
AU CINÉMA LE 6 MAI 2026
THE WORLD OF LOVE
Titre original : se-gye-ui ju-in
Réalisé par Yoon Ga-eun
Scénario : Yoon Ga-eun
Avec : Seo Su-bin,
Chang Hyae-jin,
Kim Jeong-sik,
Kang Chae-yun,
Lee Jae-hee,
Kim Ye-chang Distribué par The Jokers Films
Genre : Comédie dramatique
Origine : Sud Coréen
Durée : 1 h 59
Synopsis :
Joo-in est une lycéenne espiègle et appréciée de tous. Un jour, un
camarade de classe lance une pétition que tous les élèves signent, sauf
elle. Son monde, en apparence paisible et insouciant, dissimule un passé
douloureux auquel Joo-in est alors contrainte de faire face. Mais loin
de se laisser enfermer, elle choisit d’avancer et de se réinventer.
Ma critique :
Joo-in lycéenne
semble bien dans sa peau et sa tête, mais en réalité ce n'est qu'une apparence qu'elle se donne, car elle profondément marquée par ce qu'elle a pu subir étant plus jeune et a parfois des gestes qui démontrent qu'elle n'a pas totalement occulté un fait marquant de sa jeunesse.
Elle se défoule beaucoup soit en se bagarrant, ou en se rendant dans le taekwondo, qui lui permet de se libérer de cette colère et ce mal-être.
Un jour, un camarade de classe va lui demander de signer une pétition contre la libération d'un violeur qui a sévi dans le quartier et qui doit revenir vivre près de leur collège. Elle va refuser en disant qu'il y a des termes qui ne lui plaisent pas, ou du moins avec lesquels elle n'est pas d'accord, et elle demande à ce que certaines phrases soient changées. Le jeune homme ne veut pas, ils se chamaillent et finissent par être convoqués par des responsables.
Elle ne va plus être regardée de la même manière par les autres, certaines de ses copines vont lui tourner le dos et elle va trouver sur son pupitre de classe des bouts de papier avec des phrases qui lui font mal.
Heureusement elle fait partie d'une association, ou d'autres personnes ont vécu la même chose et elle y trouve refuge.
Elle fréquente des garçons mais n'est pas stable dans ses relations.
On va mieux comprendre par la suite ce mal qui la ronge et pourquoi elle persiste dans le fait de ne pas vouloir adhérer à cette pétition.
Ce long métrage aborde le sujet de l'inceste, des viols subit par des jeunes
filles ou garçons. Parfois même s'ils sont courants, les parents se taisent ou n'agissent pas par rapport aux actes que leurs enfants ont pu endurer. Parfois, dans certains cas, ils préfèrent fuir pour ne pas faire face
à la réalité. D'autres par contre sont à l'écoute et agissent afin que leur enfant aille mieux.
On s'aperçoit que la Corée doit encore évoluer par rapport à ces crimes sexuels et que le patriarcat règne encore beaucoup.
Joo-In est une jeune fille forte, qui tente d'aller de l'avant et c'est ce qui lui permet de se reconstruire aidée par sa mère, malgré le fait qu'elle soit alcoolique, et par son petit frère qui malgré son jeune âge soutient complètement sa sœur et a tout compris, plus que ce qu'elle croit.
La réalisatrice a voulu parler des adolescents, mais aussi présenter Joo-In comme une jeune fille qui donne l'apparence d'aller bien dans sa peau. Elle fait le pitre, est une meneuse et aime les sports de garçons. On ne peut pas forcément se douter, mis à part quelques comportements, ce qu'elle a pu subir et c'est donc subtilement que Yoon Ga-Eun nous amène vers cette triste réalité de ce qui lui est arrivée plus jeune.
Au niveau de la réalisation son film est bien construit, sans temps mort, il nous montre la jeunesse d'aujourd'hui et nous emporte durant près de 2h.
Les interprètes sont tous très bons et l'on peut noter, que pour son premier film, Su-bin Seo est fort crédible et joue avec brio.
Grâce à Joo-In dans ce long métrage, on va s'apercevoir que malgré un fait tragique, cette jeune fille a eu le courage de parler à certaines personnes, d'avancer et que rien n'est jamais perdu si l'on veut se montrer plus fort que celle ou celui qui nous a fait du mal.
Une belle leçon de vie à méditer pour montrer que toute épreuve, en ne la ressassant pas sans arrêt peut être surmontée même si l'on souffre parfois encore intérieurement.
Pour en savoir plus :
A propos de la réalisatrice
Yoon Ga-eun est née le 15 février 1982 en Corée du Sud. Elle se fait rapidement remarquer à l’international grâce à ses deux courts métrages : Guest (2011), premier film asiatique à remporter le Grand Prix du Festival de Clermont-Ferrand et Sprout (2013) récompensé de l’Ours de cristal dans la section Generation Kplus au Festival de Berlin.
En 2016, elle réalise son premier long-métrage The World of Us sélectionné dans plus de 30 festivals à travers le monde et récompensé à de nombreuses reprises. Elle confirme sa place parmi les figures majeures du cinéma coréen avec The House of Us (présenté au BFI London Film Festival), salué unanimement par la critique et le public.
Son troisième long métrage, The World of Love (2025) poursuit ce parcours international : sélectionné dans plus d’une vingtaine de festivals, il a reçu plusieurs distinctions dont la Montgolfière d’or au Festival des 3 Continents de Nantes.
Fort de 200 000 entrées en Corée, le film est devenu le plus gros succès du cinéma indépendant coréen en 2025. La réalisatrice a obtenu le soutien de grandes figures du cinéma asiatique tels que Bong Joon-ho, Kim Jee-woon, Kore-eda Hirokazu, Park Chan-wook, Jia Zhangke, Yeon Sang-ho, Kim Tae-ri ou encore Greta Lee. Bong Joon-ho l’a notamment incluse dans sa sélection des « 20 réalisateurs à suivre dans les années 2020 » publiée par le magazine Sight & Sound, en la qualifiant de « l’une des réalisatrices coréennes les plus passionnantes de sa génération.
Festivals :
Montgolfière d'or - Festival des 3 Continents de Nantes
Festival de Toronto - sélection Plateform
MA NOTE : 3.8/5
© THEWORLDOFLOVE - 2025 - BARUNSONE & A - SEMOSI -VOL MEDIA - The Jokers Films
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