Critique film documentaire Arcobaleno réalisé par Pablo Cirès
AU CINÉMA LE 12 AOÛT 2026
ARCOBALENO
Réalisé par Pablo Cirès
Distribué par Les Alchimistes Films
Genre : Documentaire
Origine : France
Durée : 1 h 21
Synopsis :
Depuis 50
ans, Iolanda est la reine de l'Arcobaleno, un dancing mythique au sud de
Rome, et tous les jours ses deux fils maintiennent tant bien que mal ce
lieu en vie. Face à un avenir fragile, Elisa, la petite-fille rêve
d’une deuxième vie pour l’Arcobaleno, mais convaincre le reste de la
famille s’avère plus compliqué qu’il n’y paraît.
Ma critique :
J'ai une grande passion pour l'Italie depuis que j'habite proche de ce pays et j'y suis très régulièrement. Est-ce pour cette raison que j'ai tellement accroché avec ce documentaire ? Sans doute aussi pour l'histoire familiale, car les italiens respectent beaucoup leurs anciens et prennent soin d'eux.
Cette ambiance d'un dancing créé il y a 50 ans et qu'une grand-mère, des frères, une petite-fille espèrent sauver de la faillite est très touchante.
En effet, L'Arcobaleno est une histoire de famille. Il y a accueille régulièrement des gens pour dîner, danser, passer un bon moment. L'un des frères est à l'accueil pour encaisser, quant à l'autre il est sur scène avec les musiciens et s'occupe de l'animation.
Il y a celles et ceux en cuisine et celles et ceux qui servent pour le plus grand bonheur des habitués bien souvent, car ce lieu qu'ils connaissent depuis toujours, change leur quotidien.
Quant à la mama, ne pouvant plus danser, ni même aider, mis à part moralement, se déplaçant avec un déambulateur, après s'être préparée, elle observe ce qu'il se passe et les gens viennent la saluer car elle est là depuis toujours et tout le monde la connaît et l'apprécie.
Les journées passent, la mama, Lolanda, est toujours entourée que ce soit pour regarder la télévision, jouer aux cartes avec elle ou autre...
Les frères, surtout Eminio fait les comptes et se rend à l'évidence qu'ils sont endettés et qu'il faut trouver une solution pour s'en sortir car cet endroit c'est toute leur vie et ils veulent sauver l'entreprise familiale. Elsa, la fille d'Erminio, tentent de trouver des idées mais faut-il encore qu'elles mènent quelque part.
L'autre frère Maurizio est malade et doit se faire opérer d'une oreille ayant une tumeur. Il est épuisé par la maladie mais surtout de travailler dans ses conditions.
Ce film est réalisé par un des neveux, Pablo, que l'on ne verra jamais et fait tout pour mettre en avant cette institution de la région.
Il est vrai que l'Arcobaleno tombe en ruine. Toujours des réparations à effectuer, de grosses averses qui inondent tout et les dettes qui s'accumulent.
Le réalisateur a pu filmer sans filtre toutes ces personnes puisqu'il les côtoient depuis son enfance. Au plus près, en 16:9, ce documentaire nous fait pénétrer dans la vie privée de cette famille et rien n'est occulté. Ils se montrent tels qu'ils sont et la simplicité qui émane de ce long métrage fait du bien.
Puisque l'Arcobaleno est un dancing, la musique est bien entendu omniprésente mais aussi lorsqu'ils vivent en dehors car ils apprécient les chansons populaires italiennes. Au travers de chansons, mais aussi des conversations entre les personnages il y a également beaucoup d'humour dans ce film.
Le tournage s'est déroulé sur 5 ans et de nombreux faits se sont produits. Même si ce lieu leur procure maintes problèmes, soucis, ils ne peuvent arriver à s'en détacher car en fait c'est toute leur vie qui se trouve ici et le perdre ce serait comme les amputer d'un morceau d'eux mêmes.
On s'aperçoit qu'avec le temps Elsa reprend la main, même si quelque part cela lui coute, mais c'est un héritage familial et si elle voit ses proches heureux elle l'est également et surtout elle peut prouver qu'une femme peut tenir les rênes de cet établissement avec des idées novatrices.
On ressent une ambiance particulière et parfois on a l'impression de faire partie de cette "troupe" qui ne vit que pour ce dancing.
Un documentaire qui transpire l'authenticité et qui pourtant bien de son temps nous amène parfois des dizaines d'années en arrière comme si tout était figé.
Pour en savoir plus :
A propos du réalisateur
Formé au cinéma documentaire à l’INA sup, Pablo Cirès travaille d’abord en tant qu’assistant de production à Yuzu Productions puis Kepler22 Productions. Entre-temps, il réalise son premier court métrage documentaire : Mamma, un film qui retrace le parcours et les derniers jours de sa mère.
Pablo poursuit son œuvre en s’intéressant au lieu qui est au cœur de l’histoire de sa famille italienne, là où chantait sa mère : le dancing Arcobaleno.
Arcobaleno - 2025 - 90’ produit par Les Films du Bilboquet & Les Alchimistes Première au festival Filmer le travail, Poitiers, 2026
Mamma - 2020 - 26’ sélectionné et diffusé dans le cadre de Images en bibliothèques









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