Critique film The sea réalisé par Shai Carmeli-Pollak
AU CINÉMA LE 09 SEPTEMBRE 2026
THE SEA
Titre original : Ha'Yam
Réalisé par Shai Carmeli-Pollak
Avec : Muhammad Gazawi, Khalifa Natour, Hilla Sarjon, Marlene Bajali
Distribué par Maatmov
Genre : Fiction
Origine : Israël
Durée : 1 h 33
Synopsis :
Khaled (12 ans), un garçon palestinien, est en route pour voir la mer
pour la première fois de sa vie. Au point de contrôle, les autorités
israéliennes lui refusent l’entrée. Déterminé, il franchit la frontière
clandestinement et poursuit seul sa route vers la mer, traversant un
territoire où son regard d’enfant se confronte aux tensions du conflit
israélo-palestinien. Pendant ce temps, son père, Ribhi, part à sa
recherche…
Ma critique :
Khaleb n'a jamais vu la mer alors lorsqu'il doit partir avec ses camarades d'école voir celle-ci il exulte. Lorsqu'ils arrivent à un check-point militaire, Khaleb se voit refuser le droit d'entrer à cause d'un papier.
L'enfant est dépité. Il retourne chez sa grand-mère qui l'élève, son père travaillant sur des chantiers à Tel Aviv, et ne rentrant que très peu.
Le gamin frustré part un petit matin de bonne heure avec la ferme intention de voir la mer et va faire des rencontres inattendues et va devoir se débrouiller avec une langue qu'il ne connaît pas. Le père avertit va quitter son travail et va chercher à le retrouver.
Le réalisateur montre bien les différences de culture entre deux pays, et que les enfants ne sont pour rien dans ce combat que mènent différents dirigeants.
Khaleb est privé, on ne sait pas trop pourquoi, de se rendre dans un lieu alors que c'est un gamin inoffensif qui ne prend pas partie et qui ne rêve que d'atteindre la mer.
Ce périple que va accomplir ce jeune garçon de son village en Cisjordanie à Tel Aviv va être compliqué et semé d'embûches. Les rencontres, surtout des adultes, qu'il va faire, va montrer la solidarité de certaines personnes mais aussi la stupidité d'autres.
On verra que de nombreux Palestiniens sont recrutés - surtout des ouvriers - pour travailler en Israël et accomplir les tâches les plus ardues.
The sea aborde aussi les relations entre une grand-mère et son petit-fils mais aussi les tensions qui peuvent se créer entre un père souvent absent et son garçon. On verra que le père peut tout abandonner au risque de perdre son travail lorsqu'il s'agit de retrouver son enfant.
On va entrer par le biais de Khaled dans la ville qu'il découvre et où il est perdu. Avec un étonnant et malin garçon qui interprète ce rôle, on voit toute la bêtise humaine et on se demande ce qu'aurait fait de mal cet enfant à pouvoir se rendre sur le lieu où l'emmenait l'école, lui qui s'était équipé d'un masque et un tuba de plongée alors qu'il ne sait pas nager.
Ce dernier innocemment demande sa route comme il le peut et pourtant il risque sa vie à déambuler à son âge seul dans une ville qu'il ne connaît pas et pourtant il n'a qu'un but voir la mer.
On ne peut que saluer le talent de Muhammad Gazawi qui fascine par son jeu qui paraît si naturel.
On peut aussi remercier le réalisateur d'avoir osé un tel long métrage qui a d'ailleurs reçu de nombreux prix et qui a été sélectionné pour représenter Israël aux Oscars 2026.
Un film humaniste comme on en voit peu qui prouve que la paix peut-être possible si les politiques et les hommes se montraient moins têtus et apportaient un peu plus de considération aux différents peuples et se préoccupaient de ceux qui feront demain c'est-à-dire les enfants. Avec cette œuvre Shai Carmeli-Pollak montre qu'une union entre deux pays peut être possible.
Pour en savoir plus :
Notes d'intention du réalisateur
" Pour moi, le cinéma est un moyen de raconter des histoires à portée universelle, capables de toucher l'âme de tout être humain, où que ce soit et à n'importe quelle époque. Lorsque j'ai écrit The Sea, je n'envisageais pas de réaliser un film « politique », mais plutôt une œuvre centrée sur l'humain : sur la relation entre un père et son fils, un récit de voyage et d'apprentissage, inscrit dans la tradition d'un cinéma humaniste et socialement engagé, à l'instar du Voleur de bicyclette de Vittorio De Sica ou des films admirables du réalisateur iranien Jafar Panahi. Avec le producteur Baher Agbariya (Atash, Personal Affairs, Mediterranean Fever), nous nous sommes lancés dans une aventure unique : un film réalisé par une équipe mixte composée de Juifs et d'Arabes, tourné dans des villages palestiniens, le long du mur de séparation, ainsi qu'à Bnei Brak, Ramat Gan et Tel-Aviv. Ce parcours m'a également conduit dans un club de boxe à Kalanswa, où j'ai rencontré Mohammad Ghazawi, un jeune garçon au talent remarquable ; il y tient le rôle principal et a remporté le prix Ophir du meilleur acteur, devenant ainsi le plus jeune lauréat de cette récompense à ce jour.
