Critique film Love on trial réalisé par Koji Fukada
AU CINÉMA LE 25 MARS 2025
LOVE ON TRIAL
Titre original :
Renai saiban
Réalisé par
Koji Fukada
Scénario : Kōji Fukada
Avec : Kyoko Saito, Yuki Kura, Yuna Nakamura, Kenjiro Tsuda, Miyu Ogawa, Mitsuki Imamura, Hinano Sakura, Kenjiro Tsuda, Erika Karata
Distribué par Art House
Genre :
Drame, Musical, Romance
Origine : Japon
Durée : 2 h 02
Synopsis :
Jeune idole de la pop en pleine ascension, Mai commet l’irréparable :
tomber amoureuse, malgré l’interdiction formelle inscrite dans son
contrat. Lorsque sa relation éclate au grand jour, Mai est traînée par
sa propre agence devant la justice. Confrontés à une machine implacable,
les deux amants décident de se battre pour défendre leur droit le plus
universel : celui d’aimer.
Ma critique :
Elles sont 5 jeunes filles mignonnes, elles sont membres du même groupe musical Happy Fanfare, et font partie d'une industrie sans pitié.
Managées de main de maître, elles doivent porter les vêtements qu'on leur impose, chanter ce qu'on leur dicte, faire des tournées, et respecter d'autres règles assez strictes comme celles de ne pas fréquenter de jeunes garçons car elles doivent rester accessibles pour leur fan.
Alors qu'elles vont de scène en scène, rencontrent par la suite les garçons pour la plupart amoureux d'elles, afin de leur signer des autographes d'après concert et poser pour des photos, on se rend compte de l'industrie qui règne. En effet, ces jeunes hommes font la queue en achetant des goodies et peuvent par la suite rencontrer leurs idoles.
On s'aperçoit lors d'une soirée, que l'une d'entre elles fréquente un jeune homme. Lorsque des images vont être dévoilées elle va devoir faire un choix.
Mai, qui elle-même a retrouvé par hasard un garçon qu'elle a connu à l'école, bien qu'elle ait toujours voulu faire partie d'un groupe et être sur scène, comprend qu'elle a peut être fait fausse route mais il va lui falloir trouver la voie qui lui correspond le mieux et surtout ne pas avoir de regret.
Ce milieu que le réalisateur nous dévoile est assez impitoyable. Elles rêvent toutes de devenir "Idol" mais derrière ce mot se cache une industrie et des règles strictes sont appliquées aussi bien pour leur carrière mais aussi par rapport au cachet qu'elles reçoivent. Il prouve aussi que les femmes dans la société japonaise sont encore loin d'avoir le même statut que les hommes.
Elles doivent se montrer exemplaires, toujours parfaites, agréables avec leurs fans et surtout ne pas les fréquenter. Elles sont là pour faire vendre aussi bien les albums, mais aussi tous les produits dérivés qui font rentrer l'argent.
Le film porte donc sur le fait que les jeunes filles, malgré leur statut peuvent avoir des sentiments, et lorsqu'une d'entre elles fait le choix du garçon, les agents ne vont pas être tendres et vont aller jusqu'à réclamer des dommages et intérêts. Avec des managers sans scrupules, il ne faut pas quitter la route qui leur est imposée et qui doit rester toute tracée.
On se rend compte que nous sommes dans le cas présent dans un monde impitoyable. Même si les jeunes filles tentent de se soutenir, elles ne veulent pas perdre leur statut d'"Idol".
Koji Fukada aborde largement les dessous de cette grosse machinerie. Les chanteuses doivent se montrer pures, avoir une éthique, être moralement irréprochables.
Le réalisateur a fait le bon choix en retenant Kyoko Saito, qui justement venait de quitter le groupe dans lequel elle se trouvait, et malgré le fait que dévoiler les dessous de ce monde pouvait lui être préjudiciable, elle s'est donnée à fond et elle livre une performance incroyable.
Les rouages de cette industrie sont bien huilées, mais avec ce film, peut être que les mentalités pourront évoluer, c'est d'ailleurs ce que souhaite le réalisateur.
Pour en savoir plus :
A propos du réalisateur
Kōji Fukada est né en 1980 à Tokyo.
En parallèle de ses études de Littérature à l'Université Taisho, il suit des cours de cinéma à la Film School of Tokyo.
