Critique film Kwibuka, se souvenir réalisé par Jonas D'Adesk

 film Kwibuka se souvenir réalisé par Jonas D'Adesk

  AU CINÉMA LE 4 NOVEMBRE 2026
 
KWIBUKA, SE SOUVENIR
Réalisé par Jonas D'Adesk 
Scénario : Jonas d’Adesky et Laurie Bost
Avec : Sonia Rolland, Jean-Hugues Anglade, Parfait Ntambiyindekwe Mugiraneza 
Distribué par Les Alchimistes Films
Genre : Fiction
Origine : France, Belgique, Rwanda
Durée : 1 h 32
 
film Kwibuka se souvenir réalisé par Jonas D'Adesk 
 Synopsis : 
 
 Lia, basketteuse franco-rwandaise, est invitée à rejoindre l'équipe nationale du Rwanda pour le championnat d'Afrique. Ce retour dans le pays qu'elle a fui étant enfant ravive les souvenirs du passé et va profondément bouleverser sa vie.
  film Kwibuka se souvenir réalisé par Jonas D'Adesk
 
Ma critique :
 
Lia, une basketteuse qui évolue en Belgique, est un jour approchée par un homme qui voudrait qu'elle rejoigne l'équipe du Rwanda afin de disputer le championnat d'Afrique.
 
Au début réticente, Lia interprétée par Sonia Rolland, va se laisser convaincre et va également avoir envie de retourner dans ce pays qu'elle a été obligée de fuir alors qu'elle était enfant. 
 
Elle n'a que très peu de souvenirs et bien qu'ayant son père, joué par Jean-Hugues Anglade, qui est encore installé là bas, elle n'a plus vraiment de contact avec lui.
 
Après son arrivée et quelques entraînements, elle va se rendre à l'usine qu'il dirigeait et apprendre qu'elle a été vendue. Des personnes vont lui indiquer où son père se trouve désormais et elle va partir le retrouver afin de renouer avec lui mais aussi avec son passé qui est flou et qu'en fait elle a occulté. 
 
film Kwibuka, se souvenir réalisé par Jonas D'Adesk 
Elle va chercher à savoir ce qui s'est déroulé durant le génocide et ainsi renouer avec son passé. 
 
Ce film nous rappelle la gravité du génocide au Rwanda et des conséquences sur la mémoire et sur la vie des gens qui ont vécu ce massacre et réussi a y échapper. 
 
Le réalisateur s'est beaucoup inspiré de sa propre expérience pour le scénario et son film mais en faisant le choix de demander à Sonia Rolland qui elle aussi vient du Rwanda, a fui et a joué au basket, tout n'était alors qu'évidence.
 
D'ailleurs il a également décidé d'incorporer durant le film des moments ou des dessins viennent s'intercaler avec les images. Ces croquis sont ceux découverts dans un cahier par Lia et qui ont été réalisés par son père pour raconter l'histoire de son pays. 

Certaines personnes ont tenté de cacher, voire d'enfouir certains faits mais le passé, comme bien souvent vous rattrape, et vous désirez savoir ce qu'il c'est réellement passé. 

Lia était petite à cette période, et va chercher à comprendre pourquoi elle est vivante aujourd'hui et pas sa mère ni son frère. Le chemin qu'elle va parcourir et ce qu'elle va découvrir va être difficile à vivre et raviver des mauvais souvenirs pour elle mais également à son père. 
 
film Kwibuka, se souvenir réalisé par Jonas D'Adesk 
La quête de la vérité est parfois difficile à accepter, mais peut permettre de comprendre pourquoi la personne qui est toujours de ce monde grâce à la décision de son père, et qui jusqu'à alors n'avait jamais voulu avouer ses choix, lui minent la vie. 
 
L'histoire d'un homme, d'un fait, est parfois complexe, et si le Rwanda a réussi à se relever c'est grâce aussi avec la mise en place de tribunaux communautaires appelés "gacaca" qui permettent un dialogue entre rescapés et génocidaires. Il doit être difficile, peut être pour certains impossible, d'accorder la clémence, mais si on y arrive un futur pour vivre ensemble  est alors réalisable.
 
Ce long métrage aborde donc avec sincérité la quête de son identité mais aussi pose la question du pardon ou non.  

film Kwibuka, se souvenir réalisé par Jonas D'Adesk

Pour en savoir plus :

A propos du réalisateur

Jonas d’Adesky est un scénariste et réalisateur belgo-rwandais né à Bruxelles. Il grandit entre l’Europe et l’Afrique, au gré des missions de son père dans la coopération au développement, une expérience qui nourrit très tôt son regard sur le monde.