On pourrait dire que le scénario de La Mer a commencé à germer en moi il y a plus de vingt ans, lorsque je suis entré pour la première fois dans les territoires occupés, au plus fort de la seconde Intifada. À l'époque, j'étais un jeune réalisateur tourné principalement vers les comédies pour enfants (comme la série télévisée Ze Beng), mais cette confrontation avec une réalité si éloignée de ce que j'avais imaginé m'a profondément bouleversé et a changé le cours de ma vie. J'ai commencé à retourner sans cesse dans des lieux que la plupart des Israéliens ont tendance à refouler ou à ignorer. Au fil du temps, j'ai appris l'arabe et noué des liens profonds ainsi que des amitiés avec des personnes qui, en principe, étaient censées être mes ennemis. De cette expérience est né mon documentaire Bil’in, My Love (diffusé sur Channel 8), qui relatait la lutte autour du mur de séparation. Parmi toutes les épreuves dont j'ai été témoin, l'une m'a particulièrement marqué : le désir ardent de voir la mer, située à seulement une heure de route de chez eux, mais pourtant inaccessible. La dure réalité économique, qui poussait nombre d'entre eux à pénétrer illégalement en Israël au péril de leur vie, m'a également profondément touché. Dans un élan d'inspiration, ces deux fils conducteurs ont fusionné pour former une seule histoire : celle d'un garçon rêvant d'atteindre la mer et se lançant dans un périple sans en connaître ni la langue ni le chemin, et celle de son père, qui part à sa recherche alors qu'il ne possède pas de permis de séjour en Israël et sait qu'il risque l'arrestation et la perte de ses moyens de subsistance s'il est pris. Lorsque le film a remporté l'Ophir du meilleur film, au-delà de la joie liée à la reconnaissance artistique, j'ai ressenti un véritable espoir. Dans le contexte actuel de violence et de brutalité, ce film émeut le public jusqu'aux larmes. Peut-être parce qu'il met en lumière une valeur qui semble faire cruellement défaut à notre monde : la compassion et l'amour envers tous les êtres humains. C'est précisément ce que La Mer offre en abondance, tout droit venu du cœur ". - Shai Carmeli-Pollak
Par rapport aux interprètes
Mohamad Ghazawi a remporté le prix Ophir du meilleur acteur pour sa prestation dans The Sea.
Originaire de Kalanswa, il a été repéré par le réalisateur du film alors qu'il s'entraînait dans un club de boxe thaïlandaise.
The Sea marque ses débuts d'acteur ; il y livre une interprétation d'une nature et d'une émotion saisissantes. Depuis le tournage, il a joué dans deux courts métrages.
Khalifa Natour a remporté le prix Ophir du meilleur acteur dans un second rôle pour sa prestation dans The Sea.
Originaire de Kalanswa, il est diplômé de l'école des arts du spectacle Beit Zvi et a débuté sa carrière au Théâtre national Habima sous la direction d'Ofira Henig, jouant notamment dans Pitzponet and Anton, Battle of Black and Dogs et Nights of Honey and Horror — spectacle où il a interprété pour la première fois la chanson « Biglalekh » (« À cause de toi »), rendue célèbre par la suite par Arik Einstein.
Il a par la suite joué dans The Child Dreams de Hanoch Levin, au Théâtre de Haïfa, ainsi que dans la production bilingue de Roméo et Juliette au Théâtre Khan, qui a fait l'objet d'une tournée internationale. Il a reçu le prix du théâtre israélien pour Sea Breeze et joue actuellement dans Apeirogon au Théâtre de Jaffa.
À l'écran, Natour est apparu dans La Fiancée syrienne, dans plusieurs films palestiniens et français, ainsi que dans les films d'Eran Kolirin Let It Be Morning et La Visite de la fanfare (The Band’s Visit) ; c'est dans ce dernier qu'il a partagé l'affiche pour la première fois avec Hila Surjon, qu'il retrouve en tant que partenaire dans The Sea.
Marlene Bajjali a été nommée pour le prix Ophir de la meilleure actrice pour son interprétation dans The Sea.
Née à Jérusalem, elle a débuté sa carrière en 1968 en jouant dans des dramatiques radiophoniques en arabe pour Kol Yisrael (la radio israélienne). Lors du lancement de la télévision en langue arabe en Israël, elle a rejoint la chaîne en tant qu'actrice et présentatrice, participant à de nombreuses émissions tout en se produisant sur scène avec le théâtre Al-Kasaba de Jérusalem-Est. Elle a fait ses débuts au cinéma en 1979 dans My Mother the Genera*, où elle incarnait la mère du commandant égyptien interprété par Makram Khoury. Elle a marqué les esprits grâce à ses rôles emblématiques dans des séries télévisées populaires.
Diplômée de l'école des arts du spectacle Beit Zvi, Hila Surjon s'est produite dans de nombreux théâtres, comédies musicales et spectacles pour enfants à travers Israël. À la télévision, elle est apparue dans de nombreuses séries populaires sur les principales chaînes et est particulièrement connue pour son rôle de l'épouse d'Avichai (interprété par Yigal Adika) dans la série comique à succès Checkout (Kupa Rashit).
Sa filmographie comprend notamment Shlomit’s Stars, Valeria Is Getting Married, A Matter of Size, The Farewell Party et Doubtful.
Sa première collaboration à l'écran avec Khalifa Natour remonte au film La Visite de la fanfare (d'Eran Kolirin), où elle incarnait Iris — la fille de l'hôte accueillant les musiciens égyptiens —, un duo qu'elle a retrouvé des années plus tard dans The Sea.
Festivals et prix :
- Awards of the Israeli Film Academy : Gagnant de plusieurs Ophirs
- Jerusalem Film Festival : Plusieurs récompenses
- Mar del Plat International Film Festival
MA NOTE : 3.9/5
Crédits photos et vidéo : Maâtmov










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