Avec : Mirociw Chilton, Carl-David Ottawa, Wikwasa Newashish-Petiquay, Oshim Ottawa, Jacques Newashish
Distribué par Vues du Québec Distribution
Genre : Drame
Origine : Canada
Durée : 1 h 43
Synopsis :
Le 26 juin 1977 un véhicule tombe dans une rivière entre Manawan et
Saint-Michel-des-Saints. Deux Québécois blancs s’en tirent, mais cinq
Atikamekw perdent la vie. Si la police conclut à un accident, pour les
familles des victimes, des questions demeurent sans réponse.
Ma critique :
Comment ne pas être outré, après avoir visionné ce film, par le manque d'implication de la police et de la justice.
Ce long métrage débute avec une petite interview des réels protagonistes, qui bien des années après cette histoire ne comprennent pas comment on n'a pu bâcler un tel fait.
1977, des personnes Atikamekw vont au bord de l'eau pour faire la fête et ils rencontrent deux jeunes québécois blancs mais on n'en sait pas plus.
Alors qu'ils devraient prendre la route pour aller danser, ils rencontrent une jeune fille de leur tribu, qui ne veut pas les suivre, mais qui plus tard ira où ils doivent se rendre avec son mari, mais ces derniers ne sont pas là.
En rentrant de la soirée, la police vient les chercher pour leur faire découvrir des corps dans une voiture dans l'eau. A bord 5 personnes mortes. Entretemps on voit les deux jeunes québécois se rendre à la police afin d'expliquer que la voiture est tombée à l'eau et qu'ils n'ont rien pu faire mis à part s'extraire.
On se rend vite compte qu'ils mentent car les 5 Atikamekw n'ont pas l'air d'être morts par noyades et ont des bleus et des coupures sur le corps. Il n'y aura pas d'autopsie et le médecin légiste déclarera qu'ils se sont bien noyés.
Ce drame, qui est tiré d'une histoire vraie est honteux, et on se demande pourquoi la police n'a rien fait ?
Tout au long du visionnage, la réalisatrice s’attelle à nous dévoiler l'histoire telle qu'elle s'est déroulée d'après les témoignages qu'elle a pu recueillir et à dévoiler les faits tels qu'ils sont.
Les indiens du nord américain ont toujours été des personnes
persécutées, ils ont été chassés de leur terre, aujourd'hui ils ne sont
toujours pas considérés, la preuve en est qu'à la suite d'une tragédie
pour ne pas dire assassinat de 5 personnes de leur communauté en 1977,
les différents intervenants police, médecins légistes n'ont pas agit comme ils auraient dû le faire pour constater les faits, et ont traité
l'affaire comme une noyade sans pratiquer d'autopsies et bien mener l'enquête afin de savoir quelles étaient les circonstances et la cause de ce drame.
Les
deux seuls rescapés de cette "noyade" sont, comme par hasard des blancs n'appartenant pas à cette tribu.
Malgré l'insistance de Marcel, l'un des membres de la
communauté, qui est interprète auprès de sa tribu et connaît bien le
système de la justice, pour apprendre la vérité, rien n'a été fait pour
élucider cette tragédie.
Le film retrace également des moments
entre rêves et réalité puisque les indiens pensent surtout aux esprits
qui les entourent et sentent leur présence.
Un long métrage-documentaire prenant qui prouve que l'injustice et le racisme ont souvent joué en défaveur des plus oppressés.
Ce film est inspiré des rêves et souvenirs des proches des victimes.
Pour en savoir plus :
A propos de la réalisatrice
Chloé Leriche est née à Montréal en 1974.
Autodidacte, elle scénarise,
réalise, monte et produit ses films depuis 1999.
Parallèlement, elle
participe à plus de 200 courts métrages en tant que cinéaste-formatrice
et accompagne des jeunes des Premières Nations dans la réalisation de
leurs œuvres à bord d’un motorisé nommé Wapikoni Mobile.
Son premier
long métrage, Avant les rues (2016), est né de ces rencontres.
À nouveau
produit en collaboration avec la communauté Atikamekw de Manawan,
Soleils Atikamekw réactualise un drame d’époque non élucidé depuis 1977.
Pourquoi voir ce film ?
Le retour d’une cinéaste d’exception : Après le succès international de Avant les rues (premier film en langue atikamekw), Chloé Leriche confirme son talent unique pour filmer l’intime et le sacré.
