LA FEMME QUI EN SAVAIT TROP
Titre original : Shahed
Réalisé par Nader Saeivar
Scénario : Jafar Panahi, Nader Saeivar
Distribué par Jour2Fête
Genre : Drame
Origine : Allemagne, Iran
Durée : 1 h 40
Sortie en salle le 27 août 2025
Synopsis :
En Iran, Tarlan, professeure de danse à la retraite, est témoin d’un
meurtre commis par une personnalité influente du gouvernement. Elle le
signale à la police qui refuse d’enquêter. Elle doit alors choisir entre
céder aux pressions politiques ou risquer sa réputation et ses
ressources pour obtenir justice.
Ma critique :
Encore
une fois un film Iranien qui dénonce les faits qui peuvent se produire
dans ce pays. Tourné clandestinement, le réalisateur a dû fuir son pays
quelques mois plus tard.
Tarlan
ancienne professeure a "adopté" si l'on peut dire une jeune femme qui a
perdu sa mère et a qui elle avait promis de s'occuper d'elle. Cette
dernière a une fille Ghazal et elles pratiquent la danse puisque la mère
dispense des cours.
Son
mari voit d'un mauvais œil que sa femme donne des leçons et lui demande
d'arrêter. Tarlan qui vient aider Ghazal à la maison, voit un jour le
mari Solat lui demander de l'aider afin que sa femme reste à la maison.
Cette
dernière est régulièrement frappée par son époux mais lui dit de même.
Un jour on va la retrouver morte mais Tarlan a vu quelque chose et
décide de ne pas se taire et de faire bouger les choses. La suite ne va
pas être aisée pour elle.
Le
film dénonce des événements, ici fictifs, et montre bien la pression
psychologique qu'exercent surtout les hommes, mais aussi des femmes
restées enfermées dans une idéologie sans nom et qui imposent à d'autres
citoyennes de porter le voile lorsqu'elles sont dans la rue. Elles
iraient jusqu'à dénoncer une autre personne et il vaut mieux se méfier
de tout le monde.
Quant
au fils de Tarlan, qui se trouvait en prison, mais qui a été libéré
grâce une caution donnée par Solat le mari, il se laisse acheter et ne
fait rien pour aider sa mère.
Tarlan, mis à part quelques amies, et la jeune Ghazal se sent bien seule et surtout démunie afin de prouver quoi que ce soit.
Lorsqu'elle
décide d'agir par un moyen radical, la jeune Ghazal va lui prouver que
la lutte peut continuer autrement, sans risquer de se faire tuer ou
d'aller en prison, et l'on comprend que le réalisateur met bien en avant
le mouvement "Femme, Vie, Liberté", pour preuve il faut regarder le
générique vous comprendrez.
Outre
le fait que certaines femmes refusent de porter le Hijab pour exprimer
leur liberté, on voit une colère qui couve chez certaines et qui grandit
dans ce pays où la gente féminine n'a pas son mot à dire et est bien
souvent privée de nombreux droits.
Tarlan, interprétée par la très juste Maryam Boubani, qui a osé joué dans ce film, est une actrice célèbre dans son pays.
Cependant comme le cite le réalisateur :
" Lors
du début du mouvement « Femme, Vie, Liberté », elle a été l’une des
premières à retirer son hijab et à déclarer qu’elle ne voulait plus le
porter. D’autres actrices ont suivi son exemple, et elle devenue un
symbole de ce mouvement. Les actrices en Iran se divisent : certaines
veulent jouer sans hijab, d’autres seulement avec".
De plus, suite à ce long métrage, toujours d'après les dires de Nader Saeivar il faut savoir que "... elle
est constamment convoquée pour des interrogatoires par les services
secrets. De plus, il y a quelques mois, quelqu’un a volé son téléphone
juste devant le bâtiment des services secrets".
Vivre,
survivre dans ce pays n'est pas chose aisée, il faut en vouloir et
avoir la trempe qu'ont certaines femmes, et même si certaines doivent
payer de leur vie, pour elles la liberté n'a pas de prix et la lutte
continue tant que l'on continuera à dénoncer ces choses affreuses qui se
déroulent là bas.
Pour en savoir plus :
A propos du réalisateur
Nader Saeivar est né en 1974 à Tabriz, en Iran.
Après avoir obtenu une maîtrise en sémiotique cinématographique à l’Université de Téhéran, il commence à réaliser des courts métrages en 1992. Depuis, Nader Saeivar travaille à la fois comme scénariste et réalisateur.
Il
a remporté le Prix du meilleur scénario à Cannes 2018 pour TROIS
VISAGES réalisé par Jafar Panahi et a eu des films sélectionnés dans
plusieurs festivals internationaux comme la Berlinale (avec NAMO, 2020)
et le Festival international dufilm de Busan (avec NO END, 2022).
En outre, il enseigne le cinéma dans divers instituts et universités.
LA
FEMME QUI EN SAVAIT TROP est son troisième long métrage. Le film a
remporté le Prix du Public, à la Mostra de Venise - Orizzonti en en 2024
et au Festival International des Cinémas d’Asie de Vesoul en 2025.
A propos de l'interprète principale
Maryam Boubani, comme citée plus haut est une activiste du mouvement "Femme, Vie, Liberté". Actrice iranienne connue et reconnue, elle a une filmographie telle qu'il est impossible de tout citer.
Elle a débuté dans les années 1995, et parmi ses films les plus récents on notera Mothering, Heart of darkness, Rainbow's tale.
Festivals & Prix :
Prix du public, Orizzonti Mostra Venise 2024
Prix du public, Festival de Vesoul 2025
MA NOTE : 3.8/5
Crédits photos et vidéo : Copyright @ Arthood Films, Golden Girls Film, Sky Films - Jour2Fête
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