Critique film Cosmos réalisé par Germinal Roaux
AU CINÉMA LE 6 MAI 2026
COSMOS
Réalisé par Germinal Roaux
Scénario : Germinal Roaux
Avec : Ángela Molina, Andrés Catzín
Distribué par Nour Films
Genre : Drame
Origine :
Durée : 2 h 32
Synopsis :
Dans un village oublié du Yucatan, Leon, gardien maya des secrets de la
nature et des esprits, va être chassé de ses terres. Son chemin croise
celui de Lena, riche femme de lettres récemment arrivée de Mexico.
Malgré leurs différences, une connexion profonde se forme entre eux.
Malgré leurs différences, une connexion profonde se forme entre eux.
Ma critique :
Ce film qui sera en salle le 6 mai prochain est très particulier. Déjà par un format en 4:3 et réalisé en noir et blanc.
De plus, il a un rythme très très long avec des plans fixes, des travellings très lents qui font que l'on peut être surpris par la proposition.
Ce long métrage est aussi surprenant car il contient peu de dialogues par rapport à d'autres films. Il invite à la réflexion.
Leon, qui habite le Yucatán dans une petite maison isolée, voit celle-ci être amenée à disparaître car une route va passer et il va être expulsé. Il a toujours vécu ici et se sent démuni face à la situation.
Il part retrouver son frère avec qui il est fâché depuis longtemps et après un long voyage apprend que celui-ci est décédé.
C'est alors qu'il va faire la connaissance de Lena, une femme d'un âge mur avec qui il n'a rien en commun et pourtant le courant, contre toute attente, va passer entre eux et un lien va se créer.
Le réalisateur aborde donc le thème de la solitude, mais aussi de la maladie et de la mort. C'est un voyage introspectif qu'ils vont faire ensemble et s'apporter, le temps d'un moment, des instants de grâce.
Les deux comédien(ne)s sont exceptionnels et laissent transpirer des sentiments forts non seulement par leur jeu, mais aussi par leur regard, leur gestuelle, etc...
La mise en scène est sobre, soignée, mais il faut pouvoir arriver à rentrer dans ce film pour y trouver sa force, autrement on passe à côté de cette œuvre.
Le réalisateur offre de très beaux plans de la région du Mexique où a été tourné ce film, et plus spécialement du Yucatán et de la jungle mais aussi une magnifique photographie, renforcée par le fait qu'elle soit en noir et blanc. En fait c'est une projection un peu spéciale à laquelle on assiste car elle est très contemplative.
Germinal Roaux rend largement hommage à la culture Maya avec Cosmos.
De part son rythme on peut être déstabilisé et il faut être en condition pour voir un long métrage qui dure 2 h 30, qui est très lent et où les personnages ont peu de dialogues.
Il en perturbera certain(e)s qui abdiqueront et en envoutera d'autres. A vous de voir, si vous êtes prêts à ralentir alors Cosmos est fait pour vous.
Pour en savoir plus :
A propos du réalisateur
Germinal Roaux (né le 8 août 1975 à Lausanne) est un photographe, scénariste et cinéaste franco-suisse reconnu pour son travail en noir et blanc et son attention portée aux thèmes humains et sociaux. Photographe reporter depuis 1996, il collabore avec de nombreux magazines.
En 2000, il reçoit le Premier Prix Suisse des Médias pour une série de reportages consacrés à l’autisme chez l’enfant et l’adulte, présentée au Musée de l’Élysée à Lausanne. En 2003, il réalise son premier film documentaire, Des tas de choses, consacré à l’intégration des personnes en situation de handicap mental. Le film est sélectionné au Festival international du cinéma documentaire Visions du Réel à Nyon, où il rencontre un large écho. En 2007, il écrit et réalise Icebergs, qui lui vaut le Prix du Meilleur Espoir au Festival international du film de Locarno ainsi que le Prix de la Relève Suissimage SSA du meilleur court métrage aux 43e Journées de Soleure.
La même année, Germinal Roaux débute un journal photographique au long cours, Never Young Again, consacré au passage de l’adolescence à l’âge adulte. D’abord publié en ligne, ce travail s’est progressivement enrichi pour constituer aujourd’hui un ensemble de plusieurs milliers d’images, désormais conservées dans les archives de la Bibliothèque nationale suisse. En 2013, il écrit et réalise son premier long métrage, Left Foot Right Foot, avec l’acteur argentin Nahuel Perez Biscayart. Le film reçoit le Bayard d’Or du Meilleur Premier long métrage au FIFF de Namur, le Prix du Jury au Festival international du film de Palm Springs, ainsi que le Prix du cinéma suisse 2014 dans trois catégories : Meilleure photographie, Meilleure interprétation dans un second rôle et Prix Spécial de l’Académie.
