Critique The ugly réalisé par Yeon Sang-ho
On peut d'ailleurs se poser la question, puisqu'il est question ici de traiter une femme de laide, qu'est-ce qui est beau ou qu'est-ce qui ne l'est pas.
Pourquoi la soi-disant disgrâce d'une personne peut-elle amener les gens à se moquer et mépriser cet humain qui n'y est pour rien et qui cherche à tout pris à s'intégrer dans la société en travaillant.
Dans ce film de nombreuses personnes rejettent cette femme et profitent de leur statut pour la rabaisser et lui faire subir tout un
tas de brimades afin de l'humilier.
Cette personne va tout de même trouver de la compréhension auprès d'un non voyant qui sculpte des sceaux dont
la qualité du travail est reconnue. Elle se mariera avec lui, ils auront
un fils, mais un jour elle disparaîtra sans que personne ne s'inquiète
de cette disparition.
C'est à l'aide de flashbacks que nous découvrons cette histoire exaltante et qui nous questionne pas mal.
Yeon Sang-ho aborde largement différents thèmes comme la soi-disant différence, mais aussi la Corée du Sud à un moment clé de son histoire.
On apprécie les décors et le souci des détails et l'authenticité des décors qui ont été reconstitués.
La lumière est superbe et pour les scènes antérieures on découvre une palette de couleurs plus dans le rétro. Quant à la musique de Chai Min-joo, elle apporte un réel plus à ce film .
Les interprètes sont tous excellents et au travers de leurs émotions une certaine force se dégage de cette œuvre.
Le réalisateur arrive à nous captiver et jusqu'au bout ne nous montrera pas le visage de cette femme soit disant laide. On s'interroge, on voudrait savoir, on aimerait la voir, notre réflexion est poussée loin, et sous forme de thriller il nous dirige vers une fin efficace et lourde de sens.
Pour en savoir plus :
A propos du réalisateur
Né le 25 décembre 1978 à Séoul, Yeon Sang-Ho a d’abord travaillé dans l’animation avant de fonder en 2004 son propre studio, Studio Dadashow.
Après plusieurs courts-métrages, il se fait connaître grâce à The king of pigs, premier film d’animation sud-coréen sélectionné à la Quinzaine des cinéastes à Cannes. Passé aux prises de vues réelles, Yeon se distingue par un cinéma audacieux, sa capacité à mêler des genres (animation, horreur, thriller, science-fiction) et par une profonde volonté d’explorer les travers de la société contemporaine.Devenu une figure majeure du cinéma de genre sud-coréen grâce au succès de Dernier train pour Busanet de Peninsula, Yeon peut se targuer d’avoir su créer un cinéma sans frontières, nourri d’imagination, de monstres et d’humains parfois pires. The Uglyest l’adaptation de son tout premier roman graphique, Face (2018) –une œuvre qu’il rêvait depuis longtemps de transposer à l’écran.« C’est bouleversant et profondément émouvant de voir The Uglysortir en salles de cette manière. Parmi tous mes films, c’est sans doute celui qui me tient le plus à cœur. » *
Note d'intention du réalisateur
" À l’origine de The Ugly, il y a le désir de fabriquer un film qui fasse allégorie d’un moment clé de l’histoire contemporaine de la Corée du Sud. J’ai souhaité m’attarder sur ces années 1970, profondément marquées par une idée centrale : la « croissance » devenue presque obsessionnelle dans son influence sur la société.C’est ainsi qu’est né le personnage du père, Im Yeong-gyu, qui, malgré sa cécité, est parvenu à se faire un nom dans le domaine des arts visuels. La manière dont il a surmonté son handicap l’élève au rang de figure symbolique de cette époque de fort développement économique.À l’inverse, j’ai imaginé la mère, Jung Young-hee, comme un agent révélateur. Elle est victime de la haine et des préjugés qui accompagnent cette période de prospérité, dissimulés sous un récit national qui n’a que les mots « réussite », « succès » et « rendement » à la bouche.L’histoire a véritablement pris forme avec le fils de ces deux personnages, Im Dong-hwan, qui tente de percer le mystère entourant le décès de sa mère –un événement gardé sous silence pendant plus de quarante ans.En définitive, The Uglyest l’histoire d’un visage que nous avons collectivement choisi d’effacer. C’est un miroir qui est tendu à tous ceux qui ont vécu et profité du faste de cette époque.J’espère que cette figure, qui traverse immanquablement le film, laissera une impression durable et saura susciter le questionnement chez celles et ceux qui la découvriront. " - Yeon Sang-ho *
The Uglyse déroule en partie dans une Corée du Sud en pleine mutation, le pays basculant dans une croissance fulgurante au début des années 1970. Portée par une industrialisation accélérée et une politique volontariste tournée vers l’exportation, la nation se transforme : les usines se multiplient, les villages deviennent des villes, et l’équilibre traditionnel entre agriculture et industrie se rompt.Cette modernisation, incarnée par des groupes, a aussi ses revers : conditions de travail rudes, inégalités sociales et fractures humaines. Artisan d’un savoir-faire ancien, Im Yeong-gyu représente une Corée encore attachée à la précision manuelle, progressivement marginalisée par la mécanisation et l’essor des industries lourdes.À l’opposé, les personnages liés au monde ouvrier –comme Jung Young-hee, employée dans une usine textile –incarnent la main-d’œuvre essentielle à ce « miracle économique ». Dans les ateliers bruyants où se fabriquent les biens exportés, les travailleuses vivent l’envers de la modernisation : horaires interminables, salaires faibles, travail invisible mais indispensable à l’essor du pays.Le film montre comment la Corée des années 70, tout en devenant une puissance industrielle, s’est appuyée sur cette économie de l’effort et du sacrifice. Le film révèle les contradictions d’une époque : une prospérité spectaculaire, mais obtenue au prix d’injustices, de marginalisation et de vies brisées. *
MA NOTE : 3.9/5
* Texte issu du dossier de presse






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