Alors que certaines jeunes filles marquent le passage de leurs premières règles par des
célébrations, d'autres le taisent ou le redoutent.
Moment charnière, ce film explore comment ce vécu redéfinit leur lien avec leur mère, entre
traditions, quête d'émancipation et libération des non-dits.
Une plongée sensible dans une diversité culturelle et émotionnelle.
A propos du film :
Ce film, qui aborde le sujet de manière
intime et personnelle, propose de déconstruire les stéréotypes et montre
les diverses façons dont les femmes, à travers le monde, vivent leur
féminité. « Le véritable enjeu politique et social réside dans
l’acceptation des menstruations comme une partie normale du cycle
féminin. Il s’agit de rendre visible la pluralité des expériences
féminines et de questionner la manière dont les sociétés, qu’elles
soient traditionnelles ou modernes, façonnent le rapport des femmes à
leur corps ».
Avec Premières Lunes,
Mélanie Mélot signe un film à la fois intime et politique, tourné sur
cinq continents du féminin : Rwanda, Sénégal, Québec, La Réunion et
France.
Entre rites ancestraux et modernité,
paroles retrouvées et tabous persistants, le film fait émerger ce que
les femmes n’ont jamais cessé de ressentir sans pouvoir le dire : le
sang comme mémoire, la cyclicité comme force.
À travers quatre portraits, le film traverse les frontières pour raconter la même expérience sous des visages multiples.
Les différentes protagonistes :
- OMBELLINE / FRANCE
Adolescente nantaise, passionnée de gymnastique et de chats, Ombelline vit ses règles avec détente et sérénité. Sa mère décide de marquer cette étape avec l'aide d'une "doula", pour créer une cérémonie intime au bords de la Loire. Dans un contexte rituel moderne ainsi que des ateliers pragmatiques sur le corps féminin, la " doula " tente de créer un moment précieux. Pour Fabienne la mère, ce moment devient une tentative de perpétrer leur complicité et de construire un dialogue intergénérationnel.
- SHAKIRA / RWANDA
Shakira, 14 ans, vit dans une campagne pauvre, là ou Vestine a passé son enfance. Aujourd'hui c'est un jour de danse et de peurs, car Shakira n'a jamais entendu parler du Gukuna et n'est absolument pas prête à vivre ce moment dans la case avec sa mère, devant une tante âgée. Pourtant, après les explications de sa mère et le rapide rituel elle retrouvera l'insouciance de son âge et repartira jouer au " facteur n'est pas passé ".
- KHAMALA / QUÉBEC
Khamala est la fille de Fay, une femme autochtone qui lutte pour reconnecter sa famille a des rituels ancestraux effacés par le colonialisme. Khamala, quant à elle, est fascinée par les réseaux sociaux et les faux cils, se montrant tantôt indifférente tantôt captivée par les traditions. Ses premières règles deviennent une occasion pour elle de participer à la danse de la lune, une grande fête organisée au cœur d'une réserve des Laurentides, au Ouébec. Cependant, lors de cette célébration, Fay réalise que cette fête n'est pas qu' autochtone : elle est largement ouverte aux non-autochtones et influencée par des pratiques modernes.
- PRYANKA / ILE DE LA RÉUNION
Jeune fille créole, Pryanka suce encore son Pouce. Son comportement oscille de façon marquée entre une enfance encore bien présente et les prémices de l'éveil de la femme en elle, donnant parfois l'impression de voir deux Pryanka différentes. Elle aborde le sujet des premières règles étonnante légèreté, affirmant qu'il est temps de normaliser cet événement. Sa mère, quant à elle, rejette les souffrances et les tabous liés au cycle menstruel qu'elle a connus à travers ses traditions. À l'inverse, la grand-mère paternelle de Pryanka souhaite célébrer ce passage avec fierté.
Ces quatre récits se répondent comme les phases d’un cycle. Chaque lune
éclaire un rapport au corps, à la mère, à la société. Et dans ce
tissage de voix, le film compose un grand récit du féminin : pluriel,
intime, universel.