En 2018, il réalise son deuxième long métrage, Fortuna, consacré à la vie de mineurs réfugiés non accompagnés, avec la jeune actrice éthiopienne Kidist Siyum Beza et l’acteur suisse Bruno Ganz. Fait rare, le film est doublement récompensé à la 68e Berlinale par l’Ours de cristal et le Grand Prix du Jury international. Il reçoit également le Filmmaker Award au Festival du film de Zurich, remis par l’actrice américaine Uma Thurman, et connaît un large succès dans les festivals internationaux.
En 2024, Germinal Roaux reçoit le Grand Prix de la Fondation Vaudoise pour la culture pour « avoir enrichi le pays par une œuvre forte et une vision novatrice ».
Son dernier film, Cosmos, tourné en langues maya et espagnole au cœur de la jungle mexicaine, est présenté en première mondiale, en compétition internationale, au Thessaloniki International Film Festival en novembre 2024.
A propos des interprètes
Ángela Molina est une actrice espagnole née en 1955 à Madrid, fille du célèbre chanteur et acteur Antonio Molina. Formée à la danse classique espagnole – dont elle obtient le diplôme de professeur à seulement seize ans – elle intègre ensuite l’École Supérieure d’Art Dramatique de Madrid et débute au théâtre dans La Maison de poupée d’Henrik Ibsen. Elle fait ses premiers pas au cinéma en 1974 (No mataras, Las Protegidas et No quiero perder la honra), mais accède à la reconnaissance internationale en 1977 grâce à Cet obscur objet du désir de Luis Buñuel, dans lequel elle partage le rôle principal avec Carole Bouquet.Figure majeure du cinéma espagnol, Ángela Molina construit dès lors une carrière internationale, travaillant avec de grands cinéastes européens tels que Luigi Comencini, Gillo Pontecorvo ou Marco Bellocchio. Elle tourne également avec Manuel Gutiérrez Aragón et Pedro Almodóvar, qui la dirige notamment dans En chair et en os et Étreintes brisées. Son parcours la mène aussi vers des productions françaises, italiennes et américaines, comme 1492 : Christophe Colomb de Ridley Scott. Alternant premiers et seconds rôles au cinéma, à la télévision et au théâtre, elle s’illustre dans de nombreuses œuvres marquantes, parmi lesquelles Blancanieves, The Way, La route ensemble ou encore Loin des hommes. Elle apparaît également dans la série à succès espagnole Velvet. En 2024, elle joue dans Polvo serán de Carlos Marqués-Marcet. En 2025, elle apparait notamment dansLe Dernier souffle de Costa Gavras avec Denis Podalydès, Kad Merad et Marilyne Canto.
Andrés Catzin est né au sein d’une famille de paysans mayas, dans la région d’Ek Balam, au cœur de la péninsule du Yucatán. Il a grandi dans la jungle, dans une relation quotidienne et organique avec la nature, développant très tôt une connaissance intime de la faune et de la flore. Jusqu’à l’âge de douze ans, il fréquente l’école du village, avant de rejoindre les champs où il participe à la récolte du maïs tendre. Il apprend alors à défricher la forêt, à tracer des coupe-feu pour préparer les brûlis, à travailler la terre, et cultiver les semences traditionnelles telles que le maïs, la pepita, la jícama, les haricots ou le manioc. Adolescent, il accompagne son frère aîné dans de longues expéditions au cœur de la forêt. Il y apprend à chasser, à se protéger, à reconnaître les dangers — serpents venimeux, animaux sauvages, présences invisibles qui traversent la nuit. Mais surtout, il apprend à écouter, à observer, à entrer en relation, physiquement et spirituellement, avec son environnement.
Il acquiert une autonomie rare : s’orienter grâce aux étoiles, se nourrir et se soigner grâce à ce que la forêt lui offre. Ces savoirs ne relèvent pas seulement de la survie ; ils sont le fruit d’une transmission vivante, portée par sa communauté — une manière d’être au monde où l’humain ne se pense jamais séparé de la nature. Andrés Catzin fait partie de ces rares Mayas dont la lignée a su préserver, de génération en génération, une transmission vivante de la cosmovision.
Une manière d’être au monde fondée sur un lien sensible entre la terre et le ciel, entre le visible et l’invisible. Cette connaissance intime de la nature lui permet d’avancer dans la vie sans prédation, dans une forme d’équilibre et de respect. Comme les siens, il a appris à vivre en harmonie avec le territoire qu’il habite — non pas comme un espace à exploiter ou à conquérir, mais comme un lieu où chaque être a sa place, dans une relation de respect mutuel.
T
Guanajuato International Film Festival
Grand Prix Fiction du FIFDH – Mention Spéciale du Jury International
Festival de Sevilla,
Solothurner Filmtage
BANDE ANNONCE
Crédits photos et vidéo : Nour Films









0 commentaires:
Enregistrer un commentaire
Vous êtes passés me lire, laissez moi un petit mot - Merci