Critique film Teresa réalisé par Teona Strugar Mitevska

 film Teresa réalisé par Teona Strugar Mitevska

 AU CINÉMA LE 03 DÉCEMBRE 2025
 
 TERESA
Réalisé par Teona Strugar Mitevska 
Avec : Noomi Rapace, Sylvia Hoeks, Nikola Ristanovski, Marijke Pinoy
Distribué par Nour Films
Genre : Biopic, Drame
Origine : Belgique, Macédoine, Suède, Danemark, Inde
Durée : 1 h 43
 
Synopsis
 
Calcutta, 1948. Mère Teresa s’apprête à quitter le couvent pour fonder l’ordre des Missionnaires de la Charité. En sept jours décisifs, entre foi, compassion et doute, elle forge la décision qui marquera à jamais son destin – et celui de milliers de vies.
  film Teresa réalisé par Teona Strugar Mitevska
 
Ma critique
 
Nous ne sommes pas ici dans un biopic sur toute la vie de Mère Teresa, mais plus sur une petite partie de son existence, sur 7 jours exactement, pendant lesquels elle attend si sa demande pour fonder L'ordre des Missionnaires de la Charité, sera acceptée ou non.
 
En effet, voilà des jours, des mois, qu'elle écrit au plus haut placé afin de demander à quitter le couvent qu'elle dirige afin de se consacrer aux plus démunis. 
 
On y découvre une femme forte, parfois rude et dure, qui n'est pas vraiment l'image que l'on se fait d'elle, mais qui sait aussi se montrer tendre et complaisante. 
 
Son rôle elle le prenait très au sérieux, elle pouvait comprendre des égarements, elle voulait apporter le bien et vivre démunie de tout afin de mieux se consacrer à l'objectif qu'elle s'était donné : apporter le plus de bonheur possible, et sur de l'aide aux autres. 
 
D'autres personnages gravitent autour de Teresa dont Agnieszka et le Père Friedrich. Des faits vont se dérouler et elle va devoir faire des choix, et des dilemmes vont se présenter à elle. Comment ne pas être trop âpre, que doit-elle faire, accepter ou non ? Les relations qu'elle a avec ces deux personnages sont assez troubles et ambigus et surtout celle avec le Père. La réalisatrice livre aborde aussi le sujet de l'avortement qui avait d'ailleurs donné lieu à une controverse.  
    film Teresa réalisé par Teona Strugar Mitevska
 
Des scènes hors du couvent il y en a, mais peu en fait. L'ensemble du film se déroule à l’intérieur du lieu où elle attend cette lettre qui lui dira si elle peut quitter ses sœurs pour se consacrer à ce qui la fait vibrer : se vouer aux autres et pour elle, être dans le dénuement. 
 
Elle voulait être exemplaire et était stricte avec elle-même, mais sans doute trop avec les autres parfois.
 
Au niveau de la réalisation, Teona Strugar Mitevska s'est permise quelques libertés, et part parfois dans un délire ou Mère Teresa fait des rêves qui l'entraînent dans des situations limites incroyables à imaginer de sa part. 
 
Son film est, comme elle le dit elle même, "Punk Rock" et peut déranger parfois, où ne trouve pas son bon contexte dans ce genre de film. Par contre, très surprise des dernières images qui se déroulent dans une rue, faute de sa part ou scènes incorporées sciemment ? En effet, alors que nous sommes en 1948 on voit un homme à moto - mais un engin de notre époque - et deux hommes avec un portable ou une petite console de jeux. La réalisatrice  a-t-elle omis ces gens, ou veut-elle livrer un message ? En fait, dixit un texte trouvé (et ce dont j'avais pensé être) : "...Ces anachronismes suggèrent que sa mission traverse les époques — que sa compassion, mais aussi la misère qu’elle a voulu combattre, demeurent profondément actuelles...".*

On ne peut nier que Noomi Rapace est extraordinaire dans son interprétation. On a en mémoire bien évidemment sa prestation dans Millennium et la retrouver dans la peau de cette femme est à l'opposé de ce qu'elle a pu nous livrer jusqu'à présent. 
 