Après des études en sociologie puis en écriture de scénario, il réalise ses premiers courts-métrages autoproduits avant de se former à la réalisation en école de cinéma. À la sortie de ses études, il part en Haïti comme volontaire après le séisme de 2010. Cette expérience donnera naissance à son premier long-métrage, Twa timoun (Trois enfants), présenté en première mondiale au Festival de Toronto puis à la Berlinale, et primé au Trinidad & Tobago Film Festival.

En 2023, il tourne son second long-métrage, Kwibuka, se souvenir, au Rwanda. Le film poursuit actuellement son parcours en festivals, notamment à Angoulême, Cinémondes, War on Screen et au Red Sea International Film Festival.

Son cinéma explore les fractures sociales et la résilience contemporaine, en donnant une place centrale à des personnages souvent invisibilisés, à la croisée de la petite et de la grande histoire. Il développe actuellement deux nouveaux projets de longs-métrages, Papillon et Les sans nom.

film Kwibuka, se souvenir réalisé par Jonas D'Adesk

A propos des interprètes

Sonia Rolland est actrice et réalisatrice. Elle devient la première Miss France d’origine africaine en 1999. Née à Kigali d’une mère rwandaise et d’un père français, elle quitte le Rwanda avec sa famille avant le génocide de 1994 et grandit en Bourgogne dans des conditions modestes.

Après son sacre, elle se tourne vers le mannequinat puis le jeu d’acteur se formant notamment aux Ateliers de l’Ouest et au Studio Pygmalion. Elle débute au cinéma en 2002 et connaît un large succès avec la série Léa Parker sur M6. Elle poursuit ensuite une carrière riche entre cinéma et télévision, travaillant notamment avec Bertrand Tavernier ou encore dans la série Tropiques Criminels, qu’elle porte depuis 2019 sur France 2. 

Parallèlement, elle développe une activité de réalisatrice et documentariste. Elle signe notamment Rwanda, du chaos au miracle (2014) et Femmes du Rwanda (2018), consacré à la reconstruction du pays et aux parcours de femmes rwandaises, qui reçoit le Prix du Meilleur Documentaire Positif au Festival Cinéma Positif à Cannes.

En 2023, elle tient le rôle principal de Kwibuka, se souvenir, le second long-métrage de Jonas d’Adesky, présenté au Festival du Film Francophone d’Angoulême

Elle développe actuellement plusieurs projets de fiction et de documentaire, entre mémoire, transmission et récits de résilience.

film Kwibuka, se souvenir réalisé par Jonas D'Adesk

Jean-Hugues Anglade débute sa carrière avec L’Homme blessé, le film culte de Patrice Chéreau. Patineur dans Subway de Luc Besson, qu’il retrouvera dans Nikita, c’est 37°2 Le Matin de Jean-Jacques Beineix qui lui apporte la reconnaissance du public partout dans le monde

Il tourne Nocturne indien d’Alain Corneau puis plusieurs films en Amérique. En 1993, il retrouve Patrice Chéreau pour La Reine Margot, dont le personnage de Charles IX lui vaut un César. Enchaînant les succès de télévision avec le commissaire Adamsberg de Fred Vargas et Josée Dayan et le commissaire Eddy Caplan de Braquo d’Olivier Marchal, il revient au cinéma avec les grands succès populaires que sont Le Grand Bain de Gilles Lellouche et Super héros malgré lui de Phillippe Lacheau. 

Biographie sélective : Nellly et Monsieur Arnaud de Claude Sautet, Nuit d’été en ville de Michel Deville, Maladie d’amour de Jacques Deray, etc...

film Kwibuka, se souvenir réalisé par Jonas D'Adesk

Festivals et prix :

• Festival du Film Francophone d’Angoulême - Nouveaux Regards

• Cinémondes - Festival international du film indépendant

• War on screen - Perspectives

• Red Sea International Film festival - Favourites

• Kigali Cine Junction - Film d’ouverture

• Brussels International Film Festival (BRIFF) - Compétition nationale

• Afrika Film Festival Köl 

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 MA NOTE : 3.6/5

 

Crédits photos et vidéo : Les Alchimistes Films 


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