A propos de la réalisatrice :
Mélanie Mélot est réalisatrice de documentaires depuis 2017, après plusieurs années passées comme photographe. Son parcours l'a
menée à explorer une grande variété de milieux : portraits d'artistes
et portraits de femmes, collaborations avec des marques, reportages de terrain.
C'est à l'occasion d'un projet photographique 100 % féminin, portant sur l'hypersexualisation et le conformisme autour du corps des femmes, qu'elle ressent les limites de limage fixe. Elle comprend alors que la photographie ne lui suffit plus pour transmettre toute l’émotion de ces récits: ce sont les mots, les voix, les trajectoires de ces femmes qui la traversent profondément.
Portée par son amour de la nature, du terrain et du sauvage, et de leurs gardien.nes , elle décide en 2019 de compléter sa formation un certificat d'études autochtones et en écriture de scénario. Mère de trois enfants non scolarisés jusqu'aux 15 ans de son aînée, c'est à la naissance de son dernier enfant - au cours de laquelle elle subit des violences gynécologiques - que sa colère devient un puissant moteur créatif.
Les injonctions imposées aux femmes sur la manière de gérer leur corps, leur santé gynécologique, leur autonomie, leur écoute de soi et la charge mentale quotidienne deviennent alors les fils conducteurs de ses films. Ses documentaires ne relèvent pas d'un militantisme extrême, mais d'une forme d'expression ancrée dans l'amour, la poésie et la tolérance, comme elle le décrit "sans tabous & sans frontières"
Mélanie cherche à inviter les femmes à se reconnecter à leurs cycles et à leur énergie féminine originelle. Pour elle, c'est en acceptant la cyclicité naturelle de notre être, plutôt qu'en tentant de répondre à une exigence de performance linéaire imposée par la société, que l'on peut mieux se connaître.
Vivre pleinement le passage des premières règles, comme porte d'entrée par la féminité, c'est apprendre à écouter son corps, à dire oui ou non en conscience, à se positionner, à s'affirmer. À devenir souveraine. d'un bout a l’autre du monde.
Inspirée
dès son plus jeune age par les grands reportages et les récits d
'exploration, elle grandit entre les pages de Terre Sauvage - son magazine préféré, auquel sa grand-mère était abonnée - et National Geographic. Elle préférait déja la désobéissance et les grands espaces des alpes aux salles de classe, convaincue que la vraie vie se trouve dehors, au contact du vivant .
Aujourd'hui elle travaille principalement avec des femmes, en lien avec différentes communautés à travers le monde. Son travail explore des thématiques liées aux rites de passage, à l’intimité, à la liberté et aux tabous.
Elle est l’autrice d'un livre "Les premières Lunes de ma fille" aux éditions Jouvence, et Premières Lunes est son premier long-métrage documentaire en tant qu'autrice-réalisatrice.
Ma critique :
Intéressant de réaliser sur ce sujet qui est encore parfois tabou.
On voit la transmission par la parole, ou non, de mère en fille. Comment le fait d'en parler à pu évoluer que ce soit en France ou dans le monde. Il y a des pays où avoir ses règles pour la première fois est un rituel auquel il faut se plier et parfois faire une fête. Si on peut le comprendre dans certains pays où les us se perpétuent, dans d'autres comme la France il ne faudrait pas que ce devienne un commerce !!!!
Les langues se délient, les femmes osent parler librement de la menstruation. On aime le nom qui est donné au titre mais aussi dans certains pays pour parler des saignements mensuels qui est Lunes.
Ce premier jour, quand le sang vient pour la première fois on devient femme ou du moins on quitte l'enfance pour aller vers un monde d'adulte.
Un documentaire authentique et qui nous montre la vie telle qu'elle est pour la gente féminine.
Pour en savoir plus, n'hésitez pas à vous rendre sur le site de Premières Lunes ou explications, livre et autres produits sont proposés ainsi que les dates et lieux des projections.
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