Critique film Le garçon qui faisait danser les collines réalisé par Georgi M. Unkovski
AU CINÉMA LE 3 JUIN 2026
LE GARÇON QUI FAISAIT DANSER LES COLLINES
Titre original : DJ Ahmet
Réalisé par Georgi M. Unkovski
Scénario : Georgi M. Unkovski
Avec : Arif Jakup, Agush Agushev, Dora Akan Zlatanova
Distribué par KMBO
Genre : Comédie dramatique
Origine : Macédoine, République tchèque, Serbie, Croatie
Durée : 1 h 39
Synopsis :
Ahmet, 15 ans, grandit au milieu des montagnes de Macédoine, où il garde
les moutons de son père tout en prenant soin de son petit frère. Mais
lui, ce qui le fait rêver, c’est la musique. Entre les attentes de son
entourage et ses envies d’ailleurs, Ahmet pourra-t-il un jour suivre son
propre chemin ?
Ma critique :
Ahmet est un adolescent de 15 ans et va devoir quitter ses études pour aller aider son père qui élève des moutons et cultive le tabac. Il va retrouver son petit frère Naim qui ne parle plus depuis le décès de leur mère.
Il va faire la connaissance de Aya qui a dû rentrer d'Allemagne où elle vivait car son père a décidé de la marier.
Ahmet est passionné de musique, goût transmis par sa maman mais son père ne veut plus entendre parler de d'air, de chanson, de mélodie, depuis le décès de sa femme.
Pendant que le papa s'occupe du plus petit et qu'il l'emmène voir un spécialiste afin qu'il retrouve la parole Ahmet est obligé de tout gérer : moutons, repas et autres travaux...
Ce dernier n'a qu'une envie écouter de la techno et si possible avec des enceintes, d'ailleurs un jour il s'échappe la nuit pour aller écouter un concert. Il s'est lié à Aya avec qui il est de plus en plus proche. Ils ont en commun le goût de la musique mais elle pour pouvoir danser dessus. Il va d'ailleurs l'aider dans ses répétitions. En effet, cette dernière ne voulant pas épouser celui qui lui est promis a décidé pour un festival de livrer une prestation qui devrait déplaire à son père et le futur ex-beau-père. Elle espère que ça déplaira au point que le mariage soit annulé.
Petit à petit un jeu de séduction va s'instaurer et l'on sent l'amour poindre entre Ahmet et Aya.
La musique a une place prépondérante dans ce long métrage et l'on apprécie différents titres composés notamment par Alen et Nenad Sinkauz qui arrivent à mélanger les genres et offrir des morceaux entre tradition et modernisme.
Via le biais de ces mélodies qui n'ont rien de traditionnelles, mis à part quelques unes, le réalisateur montre aussi la différence que Ahmet mais aussi Aya ont avec les traditions qu'on leur a inculqué, bien qu'ils les respectent. Sans les renier ils tentent de vivre avec l'évolution comme avec les portables et ne veulent pas comme leurs parents appartenir uniquement à un groupe, une ethnie et sont ouverts sur les autres.
Le réalisateur nous montre qui est la tribu des Yoruks, des bergers semi-nomades avec leur propre monde et mode de vie.
Pour plus d'authenticité, Georgi M. Unkovski a fait appel à la population locale et tous livrent une prestation parfaite.
Ce film fait sourire bien souvent, malgré des thèmes graves abordés, comme avec ce mouton qui s'égare et qui revient teint en rose ou les hauts-parleurs situés en haut d'une mosquée qui auront une grande importance à la fin de cette œuvre.
Ce long métrage aborde aussi les mariages forcés ou arrangés et du fait que le réalisateur a situé l'histoire dans une région montagneuse et isolée en Macédoine où les agriculteurs sont nombreux, nous prouve que certains autochtones n'évoluent pas à la vitesse du monde.
La jeunesse actuelle où qu'elle soit située progresse et veut s'ouvrir et change comme les autres. Le libre choix est essentiel pour eux et ce film en est le parfait exemple. Laissons les vivre leur passions, leur vie comme ils l'entendent.
A propos du réalisateur
Georgi M. Unkovski est né en 1988 à New York et vit aujourd'hui en Macédoine du Nord. Fils de Slobodan Unkovski, metteur en scène de théâtre réputé, Georgi sort diplômé de l'Institut de technologie de Rochester, avec une spécialisation en photographie, avant de poursuivre ses études à la FAMU, l'Académie du cinéma de Prague.
De retour à Skopje, il travaille comme réalisateur pour FUTURA 2/2, l'une des principales agences de publicité du pays, ainsi que pour Cinema Futura, une société de production affiliée. Son court métrage Sticker (2019) a remporté plus de 50 prix internationaux.
Le Garçon qui faisait danser les collines (2025) marque son passage au long. Le film a déjà reçu son lot de récompenses ; au festival de Sarajevo, il repart avec le tout premier Prix spécial Perspectives Jeunesse, remis en coopération avec le Conseil de l'Europe. Il obtient par ailleurs le Prix du public ainsi que le Prix Spécial du Jury pour vision créative à Sundance, et remporte depuis de très nombreux prix dans tous les festivals par lesquels il passe en France.
A propos des YÖRÜKS
Les Yörüks sont une population d'origine turkmène autrefois nomade ou semi-nomade, installée historiquement en Anatolie et dans plusieurs régions des Balkans. Leur nom vient du verbe turc yürümek, qui signifie " marcher " ou "se déplacer ", en référence à leur mode de vie fondé sur la transhumance et l'élevage de moutons et de chèvres.
Au moment de l'expansion de l'Empire ottoman, certaines tribus sont déplacées d'Anatolie vers l'Europe, notamment en Macédoine du Nord, en Grèce et en Bulgarie. Ces communautés jouent alors un rôle stratégique : elles exploitent les pâturages montagneux, participent au peuplement de territoires nouvellement conquis et fournissent parfois des auxiliaires militaires.
À partir du XIXe siècle, les politiques de sédentarisation et les transformations économiques de la région conduisent progressivement ces populations à abandonner le nomadisme. Aujourd'hui, en Macédoine du Nord, les Yörüks constituent une petite minorité principalement installée dans des zones rurales de l'est et du sud-est du pays. Bien que la plupart se définissent désormais comme Turcs, certains continuent de revendiquer une identité héritée de leur histoire pastorale et tribale. Cette culture se manifeste encore dans certaines traditions musicales, culinaires ou sociales, même si l'ouverture au monde contemporain et les transformations sociales ont progressivement atténué les particularités qui distinguaient autrefois ces communautés.
MA NOTE : 3.9/5
Crédits photos et vidéo : KMBO - © cinemafutura
AU CINÉMA LE 3 JUIN 2026 LE GARÇON QUI FAISAIT DANSER LES COLLINES Titre original : DJ Ahmet Réalisé par Georgi M. Unkovski Scén...




