu près certaine que j'allais encore vivre un grand moment. Ce fut le cas.

Stefan Zweig excelle dans la description des tourments intérieurs de ses héros. Sa nouvelle, La Peur, en est le meilleur exemple. Construite comme un roman à suspense, la pièce se déroule au rythme haletant des angoisses d’Irène, jeune femme adultère traquée par l’étrange compagne de son amant. Manipulation ? Hallucination ? Comment échapper à cette tourmente sans fin ? On assiste au vacillement d’un couple qui ne se comprend plus… jusqu’au dénouement, véritable coup de théâtre.
Cette pièce, à l’esthétique cinématographique, s’inspire de l’univers d’Hitchcock, notamment du remarquable film Fenêtre sur cour. 
Elodie Menant nous offre une adaptation moderne de cette nouvelle de Stefan Zweig, servie par une mise en scène de toute beauté et un trio d'acteurs particulièrement talentueux.
Celle-ci nous explique son adaptation

"La pièce décortique la chute lente et incontournable d’un couple dont la communication échoue, aspiré par la spirale infernale et angoissante du mensonge. Plongée dans les années 50, je me suis inspirée de l’univers d’Hitchcock et ai élaboré un décor mouvant. Il m’était primordial que la scénographie accompagne ce tourbillon déroutant.
La nouvelle de Stefan Zweig « La peur » m’offre le fil conducteur de cette pièce, une trame forte et simple, proche de beaucoup d’entre nous, sur un thème universel, le couple et la difficulté à ne pas devenir colocataire du quotidien. Le traitement de cette histoire est plus « complexe. »


Tout d’abord, tous les dialogues étaient à inventer, mais également il me fallait approfondir les personnages, très peu développés dans la nouvelle, imaginer un passé à ce couple, les sujets de conflit, leurs passions respectives, etc.

Le texte initial est composé de 50 pages qui décrivent avec une précision extrême les ressentis d’Irène, rongée par la peur, la culpabilité et le mensonge. Ces sentiments décortiqués, déchiffrés, correspondent à ce que les comédiens doivent jouer, mais il fallait trouver les dialogues qui permettent de les faire exister sans les illustrer et sans glisser dans de l’explicatif. Ce qu’ils disent cachent souvent des non-dits, des émotions qui ne parviennent pas s’exprimer."

Alors que les spectateurs ne sont pas tous installés, deux des acteurs s'installent sur la scène et sans parler nous plonge déjà dans l'ambiance.
Un spectacle palpitant, fêté par une critique unanime aux trois derniers festivals d'Avignon où la pièce a fait salle comble.

Il est vrai que l'intrigue est prenante, il y est vrai que cette pièce à tout d'un thriller mais plus psychologique.
Les comédiens géniaux avec une mention à Hélène Degy qui est extraordinaire dans son rôle.

Le décor est sobre et peut être manipulé par les acteurs au fur et à mesure que la pièce se déroule.
Un joli moment de partage. Une pièce là aussi que je vous conseille fortement.

LA PEUR



D’après: Stefan ZWEIG
Mise en scène, scénographie et adaptation : Elodie MENANT
Décor: Olivier DEFROCOURT
Costumes:Cécile CHOUMILOFF et Sylvie LEFRAY
Lumières: Marc AUGUSTIN
Avec : Hélène DEGY, Aliocha ITOVICH, Ophélie MARSAUD
Durée : 1 h 10
Au Théâtre Michel
38 rue des Mathurins
75008 Paris
Du jeudi au dimanche à 19 h - Samedi à 19 h 15
 Billetterie : Tel. 01 42 65 35 02
Depuis le 7 octobre et jusqu'au 31 décembre 2016

l'histoire :

Stefan Zweig excelle dans la description des tourments intérieurs de ses héros. Sa nouvelle, La Peur, en est le meilleur exemple. Construit comme un roman à suspense, la pièce se déroule au rythme haletant des angoisses d’Irène, jeune femme adultère traquée par l’étrange compagne de son amant.
Manipulation ? Hallucination ? Comment échapper à cette tourmente sans fin ? On assiste au vacillement d’un couple qui ne se comprend plus… jusqu’au dénouement, véritable coup de théâtre.
Cette pièce, à l’esthétique cinématographique, s’inspire de l’univers d’Hitchcock, notamment du remarquable film Fenêtre sur cour.
Un spectacle palpitant.


 
 Crédit photos : Karine Letellier
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CONVERSATION

1 commentaires:

  1. Dommage que je n'ai pas toutes ces sorties près de chez moi .... Bisous

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