Une œuvre de guérison :
Plus qu'un film sur une tragédie, c'est un film sur la force des liens
familiaux et la résilience d'une communauté. Une œuvre lumineuse malgré
la douleur.
Un processus de création unique :
Le film a été construit sur plusieurs années avec les familles des
victimes et les habitants de Manawan, offrant une authenticité et une
émotion brute.
Une esthétique immersive : Une direction photo et une conception sonore remarquables qui transportent le spectateur au cœur du territoire et de l'âmeAtikamekw.
Les interprètes
Mirociw Chilton dans le rôle d’Angèle Petiquay
Mirociw Chilton est née en 2009, à La Tuque.
Atikamekw originaire de Wemotaci, son intérêt pour le jeu commence dès le primaire et elle fait de l’art dramatique en première secondaire a la polyvalente Chavigny. En 2021, elle participe au tournage de Laissez-nous raconter de Kim O’Bomsawin avant de décrocher le rôle d’Angèle.
Pour en savoir plus sur Angèle Petiquay
C’est au contact d’Angèle que l’idée de Soleils Atikamekw est née. Angèle est la sœur de Denis Petiquay, une des cinq victimes. Elle était adolescente au moment du drame. Avec son amie Rose-Anna Niquay, elle a été très active pour forcer la Sureté du Québec à rouvrir l’enquête sur la disparition des cinq victimes de 1977. La SQ a cédé aux pressions des familles en 2016. L’Enquête nationale sur les femmes et filles autochtones disparues et assassinées était entamée, et un des membres des familles, Daniel Petiquay, allait y être entendu.
Wikwasa Newashish-Petiquay dans le rôle de Martha
Wikwasa Newashish-Petiquay est née en 1998. Originaire de Manawan, elle a complété un certificat en arts et nouveaux médias à l’Université du Québec a Trois-Rivières. Elle a participé a l’exposition collective Tapiskwan Sipi, la rivière de l’enfilée d’aiguille, une série d’œuvres éphémères présentées le long de la rivière Saint-Maurice dans le cadre de la biennale nationale de sculpture contemporaine de Trois-Rivières.
Wikwasa Newashish est la petite-fille de Cesar Newashish, le protagoniste du fameux film de l’ONF César et son canot d’écorce de Bernard Gosselin.
Martha Ottawa est née en 1952. Elle était présente avec son mari Philippe lors du repêchage du véhicule dans la Rivière-du-Milieu le 26 juin 1977. Le témoignage de Martha Ottawa est au cœur des recherches qui ont mené à Soleils Atikamekw.
Carl-David Ottawa dans le rôle de Sauterre
Carl-David Ottawa est le fils de David-Marcel Ottawa et le voisin de Sauterre Flamand dont il interprète le rôle dans Soleils Atikamekw. Il est pompier et guide touristique a Manawan.
Il est impliqué dans Tapiskwan Sipi, des expéditions de canot-camping pendant lesquelles il retrace les trajets des anciens, avec des adolescents des trois communautés Atikamekw du Quebec.
Oshim Ottawa dans le rôle de Philippe
Oshim Ottawa est né en 1997. Musicien originaire de la communauté Atikamekw de Manawan, il fonde en 2013 le groupe électro Red Rockerz avec son cousin Louis-Philippe Moore. Le groupe connait un succès immédiat sur les réseaux sociaux et les deux cousins font plusieurs vidéos avec le Wapikoni Mobile. Il interprète le rôle de l’oncle de son père dans Soleils Atikamekw.
Philippe Flamand (1947-2017)
C’est à Philippe Flamand que les policiers de la SQ ont demandé d’identifier les corps repêchés le 26 juin 1977. C’est ainsi que le jeune homme d’à peine 20 ans s’est retrouvé devant les corps de ses amis et de sa belle-sœur, une mère de famille de dix enfants.
Jacques Newashish dans le rôle de Marcel
Né a La Tuque, en 1958, Jacques Newashish est un artiste pluridisciplinaire reconnu au sein de sa Nation et plus largement dans l’ensemble de l’écosystème autochtone. Jacques Newashish a participé à plusieurs pièces de théâtre et projets cinématographiques. Comme acteur, on l’a vu dans Avant les rues, de Chloé Leriche, Hochelaga terre des âmes, de François Girard, et Bootlegger, de Caroline Monnet. Au théâtre, on a pu le voir dans la pièce Eskomina et dans Vol au-dessus d’un coucou, présenté au Théâtre du Rideau Vert.
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