Elle se livre corps et âme et apporte beaucoup à ce long métrage.  
  
Pour cette religieuse, vivre à Calcutta, aider les autres, et surtout les personnes en souffrance était une évidence, une nécessite et c'est cela que ce film veut nous monter ainsi qu'une femme hors du commun.  
 
film Teresa réalisé par Teona Strugar Mitevska
 
Pour en savoir plus :
 
A propos de la réalisatrice
 
Teona Strugar Mitevska est née en 1974 dans une famille d’artistes à Skopje, en Macédoine. Après avoir été actrice alors qu’elle était enfant puis avoir travaillé comme peintre et graphiste, elle étudie le cinéma à la Tisch School of Arts de l’université de New York.
 
Elle débute en tant que réalisatrice en 2001 avec le court métrage Veta, qui remporte le prix spécial du jury au festival de Berlin. En 2004, son long-métrage How I killed a saint remporte le grand prix du festival de Rotterdam. En 2007-2008, Je suis de Titov Veles est présenté aux festivals de Toronto (Disovery), Berlin (Panorama) et Cannes (ACID). 
 
Ses longs-métrages suivants, The Woman who brushed off her tears, When the day had no name et Dieu existe, son nom est Petrunya, sont également sélectionnés au festival de Berlin (Panorama Special pour les deux premiers, Compétition pour le troisième). La société Sisters and brother Mitevski, qu’elle a créée avec son frère Vuk et sa sœur Labina, a produit tous ses longs-métrages, et a également coproduit Le Poirier sauvage de Nuri Bilge Ceylan et Sierranevada de Christi Puiu. En 2022, elle réalise L’homme le plus heureux du monde, présenté au festival de Venise (Orizzonti).
 
Son dernier film, Teresa, est présenté en 2025 au festival de Venise (Orizzonti) 
 film Teresa réalisé par Teona Strugar Mitevska
 
A propos de l'interprète principale 
 
Noomi Rapace s’est imposée dans l’industrie cinématographique internationale avec son interprétation impressionnante, dérangeante et saluée par la critique, de Lisbeth Salander dans l’adaptation de la trilogie Millennium de Stieg Larsson : Les Hommes qui n’aimaient pas les femmes, La Fille qui rêvait d’un bidon d’essence et d’une allumette et La Reine dans le palais des courants d’air. En plus de sa forte présence à l’écran, en tant qu’artiste, elle met sa perspicacité et son instinct au service de l’histoire et des spectateurs.
 
Elle a grandi en Islande et débuté sa carrière à l’âge de 7 ans dans le film islandais L’Ombre du corbeau. Elle a depuis joué dans plus de vingt films et séries. Ainsi, on l’a vue dans Angel of Mine de Kim Farrant ; Stockholm de Robert Budreau avec Ethan Hawke ; Close de Vicky Jewson ; Bright de David Ayer avec Will Smith et Joel Edgerton ; Conspiracy de Mikael Hafstrom ; Seven Sisters de Tommy Wirkola ; Rupture de Steven Shainberg avec Peter Stormare et Kerry Bishe ; Enfant 44, l’adaptation du roman de Tom Rob Smith par Daniel Espinosa avec Tom Hardy, Gary Oldman, Joel Kinnaman et Jason Clarke ; Quand vient la nuit de Michaël R. Roskam avec Tom Hardy et James Gandolfini ; Dead Man Down de Niels Arden Oplev avec Colin Farrell ; Prometheus de Ridley Scott avec Michael Fassbender, Guy Pearce, Idris Elba et Charlize Theron ; Sherlock Holmes 2 : Jeu d’ombres de Guy Ritchie avec Robert Downey Jr. et Jude Law ; ainsi que Passion de Brian DePalma avec Rachel McAdams et Karoline Herfurth.
 
