Critique film Dolly réalisé par Rod Blackhurst
Le film a été présenté en avant-première à Tribeca et à Deauville en 2023, où il a été salué par Variety, The New York Times et de nombreux autres médias.
Atomic Monster et Blumhouse ont récemment produit une adaptation en long-métrage de Night Swim, court métrage de Blackhurst sélectionné comme Vimeo Staff Pick en 2014, avec la nommée aux Oscars Kerry Condon et Wyatt Russell.
Réalisateur de Blood for lust ou encore du documentaire Netflix Amanda Knox, Rod Blackhurst n'en est pas à son coup d'essai. Mais avec DOLLY, il aborde une peur intime, comme il l'explique ici : "J’ai toujours été à la fois fasciné et profondément mal à l’aise face à l’idée que l’éducation se transforme en une chose monstrueuse. DOLLY est né de la crainte de ce qui survient lorsque le contrôle se substitue à l’amour, lorsque la protection maternelle bascule vers la possession. Le film puise ses racines dans des angoisses très concrètes liées aux traumatismes familiaux, et aux récits que nous imaginons pour parvenir à y survivre."
DOLLY a été présenté dans plusieurs festivals (FantasticFest, Sitges, PIFFF, Gérardmer) où il a à chaque fois emporté l'adhésion du public, en grande partie grâce à cette créature terrifiante, maternelle et dangereuse à la fois. Le réalisateur raconte sa genèse : "Nous avons imaginé Dolly avec beaucoup d’empathie. C’est un monstre mélancolique, clairement habité par un profond traumatisme. Dolly ne représente pas une simple pulsion sanguinaire. En enracinant sa violence dans le deuil et un désir inassouvi, elle devient à la fois profondément humaine mais aussi véritablement terrifiante. Cette tension la rend imprévisible, et c’est précisément ce qui lui permet de hanter durablement l’esprit du spectateur."
Rod Blackhurst le dit, il s'est beaucoup inspiré de réalisateurs qui comptent dans son panthéon personnel : Tobe Hooper bien sûr, mais aussi Alexandre Aja, Pascal Laugier ou Fabrice du Welz, des auteurs capables de rendre la peur émouvante.
Le film a été tourné avec un petit budget, au milieu des bois, et le travail du son a été important pour immerger toujours plus le spectateur dans l'horreur : "Nous voulions que ce monde soit à la fois tangible, et en décomposition. Comme un conte de fées abandonné sous la pluie. Le grincement des planchers, le souffle de Dolly derrière son masque, la pourriture et la poussière à l’intérieur de sa maison… Chaque son et chaque texture devaient rappeler que ce cauchemar pourrait être réel."
Un cauchemar autour d'un être brisé, devenu un monstre prisonnier de son manque d’amour, et cherchant un sens à sa vie. Car de l'avis de son créateur, si Dolly s'adressait au spectateur, elle chuchoterait probablement : "Je voulais juste une famille".
"C’est à la fois simple, tragique… et glaçant. Car dans son esprit, tout ce qu’elle a pu faire, elle l’a fait par amour. C’est ce qui la rend si humaine, et terrifiante." conclut Rod Blackhurst. *


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