Critique film Palestine 36 réalisé par Annemarie Jacir

 film Palestine 36 réalisé par Annemarie Jacir

 AU CINÉMA LE 14 JANVIER 2026
 
PALESTINE 36
Réalisé par Annemarie Jacir 
Scénario : Annemarie Jacir 
Avec : Saleh Bakri, Hiam Abbass, Jeremy Irons, Liam Cunningham, Karim Daoud, Yafa Bakri, Yasmine Al Massri, Billy Howle, Robert Aramayo
Distribué par Haut et Court
Genre : Drame, Historique
Origine :  France,   Grande-Bretagne, Qatar, Palestine, Arabie Saoudite, Jordanie
Durée : 1 h 59
 
Synopsis :
 
Palestine, 1936. La grande révolte arabe, destinée à faire émerger un État indépendant, se prépare alors que le territoire est sous mandat britannique. 
 
Après la défaite de l’Empire ottoman en 1918, la France et le Royaume-Uni se partagent la région et instaurent le mandat britannique sur la Palestine.

Au milieu des années 1930, les tensions autour de la terre, de l’immigration et du
pouvoir colonial s’intensifient.

En avril 1936, une grève générale embrase villes et campagnes, tandis que l’Europe
s’apprête à replonger dans la guerre. 

film Palestine 36 réalisé par Annemarie Jacir

 
Ma critique
 
Il y a de nombreux films forts en ce moment, qui abordent un passé pas si lointain que cela. Il est bon de connaître les tenants et les aboutissants de certains pans historiques. En effet, il faut en apprendre sur les faits afin de se faire réellement son opinion et ne pas parler pour ne rien dire, et surtout sans savoir.

Inspiré de faits réels, Palestine 36 nous mène donc dans les années 30 et plus précisément comme le titre l'indique en 1936. 
 
La Palestine avec pour capitale Jérusalem, est envahie par les colons français et anglais. Un couple, Khuloud et son mari Amir qui y vivent sont assez aisés. Elle écrit des articles de presse sous un nom masculin et est très impliquée pour la cause palestinienne et pour les paysans et ce qu'on leur fait subir. Son mari est plus souple avec ce qu'il se passe et compose des deux côtés. 
 
Ils emploient un chauffeur qui est issu d'une commune provinciale proche. Il rentre régulièrement dans son village qui va connaître des répercussions avec l'arrivée et l’installation massive de juifs. Leurs terres seront données par les anglais et ils vont perdre beaucoup. 
 
Nous sommes proches de la révolte arabe que ce pays va subir jusqu'en 1939.  
 
film Palestine 36 réalisé par Annemarie Jacir
 
La réalisatrice incorpore à son long métrage, de vrais photos, films, issus d'archives qui montrent cette période d'occupation. Pour mieux les intégrer à son œuvre, ils ont été colorisés et se fondent, mis à part le format, avec le film tourné par Annemarie Jacir.
 
Outre ces documents d'époque, la réalisatrice a su recréer aussi bien au niveau des décors, des costumes, de l'ambiance, une époque qui nous plonge dans cette histoire de manière authentique. On entre dans un univers qui m'était parfaitement inconnu et on peut être outrés par certains faits.  
 
Oppression, vols de terres, tuerie, affrontements avec la résistance qui s'est montée, rien n'est occulté. 
 
On voit réellement que les colons britanniques ont fortement influé et changé le territoire palestinien. Les juifs sont vus de loin et ils sont hors champ. On peut se rendre compte que le destin de ce peuple a été décidé par des gens sans scrupules qui ne se sont pas préoccupés des gens, des biens, et qu'ils ont fait selon leur propre envie, conscience, et peut être pour d'autres arrières pensées ou intérêts. Annemarie Jacir ne fait pas référence aux colons français. 
 
Petit à petit, on a grignoté leurs terres, et ils ont perdu une grande partie de leur pays. Les Palestiniens sont devenus sous l'emprise complète des britanniques et ils ne pouvaient plus gouverner comme ils l'entendaient leur territoire.  
 
film Palestine 36 réalisé par Annemarie Jacir 
Au niveau du jeu des comédiens, qu'ils interprètent des paysans ou des personnes plus aisées, ils sont tous formidables. On lit la peur, mais aussi la révolte qui gronde, et qu'ils sont prêts à se battre quitte à mourir.
 
Les campagnes ont été largement touchées et les gens qui travaillaient la terre n'avaient pas forcément de quoi se défendre. 
 
Des partisans tentent bien de lutter mais ils sont trop peu nombreux pour mettre fin à ce qui est en route. 
 
La réalisatrice nous montre bien la différence qu'il peut y avoir entre les différentes classes sociales, et qu'ils soient de la campagne, citadins, ou politiciens palestiniens leur destin sera le même. Mille questions nous viennent à l'esprit et on se demande pourquoi ces gens ont mérité cela ?  
 