Après avoir réalisé son premier long métrage La Grenadière, il rejoint en 2005 la compagnie de théâtre Seinendan dirigée par Oriza Hirata. Kōji Fukada réalise Hospitalité en 2010 suivi d’Au revoir l'été (2013). Son film Harmonium remporte en 2016 le Prix du jury - Un Certain Regard à Cannes.
En 2018, Kōji Fukada est fait Chevalier de l'Ordre des Arts et des Lettres en France. En 2020, il revient en sélection officielle à Cannes avec Suis-moi je te fuis, Fuis-moi je te suis. Love Lifea été présenté en Compétition Officielle à la Biennale de Venise en 2022.
Le réalisateur est revenu en 2025 à Cannes en Sélection Officielle avec Love on Trial.
Note d'intention
" Ces dernières années au Japon, plusieurs affaires ont eu lieu dans lesquelles des jeunes filles qui étaient des idoles en activité ont été poursuivies en justice par leur agence pour avoir violé la clause de « non-relation » de leur contrat.
Dans l’une de ces affaires, le tribunal a condamné la jeune fille à payer plusieurs centaines de milliers de yens de dommages et intérêts. Le tribunal et le juge ont estimé que « le travail d'une idole consiste à accroître sa communauté de fans et que la clause de non-relation est un moyen légitime de préserver la réputation de pureté de l'idole ». Lorsque j'ai entendu cette histoire, je me suis posé de nombreuses questions sur les paradoxes inhérents à l'ensemble du système. Dans une société japonaise dominée par les hommes, il semblerait que les gens aient accepté que la mise en scène d'une belle jeune fille comme objet sexuel pour les hommes soit tout à fait acceptable et que, pour ce faire, il soit parfaitement naturel d'ignorer une liberté humaine élémentaire et fondamentale, à savoir le droit d'aimer qui l'on veut. Les gens ont beaucoup parlé de la nécessité de préserver la « pureté » des idoles et le juge a même mentionné cet aspect dans sa décision, mais peu de gens ont souligné le fait que cette idée de la fille vierge, sorte d'objet sexuel fétichiste, était un fantasme masculin et que les attentes à ce sujet ne sont pas les mêmes pour les pop stars masculines. Cette perception de la pureté et de la virginité des idoles révèle la portée du pouvoir masculin, et la violence sous-jacente de ce contrôle, dans la société japonaise.
Après ma première réaction de colère face à l'incohérence et à l'hypocrisie morale de cette affaire, j'ai commencé à penser aux deux jeunes gens concernés. Critiquée par le public et les médias, la jeune fille se voit désormais punie par la société patriarcale, qui a pourtant construit son rêve : devenir une idole. La façon dont son petit ami a lui aussi été condamné par les médias m’intéressait également.Quelles étaient les pensées de ces deux personnes lors de leur procès ? Je crois qu’ils ont été conduits à se battre contre la société, mais également à réexaminer leur propre position. À travers le portrait de ces jeunes amoureux, le film illustre la solitude et les défis auxquels les gens sont confrontés lorsqu'ils osent se lever et se battre pour leur vie contre un système social vicieux déterminé à se moquer d'eux et à les briser.
Je voulais dépeindre le plus honnêtement possible la façon dont leur amour naît et s'achève. Je souhaitais révéler à travers ce film les profondes inégalités de genre et les injustices de la société japonaise dominée par les hommes. Le mouvement #MeToo en Amérique et en Europe a révélé l’universalité de ce problème. Bien que le film porte sur la culture japonaise des idoles, qui présente de nombreux aspects spécifiques, je ne doute pas qu'il résonnera dans de nombreux pays". - Koji Fukada
Kyoko Saito est une jeune actrice japonaise. Elle est également mannequin, chanteuse, présentatrice et a plusieurs cordes à son arc.
Elle a justement fait partie d'un groupe musical nommé Hinatazaka 46 pendant quelques années.
On a pu la voir à la télévision japonaise dans Re:Mind, Muddy dining table, Suscpitious Partner et Sudden marriage.
Quant au cinéma elle a joué dans Love song.
Très à l'aise sur scène elle l'est tout autant dans le rôle de Mai.
MA NOTE : 3.6/5
©2025 “Love On Trial” Film Partners - Art House










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