Toni
retrouve la liberté, travaille dans le bar de son oncle et retourne
vivre chez sa mère Betty, avec qui
les relations sont tendues. Cette dernière a élevé Anna, la fille
qu’elle a eue avec Max, son amour d’enfance, pour lequel elle est allée
en prison. Toni devra faire preuve de combativité pour se
libérer d’un environnement toxique et prendre sa place en tant que mère
et femme libre...
Ma critique :
Début du film, quelques images de 3 jeunes enfants en haut d'un phare, puis adolescents qui commettent un méfait dans un port de nuit.
Des années plus tard, Toni, rôle tenu par Noée Abita, sort de prison. A sa sortie, après x années, Max, un des ados qu'elle a fréquenté et avec qui elle faisait les quatre cents coups, et père de sa fille, est présent à l'attendre. Il la ramène chez sa mère Betty qui s'est chargée d'élever la fille de Toni. Cette dernière veut retourner dans le droit chemin, élever sa fille Anna mais rien ne va se dérouler comme prévu.
Elle va travailler chez son oncle Franck, frère de sa mère, comme serveuse.
Malgré l'insistance de sa mère, elle continue de fréquenter Max, qui voudrait vivre avec elle et voir sa fille, mais après un fait qui va tout bouleverser, la vie de Toni va de nouveau être chamboulée et elle va devoir faire des choix.
La réalisatrice aborde largement les rapports entre trois femmes : Toni, sa mère Betty et Anna fille et petite fille.
Toni n'a plus envie de vivre avec sa mère et voudrait élever seule sa fille mais pour le moment c'est impossible car il lui faut subvenir à leurs besoins et que la petite ne soit pas déstabilisée.
Elle a du mal à s'entendre avec sa mère qui ne voit pas l'avenir de la même manière qu'elle et a quelque peu pris "possession" d'Anna durant les années de cellules de Betty.
La petite est prise entre deux feux et il est impossible de demander à une enfant de choisir et de changer de vie du jour au lendemain. De plus, Anna a son père, qu'elle ne connaît pas bien mais qui existe et dont Toni à dû mal à se détacher.
Il va falloir beaucoup de volonté, de courage à Toni pour s'imposer et ne pas retomber dans des travers qui l'ont mené sur une mauvaise voie.
On va voir l'évolution de Toni qui après sa sortie de prison est encore quelque peu inconsciente et petit à petit elle va mûrir et comprendre qu'elle doit avancer et grandir ne serait-ce que pour sa fille.
Noée Abita porte sur ses frêles épaules ce rôle et elle s'en sort magistralement bien. Après des personnages comme dans le roman de Jim, Les passagers de la nuit, dans ce long métrage elle a des côtés garçon manqué car elle aime faire de la moto, mettre les mains dans le cambouis, démonter et monter des moteurs et est encore une rebelle.
Pascale Bussières, dans le rôle de la mère de Toni, est excellente également. D'une froideur sans égal, elle est partagée entre l'amour de sa fille à qui elle ne veut rien montrer de ses sentiments, mais surtout envers sa petite fille Anna qu'elle ne veut pas perdre.
Quant à Oliver Gourmet, comme à son habitude il est égal à lui-même et sa prestation d'oncle, pas toujours très net vis à vis de la loi, lui va comme un gant par sa manière d'être.
On peut parler de film noir, car la réalisatrice, outre le fait d'aborder un sujet sur les relations entre trois femmes, penche du côté polar avec des mafieux, de la drogue, des trafiquants.
Tourné aussi bien de jour que de nuit, avec l'ambiance dockers, des cascades, et la mer qui n'est jamais bien loin.
En effet, c'est au bord de la mer du Nord que Vanja D'Alcantara nous entraîne et ces paysages parfois tourmentés, avec un phare qui revient régulièrement, s'intègrent parfaitement au film.
Cap Farewell nous fait voyager par la pensée de Toni qui rêve d'ailleurs en énumérant différentes villes dont celle du titre, mais il ne faut pas toujours aller loin pour trouver un autre ailleurs.
Un film sur la réinsertion d'une jeune fille qui devient femme, sur la volonté de s'en sortir, qui montre trois générations et qu'avec de la patiente et de la ténacité tout est toujours possible.
Pour en savoir plus :
A propos de la réalisatrice
Vanja d'Alcantara, née à Bruxelles, étudie l’Histoire, puis la réalisation cinéma. D’un voyage à l’autre, elle développe ses projets : un documentaire La Tercera Vida (2005 ) qu’elle tourne dans une prison en Espagne, un court-métrage Granitsa (2006) dans le transsibérien en Russie.
Beyond the steppes, son premier long-métrage (2010), récit intime d'une jeune femme polonaise déportée en Sibérie pendant laseconde guerre mondiale, est inspiré du vécu de sa propre grand-mère.
Son deuxième long-métrage Lecœur régulier, d’après le roman d’Olivier Adam, est tourné sur une île perdue au Japon, avec IsabelleCarré, Niels Schneider et l’acteur japonais Jun Kunimura.
CAP FAREWELL, film noir au féminin est son troisième long-métrage.
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