La fin sera ce qu'elle a été, puisqu'on ne peut pas changer le passé, mais il faut tout de même avouer qu'avec son final la réalisatrice marque les esprits car cette musique qui sort d'un instrument qu'on attend pas forcément montre toute la puissance de ce pays qui s'est battu, continuera à se battre, car rien ne se termine jamais et prouve que les origines ne sont pas toujours celles que l'on croit.  
 
film Palestine 36 réalisé par Annemarie Jacir

Pour en savoir plus

A propos de la réalisatrice 

Annemarie Jacir a écrit, réalisé et produit plus de seize films. Ses œuvres ont été présentées en première à Cannes, Berlin, Venise, Locarno, Rotterdam et Toronto. Trois de ses longs métrages ont été sélectionnés pour représenter la Palestine aux Oscars. Son court métrage Like twenty impossibles (2003) fut le premier court métrage arabe de l’histoire à être sélectionné à Cannes et s’est également distingué en devenant finaliste aux Oscars.

En 2007, Annemarie Jacir a réalisé le premier long métrage tourné par une réalisatrice palestinienne, le très acclamé Le Sel de la Mer. Présenté à Cannes, Le Sel de la Mer a remporté le Prix FIPRESCI de la critique ainsi que quatorze autres récompenses internationales, dont le prix du Meilleur Film à Milan.

Son deuxième long métrage, Lamma Shoftak, a remporté le prix du Meilleur Film Asiatique à la Berlinale et a été nommé aux Asia Pacific Screen Awards. Travaillant aussi bien en fiction qu’en documentaire, elle a également réalisé Until When, A Few Crumbs for the Birds et A Post Oslo History. Plus récemment, Wajib - L’invitation au mariage (2017) (sorti en France en 2018) a remporté 36 prix internationaux, notamment à Mar del Plata, Dubaï et au BFI de Londres.

Engagée dans le mentorat, la formation et l’emploi local, Annemarie enseigne également et s’emploie à promouvoir le cinéma indépendant dans la région. Fondatrice de Philistine Films, elle collabore régulièrement comme monteuse, scénariste et productrice avec d’autres cinéastes.

Elle a été membre de jurys dans de nombreux festivals, notamment à Cannes, Sundance et Berlin, et est membre de l’Asia Pacific Screen Academy, de l’AMPAS et de la BAFTA.

Son quatrième long métrage, Palestine 36, est à ce jour son projet le plus ambitieux.

ÉLÉMENTS DE CONTEXTUALISATION

REPÈRES HISTORIQUES :

1516 – 1517 L’Empire ottoman étend sa domination sur l’Orient arabe, quasiment ininterrompue pendant quatre siècles.

1881 Première vague d’immigration juive moderne en provenance de Russie et de Roumanie, suite aux pogroms anti-juifs.

1897 Premier congrès sioniste mondial à Bâle (Suisse) présidé par Theodor Herzl.

1915 – 1916 Correspondance « Mac-Mahon-Hussein » entre le Haut-commissaire britannique en Égypte et le Chérif de la Mecque d’où il ressort que le Royaume-Uni est favorable à l’établissement d’un califat arabe étendu sans précisions de frontières.

1916 Les accords secrets dit « Sykes-Picot » entre le Royaume-Uni et la France prévoient un partage de l’Empire ottoman entre ces deux puissances à l’issue de la Première Guerre mondiale.

1917 « Déclaration Balfour », du nom du secrétaire d’État britannique aux Affaires étrangères s’exprimant en faveur de l’établissement d’un « foyer national pour le peuple juif » en Palestine sans précisions de statut politique ni de frontières.

1919 Signature à Paris lors de la Conférence pour la paix de l’accord Fayçal-Weitzmann prévoyant le développement d’une nation arabe sur la plus grande partie du Moyen-Orient et l’établissement d’un foyer national juif dans la région de la Palestine.

LE TOURNAGE

Avec, entre autres, Hiam Abbass, Saleh Bakri, Dafer L’Abidine, Yasmine Al Massri, Billy Howle, Liam Cunningham, Robert Aramayo et Jeremy Irons, PALESTINE 36 a entamé sa préproduction en janvier 2023. L’équipe a préparé des dizaines de lieux à travers le pays, cousu et brodé des costumes et des robes traditionnelles, rassemblé d’anciens accessoires, rénové et reconstitué un village entier – jusqu’à planter des champs de cultures oubliées et recréer de vieux véhicules ainsi que des armes britanniques. Ce projet devenait alors le film le plus ambitieux jamais réalisé en Palestine, mobilisant plusieurs centaines de personnes.

Après le 7 octobre, la production a dû s’interrompre et se délocaliser en Jordanie. Contre toute attente, treize mois plus tard, l’équipe a pu revenir en Palestine pour achever le tournage.

En novembre 2024, après avoir interrompu et relancé la production à quatre reprises face à une situation géopolitique toujours plus instable, PALESTINE 36 a enfin bouclé sa dernière phase de tournage.

Seul long métrage tourné en Palestine au cours des deux dernières années, le film poursuit aujourd’hui son chemin, porté par la conviction que, comme l’écrivait Mahmoud Darwish, « chaque beau poème est un acte de résistance ». * Textes issus du dossier de presse

film Palestine 36 réalisé par Annemarie Jacir 

FESTIVALS ET PRIX

2025 MOSTRA SÃO PAULO - PRIX DU PUBLIC

2025 FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM TOKYO - GRAND PRIX

2025 FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM ROME

2026 FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM THESSALONIQUE

2025 FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM BORDEAUX

2025 FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM VALLODOLID

2025 FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM TORONTO

2025 FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM MARRAKECH

  film Palestine 36 réalisé par Annemarie Jacir 

 MA NOTE : 4/5

 

Crédits photos et vidéo : Haut et Court

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