Cinéma, Arrête ton cinéma (critique film et rencontre)



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J'avais très envie de voir le film "Arrête ton cinéma", tiré du roman de Sylvie Testud "C'est le métier qui rentre" aux © Éditions Fayard.
J'avais très envie de rencontrer Diane Kurys, réalisatrice à succès de nombreux films et j'avais très envie d'échanger avec Sylvie Testud.
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J'ai donc dit rapidement oui lorsque l'on m'a proposé de visionner le film et de pouvoir rencontrer ces deux personnes.
Ce film m'a tout bonnement emballé. J'ai passé un excellent moment, à sourire, à rire, avec un casting de rêve. 

Évidemment ce n'est pas le film du siècle, mais ce long métrage, du moins pour ma part, m'a enthousiasmée, et je suis ressortie avec la banane, et qu'est ce que ça fait du bien...

Quel plaisir de voir que des films qui ne sont pas à gros budgets, réalisés dans des délais très courts, et avec peu de moyen, car même les chaînes de télévision n'ont pas voulu suivre, peuvent arriver à sortir sur grand écran.

Sylvie Testud interprète le rôle d'une actrice qui va pouvoir réaliser son film grâce - ou à cause - de deux productrices complètement déjantées.
Sybille, (Sylvie Testud), va aller de déboires en déboires, passer du rire aux larmes, et on se demande comment une actrice aussi connue dans le film, peut se laisser avoir de telle manière par deux femmes imprévisibles et complètement folles.
Ce film est à la limité du déjanté et très caricatural du monde cinématographique. On peut y voir les dessous montrés de façon démesuré. Bien entendu, comme nous l'a si bien dit Sylvie Testud, le fil a été tiré jusqu'à l'extrême, mais nous ne sommes peut être pas si loin que cela de la vérité pour certaines scènes.

Un casting phénoménal : Sylvie Testud, Josiane Balasko, Zabou Breitman, Claire Keim, Hélène de Fougerolles ,Virginie Hocq et mis en scène par une femme et pas des moindres : Diane Kurys

Le couple que forment à l'écran Josiane Balasko et Zabou Breitman est tout bonnement génial. Égocentriques, excentriques,  délirantes, à la limite du burlesque. Dans certaines scènes elles sont carrément déchaînées et nous entraînent dans leur folie jubilatoire.
Sylvie Testud est parfaite. Déjà dirigée par Diane Kurys dans "Sagan", elle trouve là encore un rôle à sa mesure et démesure, et il est indéniable que l'entente et l'amitié qu'elle peut avoir avec la réalisatrice, transpire à l'écran. On se demande pourquoi Sybille, arrive à se faire embobiner par ces deux tarées alors que tout le monde lui dit qu'elle va droit dans le mur. Sans doute parce que c'est une rêveuse. Elle fout tout en l'air pour un scénario car elle écrit et réécrit à nouveau pour plaire aux deux productrices. On se dit toujours qu'elle va réagir, mais elle continue de subir encore et toujours. Elle est parfois limite asthénique, et on a envie de lui faire ouvrir les yeux, mais rien n'y fait elle se laisse embarquer dans cette histoire abracadabrante. Comment peut elle accepter de telles compromissions ?

Quelques hommes tout de même dans la distribution: Fred Testot, posé, rationnel, parfait dans le rôle du compagnon de Sybille et François Xavier Demaison. Ce dernier temporise son actrice et est certainement le plus lucide dans cette comédie tout en restant très drôle.
Ce film nous montre les dessous du cinéma. Comment se tournent les scènes, de quel manière se monte un film, et même si tout cela est montré du coté comique il est fort intéressant de voir l'envers du décor.

Un film populaire, qui ne se prend pas au sérieux. Un film féminin, complètement décalé et déjanté, limite délire sur le monde du 7ème art. Un long métrage borderline, qui fait du bien, moi je ne crache pas dessus et j'en redemande encore.

La scène ou les actrices se retrouvent dans le salon d'un bar pour parler du film, est juste top et on est époustouflé par certaines répliques qui sont certainement du vécu pour certaines actrices.
Un autre moment jubilatoire est lorsque Josiane Balasko monte sur un hayon élévateur d'un camion pour remotiver ses troupes.

La scène de la danse sur une chorégraphie de Kamel Ouali, avec Claire Keim, Hélène de Fougerolles  et Virginie Hocq est juste extra aussi.

La séquence sur le plateau de Michel Drucker est pas mal non plus.

Après, pour la fin il y aurait pu en avoir plusieurs. Diane Kurys a fait le choix d'une est-ce la bonne ?
A la fin de la projection nous avons pu longuement échanger avec Sylvie Testud et Diane Kurys qui nous ont dit qu'il était difficile de monter un film et celui-ci aussi. Sylvie Testud nous a raconté qu'il n'était pas aisé de vivre avec une actrice. Elles nous ont parlé du film, de la bonne entente.
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Le scénario n'a pas été suivi à la lettre et chaque actrice apportait une touche personnelle. Rien n'était figé et certaines scènes, ou situations, ont été inspirées soit par Josiane Balasko, Zabou Breitman ou d'autres comédiens qui sont dans la distribution. Des répliques ont été changé à la dernière minute parce que ça le faisait mieux qu'à l'écriture. Des scènes cocasses, un tournage où elles ont beaucoup rigolé et ça se ressent dans ce film.

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Diane Kurys est femme qui aime filmer naturellement. Elle aime les mises en scène invisibles. Elle a peur que les mouvements d'appareil écartent le spectateur de l'histoire. La plupart des scènes ont été tournés dans un décor unique faute à un budget modeste. "Arrête ton cinéma" est un film et un tournage d'amitié
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Cette soirée fut pour moi une bouffée d'oxygène. Alors oui j'avoue, le fait de rencontrer deux femmes exceptionnelles qui ne se prennent pas au sérieux, sympathiques, marrantes, fait que l'on aime encore plus ce film. De toute façon j'aime ce genre de comédie et aimera qui veut. Pour ma part j'assume d'apprécier cette catégorie de long métrage.

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Arrête ton cinéma
Un film de Diane Kurys
d'après le roman de Sylvie Testud "C'est le métier qui rentre" aux © Éditions Fayard
Avec : Sylvie Testud, Josiane Balasko, Zabou Breitman, Fred Testot, Claire Keim, Hélène de Fougerolles, François-Xavier Demaison, Virgine Hocq et Florence Thomassin
Genre : Comédie
Sortie en salle : le 13 janvier 2016
Durée : 90 minutes

Le synopsis :

C’est dans l’enthousiasme que Sybille démarre l’écriture de son premier film. Actrice reconnue, elle va passer pour la première fois de l’autre côté de la caméra. Tout semble lui sourire. Ses productrices Brigitte et Ingrid sont deux personnages loufoques mais attachants et Sybille se jette avec elles dans l’aventure, mettant de côté sa vie familiale. Mais, du choix improbable des actrices, aux réécritures successives du scénario, en passant par les refus des financiers, le rêve merveilleux va se transformer en cauchemar. Incorrigible optimiste, Sybille réalisera trop tard que ses productrices fantasques et totalement déjantées vont l’entraîner dans leur folie…





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