Noomi Rapace a récemment joué dans Assassin Club de Camille Delamarre avec Henry Golding, Daniela Melchior et Sam Neill ; Black Crab, film suédois de Adam Berg ; You Won’t Be Alone, film d’horreur fantastique de Goran Stolevski présenté à Sundance en 2022 ; et dans Lamb, drame psychologique islandais de Valdimar Jóhannsson. 
 
A la télévision, on l’a vue dernièrement dans la saison 2 de Jack Ryan (2019), la série de western française Django (2023) et Constellation (2024) 
  film Teresa réalisé par Teona Strugar Mitevska
 
A propos de Mère Teresa 
  
(1910 - 1997) La sainte de Calcutta 
 
Née le 26 août 1910 à Skopje (alors dans l’Empire ottoman, aujourd’hui Macédoine du Nord), Anjezë Gonxhe Bojaxhiu grandit dans une famille catholique d’origine albanaise. Son père meurt alors qu’elle est enfant, et sa mère élève ses enfants dans un environnement modeste mais empreint de foi.
 
À 18 ans, en 1928, elle quitte sa patrie pour rejoindre l’ordre des Sœurs de Lorette en Irlande, où elle prend le nom de sœur Mary Teresa, et est envoyée bientôt en Inde, à Calcutta. Elle y enseigne pendant plusieurs années dans une école de l’ordre de Lorette et prononce ses vœux religieux en 1931. Mais en 1946, elle reçoit ce qu’elle nommera « l’appel dans l’appel » (une aspiration à quitter le couvent pour aider les plus pauvres) : elle se sent poussée à vivre au milieu des délaissés de Calcutta, pour soigner, réconforter et accueillir les mourants.
 
En août 1948, le Pape lui donne l’autorisation de fonder sa propre congrégation. En 1950, elle fonde l’ordre des Missionnaires de la Charité, voué à aider les plus démunis, consacrant ses journées et ses forces au soin des malades, des mourants, des orphelins et des exclus. 
 
La portée de son œuvre dépasse rapidement Calcutta : elle établit des hospices, des centres de soins, des foyers pour malades, des maisons pour les lépreux, dans de nombreux pays, toujours sous le sceau de la pauvreté, du service humble et de l’amour concret. En 1979, elle reçoit le prix Nobel de la paix, une reconnaissance internationale de son engagement au service des plus vulnérables.
 
Sa santé devient fragile dans ses dernières années : elle subit plusieurs interventions et hospitalisations, mais continue autant que possible à voyager, à encourager ses sœurs et à étendre leur mission. Elle s’éteint le 5 septembre 1997 à Calcutta, à l’âge de 87 ans. Elle est béatifiée le 19 octobre 2003 par le pape Jean-Paul II, puis canonisée le 4 septembre 2016 par le pape François. Dans le regard de l’Église, Mère Teresa est aujourd’hui perçue comme une « messagère lumineuse de l’amour de Dieu », dont la vie incarne la soif d’amour pour l’humanité, particulièrement pour les plus souffrants. Sa foi, humble mais radicale, ne sépare jamais prière et action. 

Dates clés :
 
26 août 1910 : Naissance à Skopje
1928 : Entrée chez les Sœurs de Lorette
1929 : Arrivée en Inde
1931 : Prononce ses vœux religieux et prend le nom de Teresa
1946 : Reçoit « l’appel dans l’appel » qui la pousse à se consacrer auxpauvres de Calcutta
1948 : Autorisation du Pape à fonder sa propre congrégation
1950 : Fondation des Missionnaires de la Charité
1979 : Prix Nobel de la paix• 5 septembre 1997 : Décès à Calcutta
4 septembre 2016 : Canonisation à Rome
  
film Teresa réalisé par Teona Strugar Mitevska

MA NOTE : 3.2/5


Crédits photos et vidéo : Nour Films - Entre Chien et Loup
* Texte issu du dossier pédagogique 

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